Né en 1959 à Ixelles, Serge Van Overtveldt,
courtier d’assurance et agent immobilier de formation,
habite Waterloo depuis plus d’un quart de siècle
et est impliqué dans la vie politique locale depuis
1988, quand il devint échevin des fiances, du commerce
et des classes moyennes. Premier échevin, ainsi que
conseiller provincial depuis 1994, il accède au mayorat
en 1999, lorsque Serge Kubla devient ministre wallon. Le
départ de Charles Michel pour le même gouvernement
wallon, en octobre 2000, propulse le mayeur de Waterloo au
Parlement fédéral, l’amenant par ailleurs à renoncer à son
mandat de conseiller provincial. Et pour le soutenir dans
son action, le bourgmestre de Waterloo et député fédéral
peut notamment compter sur un quatuor féminin : son épouse
et ses trois filles !. Opladis
: Monsieur le Bourgmestre, Waterloo, ce n’est pas simplement
la morne plaine de Victor Hugo ?
Ah non, certainement pas. Waterloo est connu dans le monde entier pour son passé historique,
mais je peux dire que, depuis un grand nombre d’années, Waterloo
vit surtout d’une manière active et se révèle une
commune extrêmement dynamique. J’en veux pour preuve les différentes
activités, au niveau commercial, au niveau des immeubles de bureau, mais
aussi du cadre de vie qu’on souhaite donner aux quelque 29.000 habitants
de notre commune. Donc c’est vraiment loin d’être une ville
ou une commune tout à fait calme, léthargique, endormie sur son
passé.
Soulignons notamment qu’on a beaucoup d’écoles dans notre
commune : c’est un chiffre que je cite toujours avec beaucoup de plaisir
: tous les matins, 7.000 enfants et adolescents fréquentent les différentes écoles
de notre commune.
Waterloo est aussi une commune reconnue au niveau culturel, avec le cercle artistique
et aussi les deux académies. On a deux académies de musique, ici,
que fréquentent hebdomadairement plus de 1.000 enfants.
Enfin, Waterloo est fleurissant sur le plan commercial. Une phrase que j’entends
avec beaucoup de plaisir dans la bouche de beaucoup de gens : « Nous n’allons
plus jamais à Bruxelles. Il y a tout à Waterloo ! » Il n’y
a pas un commerce qui n’est pas représenté. Nous avons doté Waterloo
d’une infrastructure importante au niveau des parkings, des parkings tout
simplement gratuits dans l’entièreté de la commune de Waterloo,
ce qui est quand même rarissime.
Opladis : Vous êtes bien évidemment une des communes les plus riches
du pays, avec effectivement un revenu moyen par habitant parmi les plus élevés.
Tout à fait, selon une étude parue dans la Dernière Heure,
nous sommes aux alentours de la dixième commune pour le revenu par habitant
le plus élevé du pays. On a aussi une particularité :
sur 29.000 habitants, 4.500 personnes sont de nationalité étrangère – avec
environ 110 nationalités différentes. Vous comprendrez tout de
suite que les ressortissants de pays tiers résidant dans notre commune
ne sont pas les mêmes que ceux que vous retrouverez dans la région
de Bruxelles-Capitale: diplomates, cadres de multinationales ou fonctionnaires
européens, ils participent aussi amplement à relever ce revenu
moyen par habitant dont nous parlons. Cette situation favorable nous autorisent à une
opération importante au niveau du budget 2004 : nous avons diminué le
montant de la fiscalité, au niveau de l’impôt des personnes
physiques. Il était à 6%, il est maintenant à 5,7 %, ce
qui fait de Waterloo la quatrième commune la moins taxée sur
les 262 communes en région wallonne. Il en va de même au niveau
du précompte immobilier. Nous avons un taux additionnel de 6 %, ce qui
nous place à nouveau dans le top des communes les moins taxées
de toute la région wallonne.
