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  BASTOGNE
> La commune de BASTOGNE

Monsieur Philippe COLLARD


 
 
 




Philippe Collard, né en 1957, marié et père de 3 enfants, est licencié en Administration publique et relations internationales de l’UCL.

Il fut le secrétaire particulier du Sénateur PSC G.Lutgen de 1982 à 1985, puis attaché de cabinet de divers ministres jusqu’en juillet 1994.
Il est inspecteur au Commissariat Général au Tourisme d’août 1994 jusque juillet 1999, lorsqu’il devient député fédéral MR (MCC).

Il est impliqué dans la politique communale depuis ses 25 ans, puis conseiller communal à partir de 1982, échevin de 1987 à 1994, bourgmestre ff. de 1995 à 1999 et bourgmestre en titre depuis 2001.
Il a également siégé au conseil provincial de 1985 à 1999.

Monsieur Philippe COLLARDOpladis : Monsieur le Bourgmestre, Bastogne est à coup sûr plus qu’une référence historique majeure de la seconde guerre mondiale. Pour vous, qu’est-ce que Bastogne en 2003 ?
Ce que j’ai d’abord envie de dire sur la commune de Bastogne, née de la fusion de 5 anciennes communes en 1976 en même temps que la fusion des autres communes du Royaume, sous la direction de Monsieur Joseph Michel, c’est que ça a eu comme effet le mariage de 4 petites communes rurales et une ville, qui est Bastogne.
Bastogne s’étend sur 17.000 hectares de superficie, ce qui en fait une des communes les plus étendues de la province du Luxembourg et de la Belgique en général. 16.000 des 17.000 hectares sont occupés par les villages, 35 villages en l’occurrence, et 1.000 hectares par la ville de Bastogne. Voyez un peu la répartition au niveau du territoire ! Au niveau de la population, c’est l’inverse : 2/3 de la population habite dans la ville de Bastogne et 1/3 dans les 35 villages.
Ce qui, évidemment, rend les choses un peu complexes au niveau d’un projet communal, où nous devons répondre aux attentes des citoyens, qui sont très différentes à la campagne et à la ville. Ici à la ville, le développement est essentiellement tourné vers le commerce, qui est réputé à Bastogne depuis le Moyen Age. Aujourd’hui encore, d’ailleurs, les 300 commerces sont ouverts tous les jours pendant la période estivale et tous les dimanches de l’année. Cela en fait une ville extrêmement visitée et fréquentée. Si on vient à Bastogne en hiver comme en été, il y a du monde plein les trottoirs. C’est un lieu de promenade pour beaucoup de gens, notamment pour beaucoup de personnes âgées qui profitent de leurs dimanches pour venir boire un café, déguster une pâtisserie, …
A côté de cela, dans les villages, les besoins sont différents, les ruraux comme les néo-ruraux, essaient de bénéficier tout d’abord d’un minimum d’infrastructures à leur disposition, sans toujours dépendre de Bastogne. Evidemment, s’il faut construire un centre sportif, ce ne peut être qu’à Bastogne, un complexe culturel, même chose. Nous avons une belle bibliothèque dont nous venons de doubler la capacité. C’est effectivement à Bastogne qu’elle est implantée. Mais, par contre, nous avons tout fait depuis 20 ans pour maintenir l’enseignement en zone rurale. Nous avons ainsi maintenu 10 implantations scolaires en milieu rural, ce qui permet, d’ailleurs, aux gens de vivre dans leurs villages avec leur école, avec leur maison de village, avec leur église, sans être obligés, pour toute activité professionnelle et de loisirs, de venir à Bastogne. Je pense que c’était important de faire en sorte que les villages ne soient pas seulement des dortoirs de Bastogne, où l’on habite, mais où l’on ne sait pas y vivre ses activités.
Donc, je vous parlais de la vie associative qui, je crois, est une caractéristique des communes rurales ou semi-rurales ou semi-urbaines. La vie associative est très riche. La ville de Bastogne compte quelque 250 associations sportives, culturelles, sociales : c’est effectivement très impressionnant au niveau de l’ampleur du bénévolat et ça en fait une commune extrêmement animée.

Opladis : Au total, Bastogne, cela représente quelle population ?
Bastogne, c’est près de 14.000 habitants, précisément 13.956 à ce jour et la population de plus de 60 ans représente 17 %, soit 2.318 personnes, 1375 femmes et 943 hommes.

