Né à Aye en 1954, Jean-Pierre DARDENNE est avocat de formation (licencié en droit et en notariat).
Il est le bourgmestre de La Roche-en-Ardenne depuis 1983, mais aussi député wallon et communautaire depuis 1995, après avoir présidé pendant plus de
dix ans le Conseil provincial du Luxembourg.
Il est aussi Secrétaire général politique du PRL..
Opladis : Monsieur le Bourgmestre, La Roche en Ardenne, c’est synonyme dans la tête de quasi tous les Belges, d’un grand lieu
de tourisme au cœur des Ardennes !
Je pense qu’on peut dire effectivement, qu’au niveau des Ardennes belges, c’est un beau lieu touristique. On ne peut évidemment pas comparer notre coin au Midi de la France mais,
pour la Belgique, c’est, à coup sûr, un site touristique remarquable et, dans le sud du pays, un des pôles majeurs avec Durbuy.
Opladis : Tourisme essentiellement résidentiel ?
Il y a des touristes d’un jour, mais on peut considérer effectivement que l’aspect résidentiel est sans doute primordial. C’est un tourisme qui est essentiellement populaire,
dans la mesure où nous avons la possibilité d’accueillir presque 10.000 personnes chaque jour dans nos campings et que nous avons aussi deux centres de tourisme social qui peuvent
accueillir 2000 personnes par jour. Tout cela a donc une conséquence sur le type de tourisme.
Opladis : En dehors du tourisme, quelle est l’autre activité économique de La Roche ?
Jusqu’à présent, l’autre activité économique majeure était l’agriculture qui occupe toujours une place importante car nous avons encore une centaine
d’agriculteurs à titre principal qui exploitent 12.000 bovins et 4.500 hectares. Tout cela entraîne un revenu, une valeur ajoutée importante, mais le nombre de cultivateurs va
en diminuant alors qu’au niveau touristique, l’activité est plutôt en augmentation.
Opladis : Une agriculture qui, à ma connaissance, est orientée non pas vers les produits laitiers, mais vers la production de viande bovine. Vos agriculteurs fabriquent du steak !
Effectivement, quelques cultivateurs qui, lors de la fixation des quotas
laitiers, ont pu bénéficier d’un quota assez important, continuent à le valoriser et font de la production
laitière leur spécialité, mais la majeure partie de nos agriculteurs se sont orientés de longue date, vers la production de viande, par le biais de l’élevage du
bœuf.
Opladis : En dehors de la saison touristique où il y a des milliers de résidents momentanés, la population réelle de La Roche, c’est peu d’habitants finalement ?
C’est peu de personnes, puisque la population de la commune s’élève à 4200 habitants. C’est une population en nombre relativement stable : elle augmente un petit
peu depuis quelques années, mais on a toujours tourné autour des 4.000 habitants.
Maintenant, en ce qui concerne la fréquentation touristique, je voudrais encore insister sur un point dans la mesure où, voici une dizaine d’années, l’activité touristique était
essentiellement centrée sur les vacances d’été : aujourd’hui, on peut considérer qu’il y a des touristes et même un nombre important de touristes, toute
l’année. Pour vous donner un exemple un peu plus significatif, on peut considérer que, tous les week-ends, tous nos hôtels sont complets.
Opladis : C’est magnifique ! Beaucoup d’impôts qui rentrent dans les caisses de la commune, donc ?
Les commerçants sont taxés au forfait car il est très difficile d’effectuer un contrôle efficace. Qu’ils aient beaucoup de monde, c’est très bien, puisque
l’activité économique en profite, mais au niveau communal, cela n’a pas beaucoup d’incidence.
Opladis : Vous n’êtes pas dans les communes pauvres du pays !
Les revenus liés à l’activité touristique nous permettent de garder la tête hors de l’eau car au niveau du revenu professionnel par tête d’habitant,
si ce n’est la commune voisine de Rendeux, nous avons le revenu le plus faible en Belgique.
Opladis : Parmi cette population de résidents principaux, vos 4000 Rochois, quelle est la part de seniors ?
Je ne peux pas vous en donner le nombre exact de mémoire, mais je peux vous dire que la part est plus que significative, puisque, contrairement à la règle, le nombre de seniors de
plus de 60 ans est chez nous supérieur au nombre de jeunes de moins de 20 ans.
Opladis : Un phénomène dû peut-être au fait que certains, au moment de la pension, veulent quitter les grandes villes et venir définitivement là où ils viennent
régulièrement passer leurs vacances ?
