Philippe Collard, né en 1957, marié et père
de 3 enfants, est licencié en Administration publique
et relations internationales de l’UCL.
Il fut le secrétaire
particulier du Sénateur PSC G.Lutgen de 1982 à 1985,
puis attaché de cabinet de divers ministres jusqu’en
juillet 1994.
Il est inspecteur au Commissariat Général
au Tourisme d’août 1994 jusque juillet 1999,
lorsqu’il devient député fédéral
MR (MCC).
Il est impliqué dans la politique communale
depuis ses 25 ans, puis conseiller communal à partir
de 1982, échevin de 1987 à 1994, bourgmestre
ff. de 1995 à 1999 et bourgmestre en titre depuis
2001.
Il a également siégé au conseil
provincial de 1985 à 1999.
Opladis
: Monsieur le Bourgmestre, Bastogne est à coup sûr
plus qu’une référence historique majeure
de la seconde guerre mondiale. Pour vous, qu’est-ce que
Bastogne en 2003 ?
Ce que j’ai d’abord envie de dire sur la commune de Bastogne, née
de la fusion de 5 anciennes communes en 1976 en même temps que la fusion
des autres communes du Royaume, sous la direction de Monsieur Joseph Michel,
c’est que ça a eu comme effet le mariage de 4 petites communes rurales
et une ville, qui est Bastogne.
Bastogne s’étend sur 17.000 hectares de superficie, ce qui en fait
une des communes les plus étendues de la province du Luxembourg et de
la Belgique en général. 16.000 des 17.000 hectares sont occupés
par les villages, 35 villages en l’occurrence, et 1.000 hectares par la
ville de Bastogne. Voyez un peu la répartition au niveau du territoire
! Au niveau de la population, c’est l’inverse : 2/3 de la population
habite dans la ville de Bastogne et 1/3 dans les 35 villages.
Ce qui, évidemment, rend les choses un peu complexes au niveau d’un
projet communal, où nous devons répondre aux attentes des citoyens,
qui sont très différentes à la campagne et à la ville.
Ici à la ville, le développement est essentiellement tourné vers
le commerce, qui est réputé à Bastogne depuis le Moyen Age.
Aujourd’hui encore, d’ailleurs, les 300 commerces sont ouverts tous
les jours pendant la période estivale et tous les dimanches de l’année.
Cela en fait une ville extrêmement visitée et fréquentée.
Si on vient à Bastogne en hiver comme en été, il y a du
monde plein les trottoirs. C’est un lieu de promenade pour beaucoup de
gens, notamment pour beaucoup de personnes âgées qui profitent de
leurs dimanches pour venir boire un café, déguster une pâtisserie, …
A côté de cela, dans les villages, les besoins sont différents,
les ruraux comme les néo-ruraux, essaient de bénéficier
tout d’abord d’un minimum d’infrastructures à leur disposition,
sans toujours dépendre de Bastogne. Evidemment, s’il faut construire
un centre sportif, ce ne peut être qu’à Bastogne, un complexe
culturel, même chose. Nous avons une belle bibliothèque dont nous
venons de doubler la capacité. C’est effectivement à Bastogne
qu’elle est implantée. Mais, par contre, nous avons tout fait depuis
20 ans pour maintenir l’enseignement en zone rurale. Nous avons ainsi maintenu
10 implantations scolaires en milieu rural, ce qui permet, d’ailleurs,
aux gens de vivre dans leurs villages avec leur école, avec leur maison
de village, avec leur église, sans être obligés, pour toute
activité professionnelle et de loisirs, de venir à Bastogne. Je
pense que c’était important de faire en sorte que les villages ne
soient pas seulement des dortoirs de Bastogne, où l’on habite, mais
où l’on ne sait pas y vivre ses activités.
Donc, je vous parlais de la vie associative qui, je crois, est une caractéristique
des communes rurales ou semi-rurales ou semi-urbaines. La vie associative est
très riche. La ville de Bastogne compte quelque 250 associations sportives,
culturelles, sociales : c’est effectivement très impressionnant
au niveau de l’ampleur du bénévolat et ça en fait
une commune extrêmement animée.
Opladis : Au total, Bastogne, cela représente quelle population ?
Bastogne, c’est près de 14.000 habitants, précisément
13.956 à ce jour et la population de plus de 60 ans représente
17 %, soit 2.318 personnes, 1375 femmes et 943 hommes.