Opladis : Tout cela est possible parce que les revenus de l’essentiel de
vos concitoyens sont élevés et que donc, même à 5,7
% au lieu de 6, la commune a de belles rentrées…
Pas seulement, loin de là! Je dis que, si l’on n’a pas un
budget sain, si on n’a pas des finances qui sont saines, il est impossible
d’avoir des politiques précises dans tous les secteurs qu’on
connaît à Waterloo, que ce soit au niveau de la sécurité,
au niveau du social ou encore au niveau du sport, de la culture, de la petite
enfance… C’est une chose sur laquelle je me suis battu depuis mon
premier mandat déjà, en 1988. Avoir des finances saines, cela
permet d’avoir une politique saine au profit des habitants de sa commune.
Opladis : Bien évidemment, tous les habitants de Waterloo ne sont pas des
cadres supérieurs ou des fonctionnaires européens. Même
si le revenu moyen est parmi les plus élevés, il existe aussi à Waterloo,
des gens moins nantis, qui peuvent être en difficulté sociale.
Quelle est alors votre politique à leur égard, notamment au niveau
de votre CPAS ?
Elle est très simple et incombe effectivement au CPAS. Waterloo a 29.000
habitants. Il y a effectivement un nombre de personnes en difficulté financière,
que ce soit suite à la perte d’un emploi, suite à une faillite
d’un indépendant ou pour une multitude d’autres difficultés
au plan social. Toute personne dans sa vie peut avoir à un moment une
difficulté. C’est un devoir de la part d’une commune d’être
aux côtés de ces personnes-là pour les aider à remonter
et à repartir. C’est une mission que nous avons et nous déployons
des efforts beaucoup plus importants que d’autres communes pour essayer
de les réinsérer, pour essayer de donner cette seconde chance.
Je vais simplement vous donner un chiffre relatif à notre CPAS. L’intervention
communale est de 27 % supérieure à la moyenne établie
en région wallonne. Même si l’on est à Waterloo,
certaines personnes sont en difficulté et on ne les laisse certainement
pas tomber !
Opladis : Au niveau de la population des Seniors de Waterloo, j’imagine que
la demande en direction de l’autorité communale est moindre qu’ailleurs,
attendu que les gens ont des revenus plus élevés en moyenne,
mais aussi que le panel d’offres culturelles existe déjà sans
grand effort de la part des autorités.
Il y a un panel culturel important dans notre commune, mais au niveau de nos
quelque quatre mille seniors, c’est-à-dire des personnes qui ont
60 ans et plus, ma volonté est très claire.
Préalablement, quand vous étiez un 3 x 20, voici encore quelques
dizaines années, on vous occupait en jouant aux cartes, en ayant des
activités très simples. J’ai remarqué la volonté d’un
grand nombre de seniors de Waterloo d’avoir des activités différentes,
des activités ludiques et intéressantes.
C’est pourquoi on propose un programme, au niveau des seniors, en pleine évolution
ces dernières années. Ce programme comprend notamment, chaque
mois, une pièce de théâtre accessible gratuitement à nos
seniors et présentée dans la salle Jules Bastin, au sein de la
Maison communale, mais aussi une conférence mensuelle par des professeurs
d’université, alternativement de l’UCL et de l’ULB,
avec des thèmes très spécifiques. Ajoutez à cela
un voyage annuel : en 2004, nos seniors découvriront les barrages d’Eau
d’Heure et le château de Chimay. Ou encore un spectacle dans le
cadre des festivités de fin d’année. On a accueilli Olivier
Laurent en décembre 2003, avec un spectacle extraordinaire dans le cadre
des 25 ans du décès de Jacques Brel. Enfin, constatant une forte
demande, nous avons voulu aider nos seniors à aborder les nouvelles
technologies en organisant des cours d’initiation à l’utilisation
d’Internet : 600 personnes ont participé à ces formations
et nous allons démarrer un nouveau programme.
