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  COUVIN
> La commune de COUVIN

Monsieur Robert DUBUC

Monsieur Robert DUBUC 

Robert DUBUC est né en février 1949, à Petigny. Marié et père de trois enfants, il entame sa carrière politique très jeune. Il n’a en effet que 21 ans lorsqu’il devient, en 1971, Echevin de son village natal. Il en sera Bourgmestre dès 1974, en remplacement de Monsieur Falesse, décédé. Avant les fusions de communes en 1977, il est conseiller communal au sein de l’entité de Couvin, mais il ceindra l’écharpe échevinale dès 1983 : il sera successivement Echevin de la Jeunesse, des Sports et des Affaires Sociales , puis de l’Instruction, des Affaires Sociales et de la vie villageoise.

Monsieur Robert DUBUCOpladis : Monsieur le bourgmestre, Couvin est connu à travers la Belgique non seulement pour les raquettes de tennis Donnay qu’on y fabriquait jadis, pour ses poêleries, mais aussi pour ses indéniables attraits touristiques. Nous sommes dans la botte de Chimay, dans ce qu’on appelle la Vallée des Eaux Vives. Mais encore ?
Effectivement, Couvin est au cœur de la Vallée des Eaux Vives et, fait important du point de vue touristique, notre commune a la chance de couvrir, du point de vue géographique, trois régions. Au nord de l’entité, nous avons la Fagne, au centre, la Calestienne, et, au sud, l’Ardenne. Nous disposons dès lors d’une biodiversité remarquable, ce qui constitue un bel atout au niveau touristique. Les promenades sont donc variées et la forêt, les curiosités naturelles, les cours d’eau, tout cela favorise un tourisme vert que nous souhaitons développer.

CouvinNous disposons d’ailleurs à cet effet, désormais, d’un précieux outil, à savoir une Maison du Tourisme régionale, dont l’impact profitera non seulement à l’entité couvinoise, mais à l’ensemble de la région. Nous avons développé des pistes VTT, nous disposons de bon nombre de gîtes ruraux et de gîtes à la ferme, nous avons sur notre territoire les Grottes de Neptune ou les cavernes de l’Abîme, au passé préhistorique, mais aussi la Brasserie des Fagnes où l’on déguste la Super ou encore le Karting des Fagnes pour les amateurs de vitesse. Tout près, nous avons aussi, à Chimay, une trappiste dont la renommée a franchi nos frontières depuis longtemps. Bref, à Couvin, il y en a un petit peu pour tous les goûts.

CouvinEnfin, sur le plan gastronomique, Couvin est réputée pour son andouille ou encore son fameux boudin blanc. Nous avons un boucher couvinois qui a remporté plusieurs Premiers Prix avec son boudin blanc, à la Foire de Libramont. Cela ne fait que valoriser notre entité. Voilà au point de vue touristique…

Opladis : Mais je présume que tous les Couvinois ne travaillent pas exclusivement dans le domaine du tourisme ?
Non, bien évidemment. Bien sûr, Couvin possède une tradition dans le domaine de la poêlerie, et même au niveau sidérurgique si on remonte dans le temps. Malheureusement, cette industrie a globalement périclité et nous ne comptons plus que Effel, producteur de poêles et Saint Roch, essentiellement reconverti dans la fabrication des chaudières en fonte. Ce n’est malheureusement plus l’essor industriel que Couvin avait connu au début du 20e siècle, ni même la situation d’il y a 50 ans, quand plus de 2.000 ouvriers s’activaient dans cette industrie. Aujourd’hui, même si Effel se maintient et que Saint-Roch se porte bien, engageant de nouveaux investissements afin de moderniser l’entreprise et de développer leurs exportations, ces industries n’emploient plus autant de personnes que jadis, car les nouvelles technologies exigent moins d’ouvriers.

CouvinPar ailleurs, l’entreprise Donnay à Couvin, c’est fini. On avait espéré un temps que le repreneur britannique « Sport & Ski » pourrait s’implanter sur le zoning de Mariembourg. Malheureusement, ils ont préféré délocaliser et sont partis vers le Brabant. Ce sont 300 à 350 emplois qui ont disparu, principalement de la main-d’œuvre féminine. Ce fut un gros problème dans la région.

Heureusement, notre zoning à Mariembourg se développe progressivement : des PME s’y implantent peit à petit, comme, par exemple, la Menuiserie Riche, qui y crée actuellement une extension pour la production de châlets en bois au départ des ressources forestières de notre région.

