René COLLIN est né le 29/04/58. Il habite à FANZEL-EREZEE. Il est avocat au Barreau de MARCHE-EN-FAMENNE. Il fait partie du Conseil communal d’EREZEE depuis
le 1er janvier 1983. Il a été Président du C.P.A.S., ensuite 1er Echevin et est Bourgmestre depuis 1994.
René COLLIN est Conseiller Provincial du Luxembourg depuis 1985 et le Chef de groupe du C.D.H.
Il a été Vice-Président national des Jeunes du P.S.C.
Carrière dans les Cabinets ministériels :
- Secrétaire particulier du Ministre de l’Intérieur, Charles-Ferdinand NOTHOMB ;
- Conseiller du Secrétaire d’Etat à l’Agriculture Paul DE KERSMAKER ;
- Chef de Cabinet honoraire du Ministre de l’Agriculture de la Région Wallonne, Guy LUTGEN. R
René COLLIN est Vice-Président du Conseil Supérieur des Villes, Communes et Provinces de la Région Wallonne. Il est Président du CDH de la Province
de Luxembourg.
Opladis : Monsieur le Bourgmestre, Erezée, si je me souviens de mes cours de géographie, c’est à la limite de l’Ardenne
et de la Famenne.
C’est effectivement le pont d’Erezée qui fait la limite entre la Famenne et l’Ardenne. Le pont d’Erezée est maintenant matérialisé par un superbe rond-point
aménagé. Il a cette caractéristique particulière, peu connue des gens de passage, d’être la limite géographique entre Famenne et Ardenne. La commune d’Erezée
est composée de 4 anciennes communes : Mormont, Soy, Amonines et Erezée.
Opladis : Fusionnées, je présume, dans le cadre de la loi de fusion adoptée en 1976 ?
Effectivement ! Donc, l’entité d’Erezée est née le 1er janvier 1977. Elle compte aujourd’hui 3000 habitants sur une superficie assez élevée, ce qui
fait que la densité de population est basse. Erezée est une commune avec beaucoup d’espace, avec une physionomie très verte, beaucoup de prairies. L’agriculture y est
encore vivante avec pratiquement 80 familles qui en tirent leur revenu principal. Et aussi des forêts, de belles forêts ; bien sûr, on y trouve des sapinières, mais aussi de superbes
forêts de feuillus, propriétés tantôt privées, tantôt publiques. Au plan topographique, signalons encore que la commune est traversée par la vallée
de l’Aisne, qui prend ses sources sur le plateau d’Odeigne, sur le territoire de la commune de Manhay.
L’Aisne va se jeter dans l’Ourthe, à Bomal, sur le territoire de la commune de Durbuy. La vallée de l’Aisne est un endroit de villégiature particulièrement
apprécié. C’est un tourisme vert au sens propre du terme, un tourisme de promenade.
La commune compte un ensemble de promenades particulièrement important, avec toutes les possibilités pour faire connaissance avec tous les paysages différents qu’une région
comme la nôtre peut compter.
Opladis : Donc, sans être comme votre voisine Durbuy, la plus petite ville du monde, ou comme La Roche dotée d’un château, vous êtes malgré tout une destination touristique,
semble-t-il ?
En fait, il n’y a pas de grosse infrastructure touristique dans la commune, mais la commune compte pratiquement 1.100 secondes résidences, à savoir aussi bien les emplacements dans
les campings résidentiels que les secondes résidences classiques comme maisons, chalets, etc. Nous sommes entre La Roche et Durbuy et il ne s’agit donc pas d’un tourisme de masse,
mais d’un tourisme beaucoup plus diffus, de qualité. On y vient en famille, un week-end, une semaine ou on y vient tous ses week-ends, ses vacances, comme des centaines de personnes le font
chaque année. L’avantage de la commune est justement d’offrir de l’espace. Bien entendu, nous avons quelques buts de visite : le Tramway Touristique de l’Aisne, le TTA,
en fait la reconstitution de l’ancien tram, qui va du pont d’Erezée à la « Forge de la Plez », là où commence la commune de Manhay, avec un parcours
assez bucolique, mais surtout un patrimoine considérable de matériel ferroviaire. Je précise encore qu’à Erezée, la Région Wallonne est en train de construire
une pisciculture tout à fait exceptionnelle : une salmoniculture où la région wallonne, via son administration des eaux et forêts, va participer à l’effort de réimplantation
du saumon dans les cours d’eau.