Opladis : 17 %, c’est plus ou moins la moyenne nationale. Nous n’avons eu jusqu’à présent qu’une pointe de 25 % dans la banlieue liégeoise. Et développez-vous une politique particulière pour cette partie de la population ?
Nous n’avons pas une politique ciblée pour les seniors parce que, dirais-je d’abord, ils profitent, au même titre que les autres catégories d’âge, des services qui sont offerts à Bastogne.
Citons le centre sportif, par exemple, où nous sommes très nombreux. Certes, il y a parfois des cours qui sont organisés spécifiquement pour les seniors, les cours de natation ou de gymnastique par exemple.
Nous avons un centre culturel qui oriente aussi une partie de son programme vers les seniors et la bibliothèque est traditionnellement fréquentée par un pourcentage important de personnes âgées. Les habitués de la bibliothèque, ce sont les jeunes, pour des besoins de documentations scolaires, et les personnes âgées qui, du moment où elles sont retraitées, trouvent un peu de temps pour leurs loisirs et donc pour lire. Nous avons aussi, dans la vie associative que je vous décrivais, beaucoup d’associations appelées associations 3 X 20 et qui, à partir des maisons de village, parce que cela est une autre volonté politique que nous avons depuis 20 ans, à côté du maintien des écoles alors qu’il aurait été plus facile et moins coûteux de concentrer tout l’enseignement à Bastogne ville tout comme nous avons voulu maintenir un enseignement fondamental dans les villages, nous avons aussi voulu maintenir dans pratiquement chaque village une maison de village proprement parlé ou tout simplement un bâtiment public qui permet aux gens de se retrouver ou d’organiser des jeux de cartes, de thé dansant, de petits spectacles, de théâtre, de théâtre wallon qui est encore vivace dans cette région. Donc, je pense qu’en terme d’infrastructure mise à disposition de la population et notamment aux aînés, on répond déjà actuellement, même si tout n’est pas parfait, à beaucoup de besoins.

Opladis : Et pour les aînés qui éprouvent beaucoup de difficultés à se déplacer, qui sont moins mobiles, quelle est votre politique ?
Il y a deux choses à ce niveau. Nous avons toujours au niveau des villages une grande solidarité familiale, une grande solidarité entre voisins, des villages où tout le monde se connaît. On ne court pas le même risque que dans les grandes villes où les gens sont isolés, coupés de tout, et dont on ne sait d’ailleurs même pas qu’ils existent. Ici, tout le monde se connaît, le plus gros village de la commune ne fait que 400 habitants mais la plupart des villages comptent 100–150 personnes et donc tout le monde se connaît et une solidarité existe.
Néanmoins, nous avons lancé aussi à Bastogne, en collaboration avec le Tec, au même titre que la ville de Libramont, un Tel-bus c’est-à-dire un bus à la demande en quelque sorte et qui, aux horaires souhaités, va chercher les gens dans les villages pour les amener au centre commercial à la foire aux camelots le samedi matin. Là où les horaires traditionnels ne permettent pas aux gens de se déplacer, le Tec ne passe pas non plus dans chacun des moindres recoins de la commune, il y a cette expérience des Tel-bus qui fonctionne depuis environ 5 ans.

Opladis : Donc, au niveau de votre CPAS, les services classiques de repas à domicile, c’est un peu la gageure au niveau d’un territoire aussi important.
Oui, je vous avoue que nous avons déjà eu plusieurs expériences de repas à domicile mais qui n’ont assez curieusement jamais beaucoup fonctionné. La demande n’est pas très importante et l’équilibre budgétaire des services était très difficile étant donné le très peu de demandes. Le fait que cela ne puisse se faire que par un service assez professionnel. Ce qui existe néanmoins, ce sont des services de télé vigilance à partir du CPAS qui permettent de sécuriser les personnes qui sont isolées et dont la santé n’est pas très bonne et vous avez effectivement un service du CPAS qui est relativement bien organisé, et qui ne reste pas à attendre du matin au soir pour qu’on vienne leur exposer leurs problèmes et qui se déplace à la demande des personnes âgées. Nous avons à Bastogne deux maisons de repos, une qui dépend du CPAS et une autre privée. Mais nous avons des besoins qui n’ont pas encore été rencontrés à ce niveau-là. Nous avons d’ailleurs demandé au ministre responsable une extension du nombre de lits dans la maison de repos parce que la liste d’attente est assez impressionnante.