Enfin, beaucoup de Couvinois doivent aller travailler vers Charleroi, voire à Bruxelles ou à Namur. Cela pose quand même problème et l’on. espère bien sûr, que le tourisme d’une part, le développement progressif de notre zoning à Mariembourg d’autre part, nous permettront petit à petit de récupérer une partie de ces emplois qui ont été perdus.

Opladis : Combien d’habitants compte l’entité de Couvin ?
Environ 13.500 habitants, pour une superficie de plus de 20.000 hectares.

Opladis : Vous ne souffrez pas d’une densité de population excessive !
Pas du tout, avec une densité de 65 habitants par km2, personne n’a le sentiment de manquer d’espace! Mais beaucoup d’espace ne suffit pas, il faut encore veiller à la qualité de l’environnement : ainsi, la disparition de l’essentiel des industries du poêle nous a laissé en héritage une série de friches industrielles. Depuis une dizaine d’années, on s’emploie à faire disparâtre ces friches

CouvinC’est ainsi, qu’au centre de Couvin, où nous avions jadis les poêleries Saint Joseph, nous avons aménagé aujourd’hui un parc, l’Espace des Fonderies Saint-Joseph. Autre exemple, l’ancien site de Sony accueille désormais les bâtiments du Forem. Couvin est en train de changer d’aspect, afin que le cadre de vie soit plus agréable et en rapport avec nos objectifs en matière de tourisme.

CouvinLorsque le contournement de Couvin - que nous attendons avec impatience - sera effectif, je crois que nous pourrons développer encore le centre de Couvin, y apporter un attrait nouveau : on voudrait notamment aménager une liaison entre la place Général Piron et le vieux Couvin, afin de disposer d’un espace plus convivial, d’une ville beaucoup plus accueillante. Actuellement, nous avons quand même ici, malheureusement pour nous, la grand-route, avec un passage fréquent, notamment de poids lourds.

Opladis : Effectivement, il y a beaucoup de charrois sous vos fenêtres…
Heureusement, il existe un projet de contournement de Couvin. On n’attend plus que la décision du fonctionnaire délégué pour accorder le permis d’urbanisme : ensuite, les travaux pourront commencer. Mais cela traîne malgré tout, puisqu’il y a eu un complément d’étude d’incidences qui a été demandé.

Opladis : 13.000 habitants pour l’entité couvinoise… Et quelle est la part de seniors de plus de 60 ans ?
Nous avons pratiquement 23 % de seniors, ce qui est quand même…

Opladis : Au-dessus de la moyenne, qui se situe aux alentours de 17 %.
Comment cela peut-il s’expliquer ? C’est peut-être difficile à dire. Mais je crois que les Couvinois sont attachés à leur entité. Ils ont difficile à se déraciner. Un certain nombre de ceux qui, pour trouver du travail, ont dû partir vers Bruxelles, Charleroi ou Namur, reviennent à Couvin une fois retraités.

Opladis : C’est un phénomène que nous avons déjà rencontré dans d’autres communes rurales, notamment en Ardennes. Et quelle est la politique des autorités communales à l’égard de ces seniors ? Vous n’avez pas de maison de retraite dépendant du CPAS, mais uniquement une offre privée.
Effectivement, nous ne disposons pas d’une maison de retraite gérée par le CPAS et n’avons qu’une offre privée en ce domaine. Mais nous disposons d’une offre suffisante et variée. Le privé a l’air tout à fait valable. Pour notre part, nous essayons bien sûr d’apporter un maximum d’aide aux différents groupements traditionnels des 3 x 20, notamment par des subsides. Et comme partout, nous organisons un voyage annuel pour nos retraités. Enfin, l’Université du troisième âge fonctionne très bien, nos seniors sont très demandeurs. Je prendrai un seul exemple, celui de l’initiation à l’informatique. Tous les quinze jours, à la bibliothèque, les 3 X 20 peuvent s’initier à l’informatique et découvrir l’Internet. Nous avons un demande réellement importante.

Opladis : Ce succès est probablement, en partie, à l’origine de votre participation active à la Fête de l’Internet en mars ? Si je vous entends bien, on risque d’y voir un certain nombre de seniors couvinois désormais accros de l’Internet suite aux formations que la commune leur a proposées ?
Tout à fait. Tout à fait. Ce succès pour nos formations, c’était un petit peu une surprise, Au départ, on ne s’attendait pas à un succès pareil, en tout cas, au niveau des 3 x 20.