Opladis : 17 %, c’est plus ou moins la moyenne nationale. Nous n’avons
eu jusqu’à présent qu’une pointe de 25 % dans la
banlieue liégeoise. Et développez-vous une politique particulière
pour cette partie de la population ?
Nous n’avons pas une politique ciblée pour les seniors parce que,
dirais-je d’abord, ils profitent, au même titre que les autres
catégories d’âge, des services qui sont offerts à Bastogne.
Citons le centre sportif, par exemple, où nous sommes très nombreux.
Certes, il y a parfois des cours qui sont organisés spécifiquement
pour les seniors, les cours de natation ou de gymnastique par exemple.
Nous avons un centre culturel qui oriente aussi une partie de son programme
vers les seniors et la bibliothèque est traditionnellement fréquentée
par un pourcentage important de personnes âgées. Les habitués
de la bibliothèque, ce sont les jeunes, pour des besoins de documentations
scolaires, et les personnes âgées qui, du moment où elles
sont retraitées, trouvent un peu de temps pour leurs loisirs et donc
pour lire. Nous avons aussi, dans la vie associative que je vous décrivais,
beaucoup d’associations appelées associations 3 X 20 et qui, à partir
des maisons de village, parce que cela est une autre volonté politique
que nous avons depuis 20 ans, à côté du maintien des écoles
alors qu’il aurait été plus facile et moins coûteux
de concentrer tout l’enseignement à Bastogne ville tout comme
nous avons voulu maintenir un enseignement fondamental dans les villages, nous
avons aussi voulu maintenir dans pratiquement chaque village une maison de
village proprement parlé ou tout simplement un bâtiment public
qui permet aux gens de se retrouver ou d’organiser des jeux de cartes,
de thé dansant, de petits spectacles, de théâtre, de théâtre
wallon qui est encore vivace dans cette région. Donc, je pense qu’en
terme d’infrastructure mise à disposition de la population et
notamment aux aînés, on répond déjà actuellement,
même si tout n’est pas parfait, à beaucoup de besoins.
Opladis : Et pour les aînés qui éprouvent beaucoup de difficultés à se
déplacer, qui sont moins mobiles, quelle est votre politique ?
Il y a deux choses à ce niveau. Nous avons toujours au niveau des villages
une grande solidarité familiale, une grande solidarité entre
voisins, des villages où tout le monde se connaît. On ne court
pas le même risque que dans les grandes villes où les gens sont
isolés, coupés de tout, et dont on ne sait d’ailleurs même
pas qu’ils existent. Ici, tout le monde se connaît, le plus gros
village de la commune ne fait que 400 habitants mais la plupart des villages
comptent 100–150 personnes et donc tout le monde se connaît et
une solidarité existe.
Néanmoins, nous avons lancé aussi à Bastogne, en collaboration
avec le Tec, au même titre que la ville de Libramont, un Tel-bus c’est-à-dire
un bus à la demande en quelque sorte et qui, aux horaires souhaités,
va chercher les gens dans les villages pour les amener au centre commercial à la
foire aux camelots le samedi matin. Là où les horaires traditionnels
ne permettent pas aux gens de se déplacer, le Tec ne passe pas non plus
dans chacun des moindres recoins de la commune, il y a cette expérience
des Tel-bus qui fonctionne depuis environ 5 ans.
Opladis : Donc, au niveau de votre CPAS, les services classiques de repas à domicile,
c’est un peu la gageure au niveau d’un territoire aussi important.
Oui, je vous avoue que nous avons déjà eu plusieurs expériences
de repas à domicile mais qui n’ont assez curieusement jamais beaucoup
fonctionné. La demande n’est pas très importante et l’équilibre
budgétaire des services était très difficile étant
donné le très peu de demandes. Le fait que cela ne puisse se
faire que par un service assez professionnel. Ce qui existe néanmoins,
ce sont des services de télé vigilance à partir du CPAS
qui permettent de sécuriser les personnes qui sont isolées et
dont la santé n’est pas très bonne et vous avez effectivement
un service du CPAS qui est relativement bien organisé, et qui ne reste
pas à attendre du matin au soir pour qu’on vienne leur exposer
leurs problèmes et qui se déplace à la demande des personnes âgées.
Nous avons à Bastogne deux maisons de repos, une qui dépend du
CPAS et une autre privée. Mais nous avons des besoins qui n’ont
pas encore été rencontrés à ce niveau-là.
