Marcel MAES est né le 24 juillet 1930 à Neerheylissem.
Marié et père de 2 enfants (Michel et Christiane),
ce libéral entame tardivement une carrière
politique, puisqu’il a 52 ans lorsqu’il se présente
pour la première fois aux élections communales à Hélécine.
Elu conseiller communal en 1982, Il devient échevin
en 1986 et le sera jusqu’en 1994. Les Sports, l’Environnement
et la Jeunesse seront ses principales attributions.
En 1998, il succède à André MICHOTTE
au poste de Bourgmestre qu’il occupe toujours aujourd’hui.
Cet ancien délégué commercial aujourd’hui à la
retraite est notamment très actif au niveau culturel
et associatif dans la commune.
Opladis
: Monsieur le Bourgmestre, Hélécine, c'est un
petit village, quelque 3.000 habitants, à l'extrême
Est de la province du Brabant wallon, à mi-chemin entre
Bruxelles et Liège. Les gens connaissent votre village
parce qu'un très beau domaine provincial les y accueille
tout au long de l’année pour diverses manifestations,
dont, par exemple, des envols de montgolfières en juin.
Mais vous êtes quand même loin de l'agitation des
grandes villes.
Tout à fait. Nous sommes heureusement encore loin de l'agitation des grandes
villes. On est une commune rurale où il fait encore bon vivre.
Mais, résumer Hélécine à un envol annuel de montgolfières,
c'est un peu réducteur dans la mesure où un certain nombre d’autres
manifestations se déroulent sur le territoire communal. Nous disposons
d’un tissu associatif intéressant. Et la vie associative et la
convivialité sont loin d'être de vains mots ici, à Hélécine.
Opladis : Avec une population de 3.000 habitants, j'ai le sentiment que tout le
monde connaît tout le monde.
Tout à fait, dans la mesure où, à l'inverse de beaucoup
d'autres communes du Brabant wallon situées notamment sur les axes Bruxelles-Liège
et Bruxelles-Namur, Hélécine est encore épargnée
par ce que j'appellerai l'exode des néo-ruraux. Donc, notre commune
ne peut être qualifiée de cité-dortoir. Notre chiffre de
population est relativement stable. Bien sûr, nous accueillons de nouveaux
habitants, des gens qui arrivent d'autres coins, mais on reste quand même
encore entre nous, entre gens ayant leurs racines de longue date à Hélécine
: on ne connaissons pas, jusqu’à ce jour, d’exode massif
de citadins vers notre commune.
Opladis : Mais cette population d'Hélécine n’est pas employée
essentiellement sur place. Beaucoup de vos concitoyens sont aussi des navetteurs,
travaillant à Bruxelles, à Liège ou encore à Wavre
ou Namur, me semble-t-il ?
C’est effectivement le cas. Il n'y a pas vraiment de PME ou de gros employeur
sur le territoire communal : donc, notre population active doit aller vers
Wavre, Bruxelles ou Liège pour trouver un emploi.
Cette situation pourrait changer dans la mesure où, dans un délai
de cinq à dix ans, on parle de plus en plus de l'implantation d'une
zone d'activité économique mixte, pour partie sur le territoire
communal d’Hélécine. Cette zone pourrait accueillir un
certain nombre de PME et offrir en conséquence des emplois de proximité à bon
nombre d’autochtones.
Opladis : Une zone d'activité que vous partageriez avec vos voisins de Jodoigne
et d'Orp-Jauche?
Tout à fait. Mais dont la majeure partie serait quand même sur
le territoire communal d'Hélécine. On parle d'une cinquantaine
d'hectares sur nonante.
Opladis : Quelle est la répartition des tranches d’âge au sein
de la population d'Hélécine? Quelle est notamment la part des
seniors?
Nous comptons près de 27 % de plus de soixante ans. On peut parler d’une
population vieillissante.
Opladis : Par rapport à cette population senior, dans un contexte typiquement
rural, j'imagine que l'attention que le pouvoir public leur porte est différente
de ce que l'on peut faire à Bruxelles ou dans les communes plus importantes
?
Nous privilégions tout naturellement des actions de proximité.
Il n'y a pas de maison de retraite implantée sur le territoire communal
: cela pose problème puisque les personnes qui ne peuvent plus rester
chez elles doivent s’expatrier, que ce soit à Racour, à Goetsenhoven,
ici à proximité, ou à Jodoigne où existe aussi
un home. C'est un peu dommage mais… Je pense qu'une commune comme la
nôtre n'a pas les reins suffisamment solides sur le plan financier pour
assumer la gestion d'une maison de retraite ou d'un centre hospitalier à destination
des personnes âgées.
Opladis : Vous nous parliez d’un tissu associatif intense et très
actif : c’est le cas, je présume, des associations de pensionnés
?
Effectivement, par le biais de la vie associative, nos seniors trouvent leur
compte en matière de loisirs sur le territoire d’Hélécine.
La commune, via le Centre Public d’Aide Sociale, chapeaute les cercles
de 3 X 20, lesquels se réunissent une fois par semaine dans chacun des
trois villages qui composent l’entité d’Hélécine.
Par ailleurs, tous les premiers mardis du mois, le CPAS organise une réunion
avec collations et boissons.