Opladis : Avis aux candidats gestionnaires de maisons de retraite
Nous avons besoin d’une seigneurie que nous n’avons pas ici à Bastogne.

Opladis : Ce qui est étonnant dans le cadre dont vous disposez. Vous avez aussi, je présume, pris des dispositions pour les moins valides ?
Certainement. Nous essayons aussi d’avoir une attention toute particulière depuis quelques années sur le déplacement et sur l’accès aux bâtiments publics pour les personnes à mobilité réduite. Nous avons construit par le passé des bâtiments publics qui n’étaient pas du tout adaptés, nous n’avions pas encore ce réflexe, cette sensibilité. Ici, notre hôtel de ville est resté pendant longtemps inaccessible étant donné que les marches d’entrée à l’hôtel de ville n’étaient pas adaptées aux personnes à mobilité réduite.
Nous avons décidé d’adapter les choses et avons installé des ascenseurs qui desservent absolument tous les étages à partir du sous-sol du bâtiment et quand nous construisons de nouvelles infrastructures, comme la bibliothèque dont je parlais à l’instant, nous veillons à ce que soit de plein pied et en tout cas qu’il y ait un accès de facilité pour les personnes à mobilité réduite. Même chose d’ailleurs au niveau de la grand-rue où nous avons tous les trottoirs au même niveau, de manière que les personnes en chaise roulante puisent facilement traverser tous les axes routiers en restant sur le trottoir. C’est la voiture qui doit monter sur le trottoir lorsque passe un axe piétonnier.
Autre chose dont je voulais vous parler parce que c’est assez récent, c’est un espace citoyen créé ici à Bastogne, qui est entré en fonction le 8 septembre 2003. C’est un espace permettant aux citoyens de s’initier aux nouvelles communications, de surfer sur le net, … Nous avons installé 8 ordinateurs dans un espace citoyen et à l’aide d’un moniteur, les gens peuvent s’initier et suivre un apprentissage de ces technologies qui sont très importantes évidemment en terme d’échange et de communications.

Opladis : Jusque l’autre côté de l’Atlantique avec les vétérans de la bataille des Ardennes.
BastogneC’est clair qu’ici à Bastogne, il y a un attachement sentimental extrêmement important vis-à-vis des vétérans américains, des alliés. Donc, c’est vrai que nous avons ici une sorte de devoir de mémoire, pour ce qui s’est passé, il y a toujours un sentiment de reconnaissance très profond de la population, de la citoyenneté et plus particulièrement des aînés, ceux qui ont connu les évènements de la deuxième guerre mondiale, de la bataille des Ardennes, de cet hiver 44-45 qui fût terrible ici à Bastogne, donc il y a une très profonde reconnaissance vis-à-vis des Alliés, des Américains qui ont libéré la ville.
BastogneA l’occasion des différents anniversaires de la bataille, 40ième, 50ième et l’année prochaine nous fêtons le 60ième anniversaire, cela déplace énormément de monde et je pense que cela doit correspondre à un souhait de la population que nous continuions à manifester cet intérêt pour cette page de notre histoire très intéressante.
BastogneD’autant plus que l’année prochaine ce sera le dernier rendez-vous avec des vétérans américains qui ont vécu ces évènements en 44-45 parce que s’ils avaient 20 ans à l’époque ça leur fait 80 ans. Donc, nous n’avons plus beaucoup d’espoir d’en avoir encore parmi nous lors d’un 70ième, d’un 75ième anniversaire. Puis alors même si cette volonté de souvenir reste très ancrée ici à Bastogne, il y a aussi que nous voulons profiter de cette notoriété de Bastogne à travers le monde pour ne pas se limiter à cette image de ville martyre mais aussi d’être en quelque sorte une ville messagère de paix. Nous essayons d’organiser une série de grands rassemblements, de rendez-vous sur le territoire de notre ville, de manière à sensibiliser les gens sur le rôle qu’ils ont à jouer pour une pacification des combats à travers le monde. Un exemple, nous avons réuni ici au bois de la paix, qui est un bois de 4000 arbres plantés par les enfants de Bastogne, et où chaque arbre porte le nom d’un vétéran américain, le retour de Bastogne au 50ième anniversaire. C’est vraiment tout le contraire d’un cimetière puisque les arbres portent le nom de vétérans qui sont revenus personnellement master et que ces arbres continuent à grandir. Donc, je dirais que c’est quelque chose de très fort et fort émouvant pour les familles des vétérans concernés puisque de génération en génération, ils vont venir se recueillir sur l’arbre qui a été planté par le vétéran lui-même.

