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  FLOREFFE
> La commune de FLOREFFE

MonsieurAndré BODSON

Monsieur André BODSON
 
 
 



André BODSON est né en mai 1947. Marié et père de deux enfants, il exerce la fonction de receveur régional pour la Commune et le CPAS de La Bruyère. Fils d’un échevin sortant, il est candidat pour la première fois en 1982 sur la liste sociale-chrétienne et est nommé bourgmestre à 35 ans. Il conserve l’écharpe mayorale pendant 12 ans avant de rejoindre les bancs de l’opposition. En 2000, il emmène avec succès la liste CLARTE rassemblant des personnalités sans étiquette, des socialistes, des libéraux et des CDH. Municipaliste avant tout, il n’est plus affilié à aucun parti depuis quinze ans. Passionné de livres et de voyages, il est particulièrement sensible au développement culturel, touristique et patrimonial de Floreffe.

Monsieur André BODSONOpladis : Monsieur le Bourgmestre, quand on dit « Floreffe », pour la majorité des Belges, c’est d’abord une abbaye et sa bière. Mais, Floreffe, c’est avant tout une petite ville sympathique de 7.300 habitants, en bordure de Sambre…
Oui, tout à fait. Il est bien vrai que Floreffe est connu à l’extérieur essentiellement et à juste titre pour son abbaye de l’Ordre des Prémontrés, une abbaye qui est un patrimoine majeur, un patrimoine exceptionnel de Wallonie. Mais Floreffe est bien plus que simplement l’abbaye.

Entité de 7.300 habitants, elle regroupe, depuis 1977, quatre anciennes communes, à savoir Floreffe, Franière, Floriffoux, et Soye. La Sambre constitue naturellement le lien entre ces quatre communes puisque l’agglomération s’étend sur ses deux rives. Nous sommes à proximité immédiate de Namur, sur l’axe Namur-Charleroi. C’est à la fois la fin de l’Entre-Sambre-et-Meuse et le début de la région que l’on appelle la Basse-Sambre. D’un point de vue économique et industriel, avec tout le passé que l’on connaît.

L’actuelle entité de Floreffe est une commune semi rurale. C’est seulement l’ancienne commune de Floreffe, son centre essentiellement, qui est davantage urbanisé, avec en autre une concentration de commerces. S’y ajoute une tradition industrielle déjà ancienne avec les glaceries Saint-Gobain et ultérieurement les glaceries Saint-Roch à Franière. Souvenons-nous que c’est à Floreffe qu’a été installée la toute première verrerie vers 1840.

Floreffe








Actuellement, la zone industrielle de Floreffe est relativement importante, son fleuron étant la société Materne, dans l’agro-alimentaire, donc les confitures sont bien connues à travers tout le pays. Toute une série d’autres entreprises sont également implantées chez nous. Je pense par exemple aux Etablissements Remacle spécialisés dans les produits en béton ou encore la société Bajart, une entreprise de restauration de bâtiments, de bâtiments classés notamment.

Opladis : Donc, le Floreffois n’est pas condamné d’emblée au statut de navetteur ?
Pas obligatoirement, mais les navetteurs sont nombreux cependant. Materne occupe environ 450 personnes, mais qui ne sont pas nécessairement des Floreffois, bien entendu. Lorsque cette entreprise s’installe chez nous, suite à la création des zones industrielles, fin des années soixante-début des années septante, elle quitte Jambes et arrive avec son personnel. Ce n’est que progressivement que certains de ses employés s’installent à Floreffe ou que la société recrute davantage localement. Même phénomène pour Remacle, antérieurement installé à Bouvignes, près de Dinant.

Opladis : Vous disposez aussi d’un cadre naturel magnifique, propice à un développement touristique.
Effectivement, notre commune possède aussi beaucoup d’atouts d’un point de vue touristique. Elle présente beaucoup d’intérêt au niveau paysager et environnemental. On a quitté les grandes plaines de Hesbaye au profit de la vallée de la Sambre, au relief escarpé et vallonné.
D’évidence, pour moi, le principal atout de Floreffe, c’est d’être à proximité immédiate de Namur, mais tout en étant à la campagne. Cela veut dire qualité de vie, calme, quiétude de la campagne, mais avec la proximité de la ville, avec la proximité des autoroutes et des voies rapides. Non seulement le train et des bus desservent Floreffe, mais l’autoroute est à 10 minutes. Le noeud routier de Daussoulx est à un quart d’heure d’ici, la nationale Namur-Charleroi passe à proximité. Ces nombreuses facilités de liaison constituent quand même un atout important pour nous, favorables au développement de l’entité : depuis les fusions de communes en 1977, Floreffe a gagné environ 2.000 habitants. Nous étions 5.500 habitants à l’époque, nous sommes maintenant à plus de 7.300, soit un gain de 100 à 150 habitants annuellement. La commune reste attractive pour beaucoup.