Opladis : Donc, votre commune est une bonne adresse pour touristes futés?
Exactement.
Opladis : Et en dehors des campings, des hôtels, vous disposez également de gîtes chez l’habitant ?
De plus en plus de gîtes chez l’habitant, de plus en plus de chambres d’hôtes qui connaissent un succès tout à fait important. Véritablement, c’est une
qualité de vie avec aussi des hôtels, des restaurants qui misent sur la qualité. On n’en trouve pas vingt-cinq, seulement quelques-uns, mais ce sont des endroits où on
revient et donc, le tourisme est un des secteurs essentiels de la vie économique et sociale de la commune d’Erezée.
Opladis : Sur l’ensemble de la population, quel est le pourcentage de seniors de plus de 60 ans ?
On est au-dessus de la moyenne puisqu’on a à la fois l’apport des générations qui ont fait la vie de la commune durant plusieurs décennies, mais on a aussi le fait
que s’implantent de plus en plus de secondes résidences où l’on s’installe quand on est encore dans la vie active et puis qu’on essaie de transformer le plus rapidement
possible en résidence permanente quand vient la retraite. Ce sont des gens qui viennent de Liège, de Bruxelles ou encore des Flandres et qui viennent acheter et construire quand ils sont
encore en train de travailler. Puis ils viennent le week-end, élargissent leur temps de passage dans la commune et puis, un moment donné, ils franchissent le pas, ils demandent à s’installer
définitivement dans la commune puisqu’ils y ont pris le goût d’y vivre et qu’ils veulent en faire leur habitation principale. Et donc, ça renforce le fait qu’au
point de vue de la pyramide des âges, on soit une commune relativement âgée.
Opladis : Par le fait notamment de l’apport des retraités qui plutôt que de descendre jusqu’en Espagne, ou en Provence, s’arrêtent donc à Erezée
D’autant plus que Erezée est bien accessible ; on est à 10 minutes de l’autoroute qui va de Liège à Luxembourg, à 20 km de Marche et de la nationale 4. A
Erezée, on est à 120 km de Bruxelles, à un peu moins de 100 km d’Arlon, on est suffisamment encore dans le Nord de la Province du Luxembourg pour être tout à fait
accessible en très peu de temps.
Opladis : Donc, un coup de l’accélérateur et l’on est chez vous tout en respectant les limitations de vitesse ! Et quelle politique particulière développez-vous à destination
de ces seniors ?
Notre politique à destination des seniors ? D’abord, c’est une politique de services. Que ce soit à la commune ou au CPAS, on a l’avantage, en n’étant pas
nombreux, d’être attentifs à chacune et chacun, de développer les services d’aide aux familles avec des aides familiales, des aides-seniors et des services de repas à domicile,
avec des services d’infirmières à domicile aussi. Donc, on vise évidemment le maintien de vie à domicile, avec l’avantage aussi que, dans les villages, tout le
monde se connaît et qu’il peut toujours y avoir le support de l’aide privée dans le cadre de la convivialité qu’on peut maintenir dans une commune rurale.
Opladis : On n’est certes pas à Paris ou à Bruxelles : on ne reste pas dans l’anonymat !
Et un deuxième aspect qui est spécifique à la commune puisqu’il n’y en a pas partout: il y a une maison de repos de caractère public, puisque gérée
par le CPAS. Il s’agit du «Home Philippin», lequel compte une trentaine de lits et a justement un projet d’extension. Cette maison de retraite est située à Amonines,dans
un petit écrin de verdure. Y règne le plus grand calme, avec un personnel extrêmement attentif aux personnes âgées et à leur bien-être individuel.
Troisième axe de cette politique, caractéristique de la commune : c’est la richesse de sa vie associative. On a énormément d’associations de villages ou d’associations
qui débordent un village et qui travaillent sur l’ensemble de la commune avec un bénévolat tout à fait important. Evidemment, les seniors y ont leur place, que ce soit à travers
les associations spécifiques de 3X20, mais que ce soit encore davantage dans toutes les associations. Il n’y pas de coupure entre les générations dans un endroit rural comme
le nôtre. Et le fait d’avoir des infrastructures, des salles à peu près dans chaque village - on est d’ailleurs en train d’en terminer certaines - cela permet aux
personnes de se retrouver entre eux, mais aussi entre générations. La vie associative est vraiment un élément de vie qualitative chez nous !
