Natif de Morialmé, d’une famille ayant ses racines dans la région de longue date, Pierre Helson a un passé associatif et sportif en grande partie à l’origine
de sa popularité : du football à la plongée sous-marine, du théâtre aux fanfares, du service club aux marches folkloriques, il fut partout. Architecte
d’intérieur de formation, il a travaillé notamment dans des bureaux d’études et de recherche en développement, avant de se tourner vers la politique.
A la tête d’une commune où les anciennes industries ont fermé depuis longtemps et où le seul gros employeur est la Défense Nationale, il rêve
de technologies nouvelles et de petites entreprises innovantes à insérer discrètement dans le tissu urbain florennois.
Opladis : Monsieur le Bourgmestre, Florennes, pour la majorité des Belges, cela évoque, avant
tout, la base aérienne militaire. C’est votre premier employeur, paraît-il…
La base militaire de Florennes est le plus gros employeur
de l’Entre-Sambre-et-Meuse, employant grosso modo 1.500 personnes, base aérienne et TLP ensemble, le TLP étant le Tactical
Leadership Programme (pouvant accueillir 450 personnes pour cette seule activité).
Et il est vrai que depuis de nombreuses années, depuis l’après-guerre, on associe Florennes à sa base aérienne. Une vieille histoire déjà : Florennes et
sa base ont vécu un demi-siècle en parallèle. On essaye de préserver de bons contacts, de bons échanges entre la base et la ville de Florennes. C’est très
constructif en général. On essaye de profiter aussi de cette image « haute technologie » symbolisée par les F-16 présents sur la base de Florennes, de rebondir économiquement sur cette situation
et essayer un peu de calquer cette image technologique sur la ville de Florennes.
Opladis : Evidemment, Florennes, ce n’est pas qu’une ville de garnison pour pilotes de F-16. Présentez-nous un petit peu votre commune.
Non, ce n’est pas que… ce ne sont pas que des pilotes à Florennes, loin de là. Nous avions connu jusqu’aux années quarante un développement économique
relativement important sur Florennes : c’était la ville où l’on traitait les matières premières extraites dans la région, où l’on conférait
une plus-value à ces produits d’extraction, que ce soit la pierre ou la terre plastique, voire, à une époque, les minéraux ferreux. Malheureusement, après la guerre,
les propriétaires n’ont pas réinvesti et cette économie s’est liquéfiée dans les décennies suivantes, si bien qu’il ne nous reste plus maintenant
que quelques vestiges de cette période luxuriante qu’a connue Florennes dans la première moitié du vingtième siècle.
Opladis : Et quelles sont donc les activités économiques qui emploient les Florennois, hormis la base dont nous avons déjà parlé ?
Sur place, peu de choses ! Le Florennois se déplace vers le Nord et va chercher de l’emploi sur les régions qui sont encore exploitables à ce niveau pour le moment, c’est-à-dire
les environs de Charleroi, voire plus loin, sur l’axe Charleroi-Bruxelles et jusque Bruxelles. Je connais certaines personnes qui quittent Florennes à six heures du matin pour être
sûr d’être arrivé au bureau à Bruxelles avant huit heures.
Florennes est actuellement une ville où l’on rencontre pas mal d’indépendants, petits commerçants et artisans. Malheureusement, ils ne peuvent pas se développer
de manière industrielle ou semi-industrielle sur place. Florennes n’est pas autorisée à développer un zoning industriel, dans la mesure où nous sommes limitrophe
avec les communes de Mettet et de Walcourt, qui disposent chacune de ce genre d’infrastructures, lesquelles n’affichent pas complet. La Région wallonne ne nous autorise donc pas à en
ouvrir un sur Florennes. C’est pourquoi, comme je vous l’exposais en introduction, en travaillant notre image technologique au départ de la présence de la base aérienne,
nous essayons d’attirer de petites entreprises à hautes teneurs technologiques, mais dont la petite taille permet l’insertion dans le tissu urbain existant. Et pour y arriver, nous
nous dotons d’outils performants, par exemple au niveau de la formation en informatique de nos concitoyens. On vient par exemples d’inaugurer ce qu’on a baptisé « ETIC 5620 ».
C’est une école de formation axée vers le domaine du matériel informatique « Cisco », de très haut niveau, qui permet à qui que ce soit, jeunes ou
moins jeunes, gens diplômés ou non, d’avoir accès à une formation informatique et de communication de très haut niveau. Elle donne accès à un diplôme
reconnu planétairement. En six mois, il est possible d’être au top niveau en matière informatique, en matière d’équipement de réseau, de gestion de
réseaux. Et cela correspond à l’image qu’on tente de se donner.
Opladis : Parlons à présent des seniors de Florennes. Quel est le pourcentage de votre population qui a plus de soixante ans ?