Opladis : Le fait que Namur s’est développé aussi, est devenue capitale régionale n’y est pas étranger, je présume ?
Absolument, avec toutefois une conséquence désagréable, à savoir l’inflation des prix de l’immobilier. On a vu les prix flamber voici quelque temps déjà dans la région de Gembloux, sur la ligne Bruxelles-Namur. Et ces prix en hausse, ces augmentations sensibles de prix dans l’immobilier commencent vraiment à se marquer aussi chez nous depuis maintenant deux, trois ans. Et cela c’est un problème aussi. Je pense notamment aux jeunes couples, aux jeunes ménages qui veulent s’installer. Cela pose problème, réellement.

Opladis : Le risque aussi d’une urbanisation à outrance et donc d’une altération du caractère rural qui fait tout le charme de Floreffe et de ses villages.
Le collège échevinal s’emploie à conserver cet aspect rural à notre commune. Le centre de Floreffe est peut-être plus urbain, mais c’est sûr que des villages comme Soye, comme Floriffoux, comme Buzet, Sovimont restent encore vraiment la campagne. Je crois effectivement que cet aspect attirent pas mal de jeunes notamment. Il nous faut le préserver !

Opladis : Un peu plus de 7.300 habitants à Floreffe, disiez-vous. Quelle est la proportion de seniors de plus de 60 ans au sein de cette population ?
Nous sommes légèrement en dessous de la moyenne régionale : 18% environ de seniors, tandis que les moins de 25 ans sont au dessus de la moyenne wallonne. Cela n’empêche pas que nous essayons de développer au maximum une politique qui prenne en compte les intérêts et les préoccupations propres aux seniors. Notre Conseil Consultatif de l’Action Sociale a créé en son sein, une sorte de groupe de travail, chargé d’étudier des problèmes particulièrement liés à ce qu’on appelle le troisième âge.

Opladis : J’imagine que, vu le caractère rural de votre commune, vous êtes confronté à la difficulté de l’éparpillement de ces seniors sur l’ensemble du territoire communal. Difficile de leur proposer de prendre des repas dans un centre communautaire par exemple, comme cela se pratique dans les moyennes et grandes villes ?
Oui, c’est vrai. Le territoire communal s’étend sur 4.000 hectares, ce qui n’est finalement pas très grand, et l’habitat est relativement bien groupé. Nous disposons de la ligne de chemin de fer Namur-Charleroi et de plusieurs lignes de bus du TEC. Toutefois, nous avons le problème effectivement de certains endroits à l’écart, totalement isolés et mal desservis par les transports publics. Cela nous pose problème. Et c’est ainsi que, depuis le début de cette législature, la commune organise un service navette par autocar tous les jeudis matin…

Opladis : Le jeudi matin, jour de marché hebdomadaire à Floreffe ?
Voilà, vous avez deviné ! Une navette pour amener les personnes au marché. Il y a donc trois circuits d’autocars qui sillonnent l’ensemble de la commune. C’est un service gratuit qui rencontre beaucoup de succès, parce que cela permet aux personnes âgées – mais aux autres aussi, même si les principaux utilisateurs sont effectivement les personnes âgées – de se rendre dans le centre de Floreffe, non seulement au marché hebdomadaire du jeudi matin, à la poste, à la banque, dans divers commerces ou chez le médecin.

Je souhaiterais, pour ma part, que l’on puisse à l’avenir développer ce service, en organisant peut-être un transport hebdomadaire, aussi en autocar, vers Namur par exemple. Bien que la capitale de la Wallonie ne soit qu’à dix kilomètres, beaucoup de personnes âgées hésitent à s’y rendre en raison des difficultés de déplacement et de parking inhérentes aux grandes villes. Une navette hebdomadaire vers Namur serait donc une alternative intéressante pour nos seniors.