Nous avons d’ailleurs demandé au ministre responsable une extension
du nombre de lits dans la maison de repos parce que la liste d’attente
est assez impressionnante.
Opladis : Avis aux candidats gestionnaires de maisons de retraite
Nous avons besoin d’une seigneurie que nous n’avons pas ici à Bastogne.
Opladis : Ce qui est étonnant dans le cadre dont vous disposez. Vous avez
aussi, je présume, pris des dispositions pour les moins valides ?
Certainement. Nous essayons aussi d’avoir une attention toute particulière
depuis quelques années sur le déplacement et sur l’accès
aux bâtiments publics pour les personnes à mobilité réduite.
Nous avons construit par le passé des bâtiments publics qui n’étaient
pas du tout adaptés, nous n’avions pas encore ce réflexe,
cette sensibilité. Ici, notre hôtel de ville est resté pendant
longtemps inaccessible étant donné que les marches d’entrée à l’hôtel
de ville n’étaient pas adaptées aux personnes à mobilité réduite.
Nous avons décidé d’adapter les choses et avons installé des
ascenseurs qui desservent absolument tous les étages à partir
du sous-sol du bâtiment et quand nous construisons de nouvelles infrastructures,
comme la bibliothèque dont je parlais à l’instant, nous
veillons à ce que soit de plein pied et en tout cas qu’il y ait
un accès de facilité pour les personnes à mobilité réduite.
Même chose d’ailleurs au niveau de la grand-rue où nous
avons tous les trottoirs au même niveau, de manière que les personnes
en chaise roulante puisent facilement traverser tous les axes routiers en restant
sur le trottoir. C’est la voiture qui doit monter sur le trottoir lorsque
passe un axe piétonnier.
Autre chose dont je voulais vous parler parce que c’est assez récent,
c’est un espace citoyen créé ici à Bastogne, qui
est entré en fonction le 8 septembre 2003. C’est un espace permettant
aux citoyens de s’initier aux nouvelles communications, de surfer sur
le net, … Nous avons installé 8 ordinateurs dans un espace citoyen
et à l’aide d’un moniteur, les gens peuvent s’initier
et suivre un apprentissage de ces technologies qui sont très importantes évidemment
en terme d’échange et de communications.
Opladis : Jusque l’autre côté de l’Atlantique avec les
vétérans de la bataille des Ardennes. C’est clair qu’ici à Bastogne, il y a un attachement sentimental
extrêmement important vis-à-vis des vétérans américains,
des alliés. Donc, c’est vrai que nous avons ici une sorte de devoir
de mémoire, pour ce qui s’est passé, il y a toujours un
sentiment de reconnaissance très profond de la population, de la citoyenneté et
plus particulièrement des aînés, ceux qui ont connu les évènements
de la deuxième guerre mondiale, de la bataille des Ardennes, de cet
hiver 44-45 qui fût terrible ici à Bastogne, donc il y a une très
profonde reconnaissance vis-à-vis des Alliés, des Américains
qui ont libéré la ville. A l’occasion des différents anniversaires de la bataille, 40ième,
50ième et l’année prochaine nous fêtons le 60ième
anniversaire, cela déplace énormément de monde et je pense
que cela doit correspondre à un souhait de la population que nous continuions à manifester
cet intérêt pour cette page de notre histoire très intéressante. D’autant plus que l’année prochaine ce sera le dernier rendez-vous
avec des vétérans américains qui ont vécu ces évènements
en 44-45 parce que s’ils avaient 20 ans à l’époque ça
leur fait 80 ans. Donc, nous n’avons plus beaucoup d’espoir d’en
avoir encore parmi nous lors d’un 70ième, d’un 75ième
anniversaire. Puis alors même si cette volonté de souvenir reste
très ancrée ici à Bastogne, il y a aussi que nous voulons
profiter de cette notoriété de Bastogne à travers le monde
pour ne pas se limiter à cette image de ville martyre mais aussi d’être
en quelque sorte une ville messagère de paix. Nous essayons d’organiser
une série de grands rassemblements, de rendez-vous sur le territoire
de notre ville, de manière à sensibiliser les gens sur le rôle
qu’ils ont à jouer pour une pacification des combats à travers
le monde. Un exemple, nous avons réuni ici au bois de la paix, qui est
un bois de 4000 arbres plantés par les enfants de Bastogne, et où chaque
arbre porte le nom d’un vétéran américain, le retour
de Bastogne au 50ième anniversaire. C’est vraiment tout le contraire
d’un cimetière puisque les arbres portent le nom de vétérans
qui sont revenus personnellement master et que ces arbres continuent à grandir.