Opladis : Je présume que les Bastognards ont été choqués il y a quelques mois par la proposition de certains parlementaires américains parce que nous étions en désaccord quant à la guerre en Irak, parlaient de rapatrier les dépouilles qui sont enterrées en Europe.
Oui, nous n’avons pas de cimetière américain à proprement parler sur la commune, c’est à Henri-Chapelle et à d’autres endroits en Belgique mais par contre nous avons le Mardason qui est le véritable symbole de la bataille des Ardennes et même de la deuxième guère mondiale aux yeux des Américains.

Effectivement, l’attitude des uns et des autres, des hommes politiques aussi bien américains que belges à un moment donné ont interpellé, voire choqué une partie importante de la population de Bastogne. Ils restent très attachés aux Etats-Unis d’Amérique. Par contre, j’ai aussi, et c’est mon rôle de bourgmestre, incité la population à faire la part des choses. On peut très bien d’un côté rester éternellement reconnaissants à ce que les Américains ont fait à Bastogne et ne pas pour autant être en accord permanent avec leur politique internationale. Il est clair que personnellement j’étais sur la même longueur d’onde que le ministre des affaires étrangères au niveau de l’attitude qu’il a eu au nom de la Belgique dans la guerre en Irak.

Opladis : Comme la majorité des belges !
Oui, je pense. A Bastogne, c’est quelque chose quand même qui doit s’expliquer avec beaucoup de diplomatie et de psychologie.

Opladis : J’ai ressenti le même phénomène cet été en passant en Normandie, en discutant avec des gens qui effectivement disent qu’on ne peut pas critiquer nos libérateurs de 1944.
Pour montrer l’évolution que nous essayons de prendre pour l’instant, cette voie de la paix, effectivement au départ, nous avons fêté son dixième anniversaire, qui a été créé en mémoire et en l’honneur des vétérans américains prend maintenant une orientation beaucoup plus large et beaucoup plus internationale.
C’est notamment à cet endroit que l’année dernière nous avons mis en évidence une femme palestinienne et israélienne qui toutes deux étaient des victimes du conflit tout à fait injuste qui déchire les deux peuples là-bas au Proche-Orient. Une mère israélienne qui a perdu son enfant de 13 ans dans un attentat suicide palestinien et une femme palestinienne qui avait perdu son fiancé, son frère et son père dans des représailles de l’armée israélienne. Et ces deux femmes se sont réunies à Bastogne pour planter des arbres supplémentaires dans le bois de la paix et pour dire qu’elles ne voulaient pas répondre à la violence par la violence ou par la haine ou par l’escroquerie mais qu’elles voulaient répondre à la violence par la fraternité entre les peuples et par la négociation pour résoudre ce conflit et non par la violence. Je pense que Bastogne peut être le réceptacle, le lieu de rendez-vous, de par l’image que nous véhiculons à travers le monde, comme une ville qui s’inscrit délibérément dans ces optiques de fraternité et de paix entre les peuples.

Opladis : C’est un peu la démarche de François Mitterrand et de Helmut Kohl se rencontrant à Verdun.
Absolument, et je dirais même que d’un point de vue historique et aussi, reconnaissons-le, dans un certain intérêt touristique, nous voudrions devenir un petit peu à Bastogne le centre de référence de la deuxième guerre mondiale comme Ypres en Flandre est le centre de référence de la première guerre mondiale.

