Jenny LEVEQUE-GERARD est née à Tilff le 19
septembre 1930 et est entrée en politique presque par
hasard. Sollicitée pour figurer sur la liste PS pour
les élections communales d'octobre 1976 à une
place non-éligible, elle obtint un nombre de voix de
préférence suffisant pour être élue
Conseillère communale pour la législature qui
commençait par la fusion des communes d'Esneux et de
Tilff, en janvier 1977.
En 1989, elle accède à une charge scabinale
qu'elle conservera jusqu'en 1995. Elle devient alors Bourgmestre
jusqu'en 1998, poste qu'elle quitte en fonction d'un accord
de majorité pour redevenir Echevine jusqu'en 2000.
Madame LEVEQUE reprendra sa charge de Bourgmestre le 1er janvier
2001.
En supplément des devoirs normalement assignés
à cette charge, elle s'est efforcée d'axer son
action politique personnelle sur la défense du caractère
semi-rural de la Commune d'Esneux, sur la petite enfance,
le troisième âge, la santé publique et
la famille.
Elle traduit ces diverses préoccupations en assumant
la présidence et l'organisation du Comité des
Oeuvres Sociales d'Esneux-Tilff (COSET) et au travers d'un
mandat d'administrateur au CHU de Liège (Sart-Tilman).
Les bénéfices d'un bal annuel sont versés
à cet hôpital au profit de la recherche contre
le cancer.
Opladis :
Madame la Bourgmestre, Esneux est une charmante commune vallonnée
dans la vallée de l’Ourthe-Amblève, au
sud de Liège, à quelques minutes du centre de
la Cité ardente via l’autoroute. Et pourtant,
on est loin de l’agitation de la grande ville.
Tout à fait ! Nous avons une commune où il fait bon vivre, qui
a vraiment beaucoup de charme. C’est même une vitrine à l’entrée
de la vallée de l’Ourthe-Amblève et nous vivons essentiellement
du tourisme et de l’Horeca.
Opladis : Une commune bicéphale, puisque,
suite aux fusions forcées de 1977, c’est
le mariage de Tilff et d’Esneux. Ce n’est
pas une myriade de petits villages qui ont été fusionnés
dans votre cas.
Absolument pas. Les deux communes étaient presque identiques. Il y avait
une différence de 1.000 à 1.200 habitants. Aujourd’hui, nous
constituons une entité de 13.169 personnes.
Opladis :
Un peu plus de 13.000 habitants, parmi lesquels une
forte proportion de seniors, me suis-je laissé dire… Et
pour le reste, plutôt une population dans la
quarantaine. Les jeunes ne surfent pas sur votre
pyramide des âges, semble-t-il !
Non, la majorité de la population d’Esneux n’est pas très
jeune.
Opladis : Et à quoi est dû ce
phénomène ? On aurait plutôt
envie de vivre à Esneux. C’est plutôt
calme, loin de l’agitation de la ville toute
proche.
J’ose croire en premier lieu qu’on vit vieux à Esneux, parce
qu’on s’y trouve bien ! Les personnes âgées ne quittent
pas leurs habitations et construire dans un lotissement, vu la proximité de
l’université, c’est cher à Esneux. Je pense que c’est
ce qui repousse certains jeunes à s’installer chez nous.
Opladis :
Donc, un frein dû au coût de l’immobilier,
voire à une spéculation immobilière.
Exact. Même les loyers sont élevés. Celui qui possède
un immeuble peut se permettre de louer assez cher dans la commune.
Opladis : Donc, une population plus âgée,
dont beaucoup de seniors, dont un certain nombre
hébergés en maisons de retraite. Vous
comptez six établissements et un septième
en construction. Une situation qui vous incline à développer
une politique spécifique à ces aînés.
La commune proprement dite n’organise pas de voyages ou d’animations
pour le 3e âge. Ce sont des groupements qui organisent, en divers endroits
de la commune, des manifestations pour les seniors.
Opladis :
On m’a parlé d’œuvres sociales
dont vous présidez les destinées… et
qui seraient très actives.
Cette association a 21 ans d’existence. Chaque mois, nous organisons
un thé dansant avec des musiciens bénévoles. Ce sont des
prix démocratiques qui sont pratiqués et les petits bénéfices
dégagés servent à gâter tous les participants.
Cette activité est accessible à tous moyennant 1,5 € de
droit d’entrée, il n’est pas question de carte de membre
et l’on y vient aussi bien de Verviers, de Liège ou des environs
d’Esneux.
Opladis : Et l’on s’y amuse
beaucoup, paraît-il, notamment en mars !
En effet, en mars, c’est le carnaval à Tilff, un carnaval connu,
repris au calendrier du folklore régional. Nous obtenons que les seniors
se costument. Il y a une ambiance carnavalesque remarquable. Le Prince Carnaval
participe au goûter et c’est une belle fête, évidemment.
Et chaque costumé reçoit une bouteille de vin en remerciement
de sa participation.
Opladis :
Pour les seniors qui ne sont pas de la région,
mais qui voudraient venir faire un petit tour à Esneux,
que faut-il voir ?
Il y a le musée de l’abeille, à Tilff, dans le complexe
du château : c’est une vraie curiosité. Nous avons aussi
les fêtes du quinze août, avec notamment une grande brocante.
A Esneux, est organisée la fête de l’arbre, bien connue.
Et tous les vendredis, un magnifique marché attirer beaucoup de monde,
dont notamment pas mal de seniors.
Opladis : On m’a parlé aussi
de délicieuses fricassées à déguster
au cœur de la forêt : est-ce bien vrai
?
On vous a parlé du boubou, un site effectivement fort fréquenté,
en plein bois, où l’on peut déguster des fricassées,
des crêpes et autres spécialités artisanales. Mais l’endroit
est éloigné et on n’y accède qu’en voiture.
Opladis : Je vous remercie, Madame la Bourgmestre.
Rendez-vous est pris pour une balade au bord de l’Ourthe,
une visite au musée de l’abeille ou
une fricassée dans les sous-bois de votre
belle commune !
Une
interview réalisée le 21 avril 2004 par Memogrames
sprl, pour compte de Opladis.