Donc, je dirais que c’est quelque chose de très fort et fort émouvant
pour les familles des vétérans concernés puisque de génération
en génération, ils vont venir se recueillir sur l’arbre
qui a été planté par le vétéran lui-même.
Opladis :
Je présume que les Bastognards ont été choqués
il y a quelques mois par la proposition de certains parlementaires américains
parce que nous étions en désaccord quant à la guerre en
Irak, parlaient de rapatrier les dépouilles qui sont enterrées
en Europe.
Oui, nous n’avons pas de cimetière américain à proprement
parler sur la commune, c’est à Henri-Chapelle et à d’autres
endroits en Belgique mais par contre nous avons le Mardason qui est le véritable
symbole de la bataille des Ardennes et même de la deuxième guère
mondiale aux yeux des Américains.
Effectivement, l’attitude des uns et des autres, des hommes politiques
aussi bien américains que belges à un moment donné ont
interpellé, voire choqué une partie importante de la population
de Bastogne. Ils restent très attachés aux Etats-Unis d’Amérique.
Par contre, j’ai aussi, et c’est mon rôle de bourgmestre,
incité la population à faire la part des choses. On peut très
bien d’un côté rester éternellement reconnaissants à ce
que les Américains ont fait à Bastogne et ne pas pour autant être
en accord permanent avec leur politique internationale. Il est clair que personnellement
j’étais sur la même longueur d’onde que le ministre
des affaires étrangères au niveau de l’attitude qu’il
a eu au nom de la Belgique dans la guerre en Irak.
Opladis : Comme la majorité des belges !
Oui, je pense. A Bastogne, c’est quelque chose quand même qui doit
s’expliquer avec beaucoup de diplomatie et de psychologie.
Opladis : J’ai ressenti le même phénomène cet été en
passant en Normandie, en discutant avec des gens qui effectivement disent qu’on
ne peut pas critiquer nos libérateurs de 1944.
Pour montrer l’évolution que nous essayons de prendre pour l’instant,
cette voie de la paix, effectivement au départ, nous avons fêté son
dixième anniversaire, qui a été créé en
mémoire et en l’honneur des vétérans américains
prend maintenant une orientation beaucoup plus large et beaucoup plus internationale.
C’est notamment à cet endroit que l’année dernière
nous avons mis en évidence une femme palestinienne et israélienne
qui toutes deux étaient des victimes du conflit tout à fait injuste
qui déchire les deux peuples là-bas au Proche-Orient. Une mère
israélienne qui a perdu son enfant de 13 ans dans un attentat suicide
palestinien et une femme palestinienne qui avait perdu son fiancé, son
frère et son père dans des représailles de l’armée
israélienne. Et ces deux femmes se sont réunies à Bastogne
pour planter des arbres supplémentaires dans le bois de la paix et pour
dire qu’elles ne voulaient pas répondre à la violence par
la violence ou par la haine ou par l’escroquerie mais qu’elles
voulaient répondre à la violence par la fraternité entre
les peuples et par la négociation pour résoudre ce conflit et
non par la violence. Je pense que Bastogne peut être le réceptacle,
le lieu de rendez-vous, de par l’image que nous véhiculons à travers
le monde, comme une ville qui s’inscrit délibérément
dans ces optiques de fraternité et de paix entre les peuples.
Opladis : C’est un peu la démarche de François Mitterrand et
de Helmut Kohl se rencontrant à Verdun.
Absolument, et je dirais même que d’un point de vue historique
et aussi, reconnaissons-le, dans un certain intérêt touristique,
nous voudrions devenir un petit peu à Bastogne le centre de référence
de la deuxième guerre mondiale comme Ypres en Flandre est le centre
de référence de la première guerre mondiale.
Opladis : Vous avez des projets de nouveaux aménagements, de nouveaux musées, …?.
Effectivement, nous venons de racheter une partie importante du séminaire
qui est une école qui se trouve ici en centre ville pour y installer
un musée. Des expositions temporaires se succèderont et la première
exposition qui sera organisée courant décembre 2004 à septembre
2005 est une exposition sur la deuxième guerre mondiale, un petit peu
dans le genre « J’avais 20 ans en 1945 », cette première
exposition dont on a parlé il y a une dizaine d’années
et qui s’était implantée sur le site du Cinquantenaire.