Opladis : Si on vient à Erezée, y a-t-il une spécialité gastronomique ou un rendez-vous folklorique à ne pas rater ?
Tout d’abord, les produits artisanaux qu’on trouve chez nous sont issus d’une agriculture de proximité. Citons en premier lieu les produits de boucherie évidemment, le
saucisson et le jambon d’Ardenne.
On a ensuite deux particularités dans le domaine des boissons. Une brasserie artisanale fonctionne à Soy, où l’on brasse de manière traditionnelle une bière
dénommée la Bière Fantôme, en référence à la ville de La Roche. Brassée à Erezée, la Fantôme est exportée dans beaucoup
de pays, même si elle a gardé un caractère tout à fait artisanal. Par ailleurs, les Sources du val d’Aisne, en contrebas du hameau de Fisenne, sont exploitées par
la famille Huybrechts: des eaux minérales et des limonades sont ainsi produites sur le territoire d’Erezée.
Enfin, dans la petite zone artisanale de Briscol, s’est installée une chocolaterie artisanale, la chocolaterie Defroidmont, où l’on peut découvrir des chocolats on ne
peut plus artisanaux. C’est une petite entreprise familiale qui se développe et dont la qualité est largement connue maintenant. Ce ne sont certes pas de grosses industries, mais bien
des productions typiquement locales de qualité artisanale supérieure.
Opladis : Hormis un brasseur, un limonadier et un chocolatier, quelles autres activités constituent le tissu économique d’Erezée ?
Nous avons déjà cité l’agriculture qui fait vivre quelque quatre-vingt familles et le tourisme qui occupe aussi un certain nombre de personnes. Je voudrais encore mentionner
l’entreprise Collignon, une importante entreprise de travaux électriques qui assure du travail à 300 personnes. Elles ne sont pas toutes domiciliées dans la commune, mais 300
emplois générés par une entreprise développée au départ d’une cellule familiale, qui a progressivement grandi et s’ est spécialisée
dans les travaux d’électricité, tant sur chantiers privés que publics, cela compte.
Opladis : Pour conclure, que recommandez-vous de voir en priorité quand on vient en visite à Erezée ?
Je l’ai déjà dit, la vallée de l’Aisne est évidemment très belle au niveau de sa géographie, de ses promenades, de ses forêts. On a aussi un
patrimoine architectural assez important, certains monuments classés avec de superbes chapelles notamment, le superbe château de Fisenne, le fief des Oiseaux à Erpigny, l’ancien
château-ferme à Soy ou encore le château de Biron, un patrimoine architectural important. Et puis je pense aussi qu’il y a la volonté des habitants d’avoir des villages
propres et pimpants, fleuris, agréables à vivre ou à visiter. Je suis fier de ma commune, de la manière dont les gens veulent en garder l’identité, en assurer
la convivialité et en assumer aussi la promotion. Je me réjouis du souci qu’ils ont de rendre leur environnement de plus en plus beau.
Opladis : Et donc, Monsieur le Bourgmestre, le senior qui vous lira sur Websenior, et qui ensuite voudra tantôt venir passer un week-end, tantôt venir plus longuement à Erezée,
où peut-il trouver les renseignements utiles? Disposez-vous d’un syndicat d’initiative, d’un office du tourisme ?
On dispose d’un syndicat d’initiative et aussi de la Maison du Tourisme située à Barvaux et actif pour toute la région Ourthe et Aisne. Il existe aussi un site Internet
réalisé et mis à jour par la commune, un site sur lequel on trouve l’ensemble des hôtels et des restaurants, mais des gîtes et des chambres d’hôtes,
avec toute une série de liens sur les sites web de ces établissements. Donc, il n’y a pas de problème, tapez www.erezee.be et vous trouverez toutes informations administratives,
touristiques et autres relatives à Erezée.
Opladis : Voilà pour nos lecteurs de quoi surfer directement sur votre site. Merci de votre accueil, Monsieur le Bourgmestre, et bonne continuation !
Une
interview réalisée le 16 septembre 2003 par Memogrames
sprl,
pour compte de Opladis.