Opladis : Peut-être s’y mettent-ils pour pouvoir surfer sur Websenior… En tout cas, on peut toujours s’en convaincre. Autre chose : quels sont vos remèdes face à la problématique de la ruralité ? Vous parliez de soixante-cinq habitants au kilomètre carré : cela signifie immanquablement que certains seniors qui ne sont plus totalement valides et ont renoncé à leur voiture sont un peu loin de tout quand il faut se déplacer ?
Au niveau des transports en commun, l’offre est limitée. Le train arrive dans le centre de Couvin après un arrêt à Mariembourg : c’est à peu près la seule liaison ferroviaire que nous avons. Reste le TEC, avec une ligne Couvin-Namur qui donne de très bons résultats.

CouvinA l’intérieur même de l’entité, imaginez que nous avons quinze kilomètres du Nord au Sud. Nous avons donc essayé, là aussi, de trouver des accords avec le TEC, même si ce n’est peut-être pas la grande rentabilité. Nous voudrions malgré tout obtenir des fréquences de passage plus importantes qu’actuellement . Il y a encore certainement des efforts à faire. Parallèlement aux efforts demandés au TEC, le CPAS a développé un service de type « taxi » lorsqu’ils doivent se rendre chez le médecin ou à l’hôpital. Ce n’est que le début, mais nous sommes en train de travailler de ce côté-là.

Opladis : Nous avons déjà parlé tourisme. Nos lecteurs désireux de visiter Couvin auront compris que les opportunités touristiques ne manquent pas, à tout moment de l’année. Par contre, y a-t-il à Couvin un carnaval ou des marches, à l’instar de vos proches voisins de Gerpinnes, Florenne ou Ham-sur-Heure-Nalinnes ?
Oui, tout à fait. Nous avons aussi des marches folkloriques dans notre entité : la marche à Mariembourg de Notre-Dame de la Bouffe ou encore la marche Saint Victor à Petigny, toutes deux le 15 août. Cela se fait malheureusement en même temps, il y a une certaine concurrence. Je vous parlerai peut-être un peu de la marche Saint Victor à Petigny puisque c’est mon village. Cela a été lancé quand on a fêté le 150e anniversaire de la Belgique. Depuis ce temps-là, ça continue et ça a bien progressé. Et ce sont surtout des villageois, mais aussi des touristes qui participent à ces marches. La même chose avec Notre-Dame de la Bouffe à Mariembourg. En dehors de ces deux marches folkloriques, nous avons aussi quelques carnavals dans nos différents villages : à Petigny, par exemple, le carnaval est relativement important avec le bûcher, les grands feux, Même chose a Aublain, Cul-des-Sarts et Pesche notamment, sans oublier l’imposant cortège de Frasnes.

Opladis : Et puis, si je ne me trompe, pour les nostalgiques du train à vapeur, vous êtes un des derniers endroits à recommander en Belgique ?
Le train à vapeurBien sûr ! A Mariembourg, on peut prendre le train à vapeur qui va se diriger, via la vallée du Viroin vers Treignes, commune voisine à notre entité et qui fait partie de Viroinval.

Les grottes de NeptuneMais nous sommes le point de départ. Donc, c’est déjà quand même quelque chose aussi… cela amène pas mal de monde d’ailleurs, à partir de Pâques. Par contre les Grottes de Neptune et la Caverne de l’Abîme sont désormais accessibles toute l’année, même en hiver.



Opladis
: Et, de ce que j’ai vu, vous ne manquez pas d’infrastructures hôtelières…

J’ai évoqué les gîtes en début d’interview : c’est un secteur qui fonctionne très bien. Nous avons aussi pas mal d’hôtels, de bons hôtels, mais dont nous devrions encore améliorer la qualité du service. De même pour la restauration. Nous y encourageons nos restaurateurs et nos hôteliers, même si de tels efforts supposent d’importants investissements pour lesquels le retour n’est pas toujours immédiat.

Opladis : Eh bien donc, rendez-vous un de ces prochains jours à Couvin, pour emprunter le train à vapeur, pour goûter le boudin et l’andouille, et arroser tout cela de Super des Fagnes ou de…
de Trappiste de Chimay…

Opladis : Voilà tout un programme. A bientôt, Monsieur le Bourgmestre. Merci de votre accueil.

 Une interview réalisée le 01 février 2004 par Memogrames sprl, pour compte de Opladis.
Crédit photos : AC Couvin
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