Opladis : Et les grands seniors – les plus de 80 ans qui, pour un grand nombre, ne peuvent plus rester chez eux – de quelle offre disposent-ils à Floreffe en matière de maisons de retraite ?
Floreffe dispose actuellement de trois maisons de retraite. Deux dans le centre de Floreffe, une troisième à Franière. Deux de ces établissements sont en voie d’extension. Ce n’est peut-être pourtant pas suffisant, mais à ma connaissance, il n’y a pas d’autres projets actuellement.

Opladis : Un conseil aux lecteurs de Websenior que votre interview pourrait inspirer au niveau d’une ballade touristique : quel est le bon moment pour visiter Floreffe, que faut-il impérativement y voir et que faut-il y goûter ?
Nous parlions de l’Abbaye en début d’interview. L’abbaye de Floreffe, c’est aussi son moulin-brasserie dont les produits sont bien connus : la bière de l’abbaye, le fromage, ainsi que le pain artisanal. A déguster toute l’année.
Pour le tourisme, c’est essentiellement à partir d’avril et jusque fin octobre. Nos sentiers de promenade, souvent des sentiers forestiers, sont remarquables et de nombreuses marches sont organisées sur notre territoire.
Pour les plus sportifs, il existe aussi des circuits VTT, tandis que deux sentiers de grande randonnée traversent Floreffe.

Opladis : Et si l’on souhaite plus que du tourisme d’un jour, le logement est-il possible ?
C’est une lacune que nous connaissons malheureusement à l’heure actuelle et que nous essayons de pallier. Nous ne disposons actuellement que de deux chambres d’hôtes et d’aucun hôtel. Avec l’Office du Tourisme de Floreffe, asbl créée l’année dernière, nous nous efforçons de favoriser l’élargissement de l’offre, pour pouvoir précisément répondre à cette demande effective de séjours touristiques.

Opladis : Il existe aussi de grands rendez-vous dans le calendrier culturel de Floreffe…
Effectivement, Floreffe vit surtout autour de quelques grands événements. Je pense à la brocante de la Pentecôte qui attire de quinze à vingt mille personnes, ainsi qu’à d’autres événements culturels d’une certaine envergure, organisés dans le cadre de l’abbaye. C’est le cas, par exemple, du festival Esperanzah ! organisé en août : ce festival de musiques du monde draine dix à quinze mille personnes. Mentionnons aussi ArtisanArt, qui réunit une bonne centaine d’artisans d’art et en sera à sa deuxième édition en 2004. Cet événement, organisé notamment par Jacques Bredael, avait attiré 12.000 visiteurs l’année dernière.

Au-delà de ces événements qui attirent ponctuellement la foule, notre objectif à présent est de favoriser la découverte de Floreffe et de ses environs par le biais de séjours prolongés. La route des Abbayes est un de nos atouts touristiques, par exemple.

Opladis : Effectivement, en plus de l’Abbaye des Prémontrés de Floreffe, Maredsous n’est pas loin…
En effet, nous sommes à brève distance de Maredsous, mais aussi de l’abbaye de Brogne, à Saint-Gérard, de l’ancienne abbaye de Malonne ou encore de l’abbaye de Gembloux. Plus de nombreuses autres richesses locales qui mériteraient d’être beaucoup mieux connues, car on pense évidemment abbaye en évoquant Floreffe, mais il y a pas mal d’autres patrimoines, des plus petits patrimoines mais qui ne manquent pas d’intérêt, que ce soit des châteaux, d’anciennes chapelles classées, etc. Nous essayons aussi de développer cet aspect, cet attrait touristique de Floreffe.

C’est ainsi que l’Office du Tourisme, qui a fait l’objet d’une reconnaissance par le Commissariat Général au Tourisme, est en pleine expansion pour le moment et a du pain sur la planche puisqu’il y a beaucoup de choses à faire pour mieux faire connaître Floreffe encore que ce n’est le cas actuellement.

Opladis : Je vous remercie Monsieur le Bourgmestre. Donc, à un quart d’heure de Namur, une demi-heure de Charleroi, une heure de Bruxelles, Floreffe, un décor champêtre en bord de Sambre où l’on peut venir passer une bonne journée, à l’occasion d’une brocante ou d’un festival ou tout simplement pour s’y promener… Rendez-vous est pris. Merci Monsieur le Bourgmestre.

Merci également.

 Une interview réalisée le 17 février 2004 par Memogrames sprl, pour compte de Opladis.

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