Et nous souhaitons aussi moderniser, améliorer le musée qui se
trouve sur le site du ?? de Bastogne parce que nous pensons vraiment que Bastogne
ne doit pas inventer ou réinventer d’autres thèmes attractifs
pour attirer nos touristes. Nos deux points forts, deux atouts que nous devons
privilégier, perfectionner, c’est d’une part la vitalité commerciale
et d’autre part la référence à la bataille des Ardennes.
Au niveau du tourisme d’un jour, même si Bastogne est repris dans
la catégorie des villes touristiques, nous ne connaissons ici à Bastogne
pas de tourisme résidentiel. Nous avons très peu d’hôtels,
un seul camping, très peu de gîtes, d’étapes, c’est
vraiment du tourisme d’un jour. Et donc, pour cela, il faut en plus que
nous comptons sur un commerce très performant avec des commerçants
qui de génération en génération sont véritablement
de grands professionnels de l’accueil. Et puis alors sur des petits musées
qui sont très spécifiques, qui sont de très grande qualité.
Je citerai par exemple le musée …qui je pense est le seul musée
d’une telle qualité en matière d’art religieux et
de croyance populaire, un musée unique en Belgique qui ne dépasse
que 5 à 10000 visiteurs par an mais je pense que nous aurons intérêt à valoriser
une promotion supplémentaire parce que c’est un musée assez
extraordinaire. Nous essayons de diversifier quand même un peu l’offre
touristique : deux nouveaux musées ou deux nouvelles attractions sont
apparues ces 5 dernières années. C’est un musée
de la laine et le parc animalier qui réunit à 3 km d’ici
dans le village de Bisaury toutes les variétés possibles et inimaginables
de chèvres, de moutons et où il y a un musée de la laine
qui montre toutes les étapes de la production.
Opladis : Ce n’est pas une tradition locale, la laine, ce serait plutôt
du côté de Verviers…?
Autre chose qui est important également est la ferme des Bisons qui
se trouve également à 5 ou 6 km d’ici, où il y a
un élevage de 200 têtes de bisons avec un musée d’Indiens.
On peut deviner le lien qui peut exister avec toute la clientèle de
Bastogne. Il est clair que des américains de passage ici, qui à la
rigueur ne retrouvent plus de vaste étendue de bisons chez eux, sont
quand même en partie exterminés, c’est un clin d’œil
quand même assez amusant, plaisant de savoir que nous nous sommes lancés
dans la diversification touristique, ici à Bastogne.
Voilà, que vous dire encore.
En revenant sur l’attention particulière que nous essayons d’avoir
pour les aînés, je dirai simplement que nous essayons d’encourager
toutes les initiatives qui viennent des groupements des 3X20 parce qu’ils
sont souvent à base, étant donné le temps libre qu’ils
retrouvent en fin de leur carrière, ils deviennent souvent à la
base de pas mal d’initiatives, d’organisations d’expositions,
d’écoles de peinture ou de ce genre. Nous organisons une fois
par an à leur attention un voyage de quelques jours. Je sais que cette
année-ci, c’était en Ardèche.
Nous essayons véritablement de manière générale
secteur par secteur d’associer les seniors à la vie communautaire.
Opladis : Dans les grandes métropoles du pays, l’angoisse des seniors
c’est la problématique de la sécurité. Et à Bastogne,
une telle psychose existe-t-elle ?
Fort heureusement, les choses sont différentes à Bastogne mais
nous remarquons que nous ne sommes plus nécessairement à l’abri, épargnés
par le phénomène de violence qui est effectivement la caractéristique
des grandes villes. Donc, nous avons aussi sur notre territoire une recrudescence
d’une certaine petite délinquance, d’un certain vandalisme,
qui est très présent chez nous comme ailleurs et qui sont des
phénomènes très difficiles à maîtriser. Là c’est
effectivement d’une part un travail de prévention et d’autre
part de répression quand c’est nécessaire que j’essaie
de mener avec nos forces de police parce que la sécurité ou l’absence
de sécurité est ici à Bastogne comme ailleurs la principale
préoccupation des citoyens et qui ont peur pour eux mais aussi pour
leurs enfants. A partir du moment où on ne se sent plus en sécurité parce
qu’on se rend au centre sportif, à la bibliothèque, on
emprunte le Ravel, … lorsque à 4 heures du matin on quitte des
bals, des dancings, des cafés, les bagarres se multiplient, il faut
bien arriver à la conclusion qu’il y a des dispositions à prendre
pour enrayer le phénomène. Nous ne sommes pas épargnés
non plus par exemple, ce qui était encore le cas il y a 5 ou 10 ans,
par le phénomène de la drogue, y compris dans les écoles
et à partir de l’école primaire. C’est effrayant
mais c’est comme ça et ce sont des phénomènes très
difficiles à combattre.