Une telle initiative est nécessaire pour une raison très simple
: demain toutes les communications, toutes les informations que les seniors
vont avoir, au niveau commercial ou culturel, ou même pour établir à bon
compte un contact régulier avec leurs petits-enfants qui feront des études
universitaires à l’étranger, tout cela transitera par Internet.
Et j’ai été vraiment étonné de voir avec
quel enthousiasme les seniors participaient à ces activités.
Dans un premier temps, nous avions voulu essayer la formule de cours intergénérationnels,
associant les petits-enfants et les seniors. Nous avons tout de suite constaté qu’il
y avait un problème, très simple. C’est que les seniors,
quand ils ouvraient l’ordinateur et qu’on leur disait « Prenez
la souris ! », ils répondaient : « Mais qu’est-ce
que c’est que cette souris, enfin, professeur? », alors que, dans
le même temps, les jeunes jouaient avec cela sans le moindre problème.
Donc, j’ai compris tout de suite que les seniors souhaitaient être
au même niveau que leurs petits-enfants, mais que la progression serait
plus plus lente. Et un grand nombre de seniors participent à ces cours
et en redemandent.
Une autre chose aussi au niveau des seniors : on constate qu’un grand
nombre de personnes ont obtenu leur permis de conduire sans être soumis à des épreuves,
comme c’est le cas dorénavant. Préalablement, il suffisait
d’effectuer une déclaration à la Maison communale et vous
repartiez avec votre permis de conduire. Donc, il y a des cours qui seront
donnés dans la commune pour tous les seniors, afin tout simplement de
leur exposer les dernières évolutions du code de la rue, comme
cela vient de sortir depuis le premier janvier 2004.
Opladis : Une mise à niveau qui devrait faire plaisir aux assureurs…
Aussi, effectivement. Maintenant on a la même démarche au niveau
des jeunes entre 18 et 23 ans. On leur propose une journée de conduite
défensive. Le premier cours, c’est lundi prochain. Il y aura une
centaine de jeunes entre 18 et 23 ans qui suivront ces cours : une journée
de conduite défensive, dans le Centre situé à Nivelles.
Pendant une journée, ils ont une partie théorique et une autre
partie pratique qui leur permet d’appréhender les difficultés
de la route de tous les jours. Et au terme de cette journée de formation,
on a négocié avec les compagnies d’assurance pour que ces
jeunes aient la possibilité d’avoir une diminution du taux de
la prime d’assurance. Tous les parents ont connu cela, la difficulté aujourd’hui
d’avoir une prime, une prime raisonnable.
Mais, pour en revenir aux seniors, on leur offre une multitude d’activités,… je
peux encore vous dire qu’il y a des dizaines et des dizaines de clubs
de seniors au niveau sportif, au niveau culturel, où ils font des voyages.
Ils ont ainsi la possibilité d’actions dynamiques et surtout intéressantes
: plus comme, il y a des dizaines d’années, de simples moments
où l’on passe le temps.
Opladis : Et en direction des grands seniors, des gens qui ont 80-90 ans, quelle
est votre politique ?
C’est une très bonne question parce qu’être senior à 60
ans, c’est être jeune. Ce sont de jeunes seniors. S’ils ont
la chance d’avoir une bonne santé, ils peuvent aller jusqu’à 75
ans sans le moindre problème. Donc, concernant les seniors plus âgés,
on voit qu’ils viennent beaucoup plus au niveau des activités,
au niveau des activités qui se passent dans la commune de manière
fréquente.
On a mis aussi sur pied, depuis le premier janvier 2003, un service de transport
: il y a trois véhicules qui fonctionnent dans la commune pour un prix
vraiment dérisoire. Les gens peuvent être accompagnés pour
aller chez le médecin ou dans l’une ou l’autre clinique,
ou bien simplement, faire des courses dans la commune, accompagnés d’une
personne. C’est un service qui fonctionne très bien et qui répond
largement à une demande des seniors âgés n’ayant
plus la possibilité de disposer de leur propre moyen de locomotion,
pour lesquels prendre un taxi est quand même assez coûteux et qui
ne disposent pas de l’encadrement d’une personne susceptible de
les accompagner lors de ces événements. Donc pour ces seniors,
des activités un peu plus spécifiques et un encadrement au niveau
de la mobilité..