Opladis : Vous avez des projets de nouveaux aménagements, de nouveaux musées, …?.
Effectivement, nous venons de racheter une partie importante du séminaire qui est une école qui se trouve ici en centre ville pour y installer un musée. Des expositions temporaires se succèderont et la première exposition qui sera organisée courant décembre 2004 à septembre 2005 est une exposition sur la deuxième guerre mondiale, un petit peu dans le genre « J’avais 20 ans en 1945 », cette première exposition dont on a parlé il y a une dizaine d’années et qui s’était implantée sur le site du Cinquantenaire.
Et nous souhaitons aussi moderniser, améliorer le musée qui se trouve sur le site du ?? de Bastogne parce que nous pensons vraiment que Bastogne ne doit pas inventer ou réinventer d’autres thèmes attractifs pour attirer nos touristes. Nos deux points forts, deux atouts que nous devons privilégier, perfectionner, c’est d’une part la vitalité commerciale et d’autre part la référence à la bataille des Ardennes.
Au niveau du tourisme d’un jour, même si Bastogne est repris dans la catégorie des villes touristiques, nous ne connaissons ici à Bastogne pas de tourisme résidentiel. Nous avons très peu d’hôtels, un seul camping, très peu de gîtes, d’étapes, c’est vraiment du tourisme d’un jour. Et donc, pour cela, il faut en plus que nous comptons sur un commerce très performant avec des commerçants qui de génération en génération sont véritablement de grands professionnels de l’accueil. Et puis alors sur des petits musées qui sont très spécifiques, qui sont de très grande qualité. Je citerai par exemple le musée …qui je pense est le seul musée d’une telle qualité en matière d’art religieux et de croyance populaire, un musée unique en Belgique qui ne dépasse que 5 à 10000 visiteurs par an mais je pense que nous aurons intérêt à valoriser une promotion supplémentaire parce que c’est un musée assez extraordinaire. Nous essayons de diversifier quand même un peu l’offre touristique : deux nouveaux musées ou deux nouvelles attractions sont apparues ces 5 dernières années. C’est un musée de la laine et le parc animalier qui réunit à 3 km d’ici dans le village de Bisaury toutes les variétés possibles et inimaginables de chèvres, de moutons et où il y a un musée de la laine qui montre toutes les étapes de la production.

Opladis : Ce n’est pas une tradition locale, la laine, ce serait plutôt du côté de Verviers…?
Autre chose qui est important également est la ferme des Bisons qui se trouve également à 5 ou 6 km d’ici, où il y a un élevage de 200 têtes de bisons avec un musée d’Indiens. On peut deviner le lien qui peut exister avec toute la clientèle de Bastogne. Il est clair que des américains de passage ici, qui à la rigueur ne retrouvent plus de vaste étendue de bisons chez eux, sont quand même en partie exterminés, c’est un clin d’œil quand même assez amusant, plaisant de savoir que nous nous sommes lancés dans la diversification touristique, ici à Bastogne.

Voilà, que vous dire encore.

En revenant sur l’attention particulière que nous essayons d’avoir pour les aînés, je dirai simplement que nous essayons d’encourager toutes les initiatives qui viennent des groupements des 3X20 parce qu’ils sont souvent à base, étant donné le temps libre qu’ils retrouvent en fin de leur carrière, ils deviennent souvent à la base de pas mal d’initiatives, d’organisations d’expositions, d’écoles de peinture ou de ce genre. Nous organisons une fois par an à leur attention un voyage de quelques jours. Je sais que cette année-ci, c’était en Ardèche.

Nous essayons véritablement de manière générale secteur par secteur d’associer les seniors à la vie communautaire.

Opladis : Dans les grandes métropoles du pays, l’angoisse des seniors c’est la problématique de la sécurité. Et à Bastogne, une telle psychose existe-t-elle ?
Fort heureusement, les choses sont différentes à Bastogne mais nous remarquons que nous ne sommes plus nécessairement à l’abri, épargnés par le phénomène de violence qui est effectivement la caractéristique des grandes villes. Donc, nous avons aussi sur notre territoire une recrudescence d’une certaine petite délinquance, d’un certain vandalisme, qui est très présent chez nous comme ailleurs et qui sont des phénomènes très difficiles à maîtriser. Là c’est effectivement d’une part un travail de prévention et d’autre part de répression quand c’est nécessaire que j’essaie de mener avec nos forces de police parce que la sécurité ou l’absence de sécurité est ici à Bastogne comme ailleurs la principale préoccupation des citoyens et qui ont peur pour eux mais aussi pour leurs enfants. A partir du moment où on ne se sent plus en sécurité parce qu’on se rend au centre sportif, à la bibliothèque, on emprunte le Ravel, … lorsque à 4 heures du matin on quitte des bals, des dancings, des cafés, les bagarres se multiplient, il faut bien arriver à la conclusion qu’il y a des dispositions à prendre pour enrayer le phénomène. Nous ne sommes pas épargnés non plus par exemple, ce qui était encore le cas il y a 5 ou 10 ans, par le phénomène de la drogue, y compris dans les écoles et à partir de l’école primaire. C’est effrayant mais c’est comme ça et ce sont des phénomènes très difficiles à combattre.