Opladis : Pour terminer sur une note plus joyeuse, quelques dates évènementielles à recommander
aux visiteurs Websenior, quelques rendez-vous bastognards ?
Il y a un rendez-vous bastognard important, mais quelque peu confidentiel et
qui est un terme à notre vie de communauté, nous organisons une
fête le 28 septembre en l’honneur du doyen, qui est doyen depuis
36 ans et prêtre depuis 60 ans et qui a marqué de son empreinte
toute une série de réalisations colossales sur le territoire
de notre commune au niveau des mouvements de jeunesse, au niveau du logement
social, au niveau de la création du service des pompiers, un homme d’un
dynamisme invraisemblable et nous allons, je ne dirai pas fêter son départ
parce que j’espère qu’il va rester à Bastogne, lui
dire en tout cas merci pour tout ce qu’il a fait, à l’occasion
du 28 septembre.
Opladis : Vous nous rappelez son nom ?
Il s’agit du doyen Georges Galant et c’est une personnalité très
forte. Il n’a laissé personne indifférent pendant son passage
dans notre commune et une personne très attachante pour tous les citoyens
de Bastogne.
J’ai l’habitude de dire qu’à Bastogne, il se passe
toujours quelque chose parce qu’il n’y a pratiquement pas de week-end
qui n’est pas occupé par une manifestation importante. Ce week-end
par exemple nous organisons le festival des jeux de mots, c’est-à-dire
par le parc Elisabeth, qui se trouve en plein centre ville, nous allons disposer
200 jeux géants surdimensionnés d’adresse, de réflexion,
ludiques, et l’année dernière à cette occasion,
parce qu’il s’agit déjà de la troisième édition,
nous avions dépassé 10000 personnes. Ce festival des jeux de
mots, dont nous avons l’exclusivité à Bastogne, au niveau
du territoire de la région wallonne. Et puis d’autres grands rassemblements
en référence avec l’histoire nous avons chaque année
la foire aux noix et le mémorial D qui sont les deux grands rassemblements
patriotiques de la commune et nous allons vivre comme je vous le disais toute à l’heure
une année 2004 qui sera émaillée de nombreux rendez-vous
sur le thème du 60ième anniversaire.
Opladis : Donc, 2004 une année où il faudra impérativement
venir à Bastogne. Mais, il ne faut effectivement pas attendre 2004 pour
s’y déplacer. Vous avez dit également que tous les commerces étaient
ouverts chaque dimanche.
C’est la particularité qui fait la force de notre ville et je
pense que c’est la seule ville avec la ville de Florenville, dans la
province du Luxembourg, à agir de la sorte et c’est vraiment une
clientèle très importante tous les dimanches de l’année.
Opladis : Pour conclure, pouvez-vous nous donner la devise de Bastogne et nous
la commenter ? Je l’ai vue inscrite sur la façade de l’Hôtel
de Ville…
Fière de son passé et fort de son avenir. Ce n’est pas
véritablement devenu la devise de Bastogne. C’est un slogan qui
a été utilisé déjà à l’occasion
du 50ième anniversaire et que nous allons effectivement conserver maintenant.
C’est vrai que nous sommes fiers de notre passé et nous pensons
que nous avons encore beaucoup d’atouts à notre disposition pour
développer notre commune dans l’avenir, pour améliorer,
parce que c’est l’objectif d’un bourgmestre et d’un
conseil communal, d’améliorer le bien-être de nos citoyens..
Opladis : Je vous remercie Monsieur le Bourgmestre. En tout cas, rendez-vous à tous
en 2004, pour le 60ième anniversaire de la victoire des Alliés
lors de la Bataille des Ardennes.
Une
interview réalisée le 8 septembre 2003 par
Memogrames sprl, pour compte de Opladis.