Opladis : Et une initiative publique en matière de home ? Je pense que le CPAS et la maison de retraite fonctionnent bien dans notre
commune, avec un budget important, de l’ordre de 12,5 ou 13 % de notre
budget global. La demande pour séjourner en maison de retraite est énorme,
mais nous avons aussi nombre d’établissements privés
et je crois qu’aujourd’hui on a un certain équilibre.
Mais demain, il y aura une réflexion certaine à entreprendre
concernant les maisons de repos.
Opladis : Et pour les seniors qui nous lisent et qui auraient envie de faire un
petit tour à Waterloo, quels sont vos conseils ? Aux seniors qui veulent venir à Waterloo, je soulignerai d’abord
qu’au niveau commercial, je l’ai dit tout à l’heure,
il n’y a pas un magasin qu’on trouverait à Bruxelles et
qu’on ne trouve pas à Waterloo. Une autre chose aussi, c’est
qu’on a mis en place un système de parking, avec des nouveaux
parkings attrayants. On va encore augmenter le nombre de parkings pour avoir
une certaine sécurité, et j’emploie ce mot de manière
très claire.
Au plan de la sécurité dans notre commune, on a voulu faire un
effort vraiment très important au niveau de la police. On est en zone
mono-communale. Selon les normes établies par une étude de la
KUL, Waterloo peut bénéficier d’un nombre défini
de policiers : 65 environ. Aujourd’hui, la volonté est très
claire dans notre commune : c’est d’avoir un nombre beaucoup plus élevé,
qui est aujourd’hui 25 % supérieur à la norme, et nous
continuons à recruter. C’est un engagement qu’on a pris
: quatre nouveaux agents par an dans la commune, pour essayer d’arriver à un
nombre global avoisinant les nonante policiers.
Pourquoi ? Parce que je ne crois pas qu’il existe une vie où la
liberté n’est pas présente. Malheureusement, on constate
qu’il faut avoir des policiers, il faut avoir des policiers de quartier,
il faut avoir une présence policière. Et je constate que, depuis
qu’on a augmenté le nombre de policiers, la criminalité diminue
dans notre commune. Pourquoi ? Pourquoi cette liberté ? Pourquoi cette
volonté ? Je crois que les habitants de la commune de Waterloo, qui
sont venus s’installer à Waterloo, souhaitent avoir de manière
très claire, un cadre de vie différent d’ailleurs, différent
de Bruxelles, différent d’autres communes. C’est un élément
pour lequel je me battrai. Il faut impérativement garder une qualité de
vie.
C’est une expression qu’on utilise souvent : « qualité de
vie » ! Pour moi, elle a tout son sens, et je crois que, dans la commune,
c’est une chose qui existe au niveau des différentes activités,
au niveau des activités des seniors, au niveau de la sécurité qui
règne, au niveau de la propreté, au niveau de l’enseignement,… C’est
un tout qui fait qu’on est bien dans la commune.
Donc, vos lecteurs qui n’habitent pas Waterloo et veulent venir y passer
un moment sont les bienvenus : ils trouveront chez nous des opportunités
commerciales, des activités
culturelles nombreuses, des expositions et, bien sûr, les nombreux lieux
et monuments touristiques liés à la célèbre bataille évoquée
en début d’interview. La Maison du Tourisme de Waterloo, face
au Musée Wellington, au centre-ville, les guidera d’ailleurs utilement.
Bienvenue à Waterloo !
Opladis : Je vous remercie, Monsieur le Bourgmestre, pour votre chaleureux accueil,
et vous souhaite bonne continuation à la tête de cette dynamique
commune du Brabant wallon !
Une
interview réalisée le 21 janvier 2004 par
Memogrames sprl, pour compte de Opladis.