Opladis : Pour terminer sur une note plus joyeuse, quelques dates évènementielles à recommander aux visiteurs Websenior, quelques rendez-vous bastognards ?
Il y a un rendez-vous bastognard important, mais quelque peu confidentiel et qui est un terme à notre vie de communauté, nous organisons une fête le 28 septembre en l’honneur du doyen, qui est doyen depuis 36 ans et prêtre depuis 60 ans et qui a marqué de son empreinte toute une série de réalisations colossales sur le territoire de notre commune au niveau des mouvements de jeunesse, au niveau du logement social, au niveau de la création du service des pompiers, un homme d’un dynamisme invraisemblable et nous allons, je ne dirai pas fêter son départ parce que j’espère qu’il va rester à Bastogne, lui dire en tout cas merci pour tout ce qu’il a fait, à l’occasion du 28 septembre.

Opladis : Vous nous rappelez son nom ?
Il s’agit du doyen Georges Galant et c’est une personnalité très forte. Il n’a laissé personne indifférent pendant son passage dans notre commune et une personne très attachante pour tous les citoyens de Bastogne.

J’ai l’habitude de dire qu’à Bastogne, il se passe toujours quelque chose parce qu’il n’y a pratiquement pas de week-end qui n’est pas occupé par une manifestation importante. Ce week-end par exemple nous organisons le festival des jeux de mots, c’est-à-dire par le parc Elisabeth, qui se trouve en plein centre ville, nous allons disposer 200 jeux géants surdimensionnés d’adresse, de réflexion, ludiques, et l’année dernière à cette occasion, parce qu’il s’agit déjà de la troisième édition, nous avions dépassé 10000 personnes. Ce festival des jeux de mots, dont nous avons l’exclusivité à Bastogne, au niveau du territoire de la région wallonne. Et puis d’autres grands rassemblements en référence avec l’histoire nous avons chaque année la foire aux noix et le mémorial D qui sont les deux grands rassemblements patriotiques de la commune et nous allons vivre comme je vous le disais toute à l’heure une année 2004 qui sera émaillée de nombreux rendez-vous sur le thème du 60ième anniversaire.

Opladis : Donc, 2004 une année où il faudra impérativement venir à Bastogne. Mais, il ne faut effectivement pas attendre 2004 pour s’y déplacer. Vous avez dit également que tous les commerces étaient ouverts chaque dimanche.
C’est la particularité qui fait la force de notre ville et je pense que c’est la seule ville avec la ville de Florenville, dans la province du Luxembourg, à agir de la sorte et c’est vraiment une clientèle très importante tous les dimanches de l’année.

Opladis : Pour conclure, pouvez-vous nous donner la devise de Bastogne et nous la commenter ? Je l’ai vue inscrite sur la façade de l’Hôtel de Ville…
Fière de son passé et fort de son avenir. Ce n’est pas véritablement devenu la devise de Bastogne. C’est un slogan qui a été utilisé déjà à l’occasion du 50ième anniversaire et que nous allons effectivement conserver maintenant.
C’est vrai que nous sommes fiers de notre passé et nous pensons que nous avons encore beaucoup d’atouts à notre disposition pour développer notre commune dans l’avenir, pour améliorer, parce que c’est l’objectif d’un bourgmestre et d’un conseil communal, d’améliorer le bien-être de nos citoyens..

Opladis : Je vous remercie Monsieur le Bourgmestre. En tout cas, rendez-vous à tous en 2004, pour le 60ième anniversaire de la victoire des Alliés lors de la Bataille des Ardennes.

 Une interview réalisée le 8 septembre 2003 par Memogrames sprl, pour compte de Opladis.

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