18 % de notre population a plus de soixante-cinq ans. Donc pour une population
totale de 10.750 habitants, on est dans les moyennes… dans les moyennes provinciales et nationales qui sont grosso
modo de 17 %. Donc, on est une ville normale, dirions-nous, en cette matière.
Opladis : Et quelle est votre politique en direction de ces seniors, hormis les traditionnelles excursions annuelles ou autres goûters récréatifs?
A Florennes, c’est un peu la philosophie générale du collège communal vis-à-vis de toutes les associations, y compris les associations de seniors : les soutenir logistiquement
en leur offrant tous les moyens nécessaires, de la mise à disposition de locaux aux divers petits avantages que l’on peut donner à ce genre d’associations. Ils savent
très bien que la porte est régulièrement ouverte pour l’organisation de quoi que ce soit, de quelque manifestation que ce soit, de mise en place d’espaces spécifiques,
jeux de pétanque, espaces de repos… On est au maximum à leur écoute. On fait le maximum pour qu’ils puissent se sentir bien, pour continuer à se sentir bien chez
nous.
Opladis : Vous avez évidemment un profil de commune rurale. Florennes, c’est le résultat des fusions de communes de 1977 : vous avez une série de dix villages associés au
Florennes originel. Cela suppose une politique spécifique vis-à-vis des seniors, au niveau du CPAS, je présume.
Oui, et donc c’est le profil typique des communes de notre région où les gens sont très ancrés à leur propriété, à leurs biens, à leur
maison. Nos seniors sont des gens qui n’aiment pas trop se déplacer. Donc, dans les villages, on les sent très bien accrochés à leurs pierres, à leur maison, à leurs
voisins, à leur monde,… à leur monde rural. J’en fais partie. J’en suis un. Je suis habitant d’un des plus petits villages de l’entité, Thy-Le-Bauduin
qui compte seulement un peu plus de trois cents habitants. Je connais très peu de seniors désirant « monter » sur Florennes, venir habiter sur Florennes pour avoir soi-disant
plus de facilités, d’accessibilité aux infrastructures, etc. Donc ils sont chez eux, ils s’y plaisent et nous faisons tout pour qu’ils s’y sentent bien.
Opladis : Et le CPAS va vers ces seniors moins valides, je présume
?
Le CPAS est là aussi pour les soutenir dans la mesure de ses possibilités. On a bien entendu, à Florennes, une maison de repos, dont on envisage aussi l’agrandissement très
prochainement pour augmenter sa capacité d’une trentaine de lits. Tous ces travaux, bien sûr, ont demandé pas mal d’investissements et de temps. Avec la disparition récente
d’un home privé sur Florennes, l’autorité publique se devait de suppléer à cette disparition. Et c’est la seule possibilité à Florennes actuellement,
c’est d’agrandir ce home géré par le CPAS. Il existe également une maison de repos à Hanzinne qui vient d’ailleurs de fêter dernièrement le centenaire
d’un de ses pensionnaires.
Opladis : Maintenant, à destination des seniors qui visitent notre site et qui voudraient, lors d’une escapade, lorsque les beaux jours seront revenus, faire un tour à Florennes, que
leur conseillez-vous de voir ? Que leur conseillez-vous de goûter ?
Florennes peut accueillir agréablement les touristes, notamment par le biais de gîtes à la ferme et de gîtes ruraux. Une visite de notre site communal wwww.communedeflorennes.be
vous ouvrira les portes des différentes possibilités mises à votre disposition en fonction du calendrier. On est peu équipé en musées, hormis, forcément,
le musée de la base aérienne, bien achalandé avec une belle palette d’avions de la seconde guerre à nos jours, ainsi que tous les documents et souvenirs nécessaires à retracer
l’histoire de la base, depuis sa mise en place dans l’immédiat après-guerre jusqu’à nos jours.
Quant aux produits artisanaux locaux, il faut signaler le foie gras de canard produit à Hemptinne, ainsi que des producteurs locaux de fromages, à Hanzinnes, de fromages de chèvre, à Hemptinne également.
Et surtout, Florennes a deux bières : la Bergeotte et la Houlette. Deux délices ! On a aussi quelques petits artisans locaux : des potiers, des gens qui ont un peu gardé le métier
qu’on pratiquait anciennement ici sur Florennes. On a un artisan producteur de céramique. Tous ces gens-là sont ouverts à tout type de visite et sont toujours ravis d’accueillir
les seniors quand ils sont en déplacement.
Opladis : Eh bien, donc rendez-vous est pris. Florennes, sa base aérienne et son musée, mais également ses deux bières et autres spécialités. Et sa marche folklorique
de Saints Pierre et Paul, dans la tradition des ma rches d’Entre-Sambre-et-Meuse. Voilà une idée d’excursion pour ce printemps.
Et vous êtes les bienvenus !.
Opladis : Je vous remercie Monsieur le Bourgmestre. Bon travail !
Une
interview réalisée le 21 janvier 2004 par Memogrames
sprl, pour compte de Opladis.