Je pense qu’il y a différentes raisons à cela. Certains jeunes ont parfois difficile à se loger à La Roche. Ceci explique en partie le nombre peu élevé de
jeunes habitants. Mais en ce qui concerne les seniors, il est clair que nous avons fréquemment des gens qui ont une propriété à La Roche en guise de seconde résidence
pendant leur vie professionnelle. Une fois qu’ils sortent de la vie active, ils viennent à La Roche pour y résider à titre principal.
Opladis : Et avec une population senior apparemment plus importante qu’ailleurs, vous développez une politique spécifique dans leur direction ?
Il est évident que nous devons y être particulièrement attentifs puisqu’ils représentent une part importante de la population.
Opladis : Quelles sont les actions menées par exemple par votre CPAS envers les seniors ?
Le souhait au niveau du CPAS et au niveau de la commune, est de ne pas isoler
les seniors, mais au contraire, de veiller à ce qu’ils participent toujours de manière active à la
vie de notre petite société. Il y a des actions qui sont spécifiquement menées en leur faveur. Nous avons par exemple un home qui peut accueillir aujourd’hui 50 personnes
et nous avons entamé une procédure visant à doubler sa capacité d’accueil. Nous avons aussi tout récemment créé 8 appartements destinés aux
personnes âgées. Mais à côté de cela, c’est-à-dire de grosses infrastructures, nous avons aussi une politique très active au niveau de l’animation
; nous organisons des activités, des voyages à l’extérieur, nous avons engagé des personnes spécialement qualifiées pour assurer cette animation, notamment
au niveau du home, mais également en dehors. On essaye de faire en sorte que les personnes ne se retrouvent pas isolées.
Opladis : Et pour les habitués de Websenior qui vous lisent et qui voudraient bien savoir à quel moment venir passer quelques jours, probablement hors saison touristique, à La Roche,
que pouvez-vous leur conseiller ?
Dans la mesure du possible, il vaut mieux venir avant ou après la période estivale car durant celle-ci l’affluence est énorme et peut fatiguer les aînés. L’avant-saison,
l’arrière-saison, septembre, octobre par exemple, sont vraiment des moments propices.
Opladis : Vous avez quelques repères gastronomiques, spécifiques, quelques spécialités à nous conseiller ?
Il y a à La Roche de très nombreux restaurants et hôtels. Certains sont vraiment de très bonne qualité, la moyenne est tout à fait respectable.
Opladis : Et des choses particulières à déguster ?
Nous avons quelques petites spécialités. Je pense notamment à notre liqueur qui s’appelle le Purnalet, fabriquée à base de prunelles. Nous avons même une
confrérie qui s’est créée autour de ce délicieux breuvage. A côté de cela, nous avons le jambon d’Ardennes qui est évidemment la spécialité de
toute l’Ardenne, mais qui a été particulièrement mis en œuvre à La Roche. D’ailleurs, plusieurs bouchers fabriquent encore leur jambon de manière artisanale.
Et quand je dis jambon, je pense en fait à l’ensemble des charcuteries.
Opladis : Toujours fumés au bois de genévrier ?
Toujours fumés au bois du genévrier, effectivement.
Opladis : Voilà une bonne destination, La Roche-en-Ardenne, de préférence hors de la haute saison touristique, puisqu’on pratique le tourisme à La Roche-en-Ardenne pendant
les quatre saisons, si je comprends bien.
Je peux vous dire qu’à La Roche, tous les week-ends, il y a du monde, même à l’arrière-saison. Si vous venez en semaine, je peux vous garantir que tous les commerces
seront ouverts et que vous aurez l’occasion d’y passer une journée agréable.
Opladis :
Quel est le bon itinéraire pour vous rendre visite ?
Cela dépend où vous habitez, mais nous sommes desservis jusqu’à 20 km de notre ville par des autoroutes, d’un côté la E411 et la nationale 4 et de l’autre
côté la E25.
Opladis : Donc, pas d’excuses de trop longs trajets pour vous rendre visite !
Le nombre de kilomètres est parfois relativement élevé, mais les routes, en tout cas, sont excellentes et le temps nécessaire pour venir jusque chez nous est tout à fait
raisonnable.
Opladis : Je vous remercie, monsieur le Bourgmestre. A bientôt, à La Roche !
Une
interview réalisée le 30 septembre 2003 par Memogrames
sprl,
pour compte de Opladis.