La commune organise aussi, une fois par an, un voyage à l'intention
des pensionnés et des prépensionnés, auquel on demande
une participation financière réduite, les trois quarts du budget étant à charge
de la caisse communale.
Bien sûr, le plus important au niveau de l'action sociale du CPAS à destination
des seniors, ce sont d’une part les aides familiales, au nombre de seize,
et, par ailleurs, les repas à domicile, livrés à des prix
tout à fait démocratiques.
Opladis : Et pour le senior qui éprouve des difficultés à se
déplacer et qui, par exemple, aurait besoin d'un document administratif?
Il doit impérativement se rendre à l’administration communale
?
L’internaute peut désormais commander des documents via le site
internet de la commune. Mais ici, les choses sont encore plus simples et nos
seniors le savent. Celui qui éprouve des difficultés à se
déplacer téléphone à la commune. On leur prépare
le document souhaité et, le soir, l’un ou l’autre de nos
employés, sur le chemin de retour, dépose le document dans la
boîte de l’intéressé ou lui remet en mains propres.
Dans des périodes plus spécifiques, au moment des déclarations
d’impôts par exemple, on organise également une séance
d'information et on aide les gens à compléter leurs documents,
leurs déclarations, question de ne pas devoir solliciter inutilement
avocat, fiscaliste ou comptable. Ce service est offert ici, au niveau de la
commune.
Opladis : Une sorte d’esprit de famille , donc, avec une solidarité assez
spontanée ?
Tout à fait. On travaille ici en famille. Dans cet ordre de choses,
je mentionnerai aussi le service des pensions : une fois par mois, une permanence « Pensions » est
organisée à la Maison communale. Calculs de pension, établissement
de documents suite à un décès, demande d’explications… Nos
seniors trouvent la réponse sur place, sans devoir se rendre au Ministère
des Pensions à Bruxelles ou passer du temps à téléphoner
aux administrations concernées.
Opladis : Dernier volet de notre entretien : les curiosités touristiques
et gastronomiques d’Hélécine qui pourraient convaincre
nos lecteurs à venir se balader dans votre commune. Vous avez le domaine
provincial : une ancienne abbaye, si je ne m’abuse ?
C'est effectivement une ancienne abbaye, rachetée par la Province du
Brabant en 1962, qui en a fait un parc à vocation touristico-familiale.
Il n’y a pas d'activités permanentes tout au long de l’année,
si ce n'est un superbe parc à découvrir et dans lequel les promeneurs
passeront un moment formidable. Le domaine accueille quelques activités
ponctuelles sur l'année.
Vous avez mentionné l'envol des montgolfières en juin, citons
aussi le spectacle de sons et lumières ou le Concert de Noël.
La province essaye aussi de développer, durant les mois d'été,
des week-ends à thèmes pour justement drainer un public nouveau
et offrir aux promeneurs un bonus à la magnificence du parc.
Opladis : C'est également un lieu proposé aux entreprises pour organiser
séminaires et événements ?
C'est exact. Suite à une étude réalisée au début
des années nonante, le domaine a acquis aussi une vocation de centre
de séminaires, de business center, qui devrait s’amplifier dans
le futur. Et donc il accueille déjà, dans l'une des ailes du
château, des séminaires. Pour en faire un business Center tout à fait
performant, où l’on organiserait des séminaires résidentiels
de plusieurs jours, il faudrait toutefois un gros investissement pour mettre
en place un service de type hôtelier à l’intérieur
même du domaine. La Province du Brabant wallon en est d’ailleurs
bien consciente.
Opladis : A ce propos ,c'est peut-être la perspective d'un partenariat avec
le privé… Mais c'est une affaire qui relève de la province,
je ne vous demanderai pas d’outrepasser vos compétences mayorales…
La responsabilité de la province, effectivement. Ce n'est certainement
pas à nous, commune d’Hélécine, à nous immiscer
là-dedans ! Je pense que la province cherche des partenaires au niveau
du privé pour justement offrir quelque chose d'adéquat au public
potentiel de tous ces séminaires. C’est très bien ainsi.
Opladis : Hormis ce beau domaine qui justifie déjà le déplacement,
quelles sont les autres motivations touristiques ou culturelles à venir à Hélécine
? Trop peu de gens le savent : nous avons un musée communal de la vie
rurale, le musée communal Armand Pellegrin, qui est opérationnel
depuis une dizaine d'années environ et mérite la visite.
Notre syndicat d'initiative local s’emploie d’ailleurs à le
promotionner le plus largement possible.
Et puis la commune vaut également le détour pour son carnaval
le week-end de la mi-carême, qui en est à sa 33e édition.
Il connaît une ampleur grandissante d'année en année, avec
la participation de trente à quarante groupes et chars et plusieurs
milliers de visiteurs répartis sur le parcours. Près de dix mille
visiteurs sur les trois jours que dure le carnaval, soit trois fois la population
d’Hélécine, ce n’est pas mal, non ?
Opladis : Et au niveau des curiosités gastronomiques, quelque chose de particulier à recommander? Non, nous avons la "Bière de l'abbaye d'Heylissem » déclinée
en deux versions, blonde et brune, qui est largement disponible aux abords
du domaine provincial ou dans les cafés de la commune.
Elle n’est malheureusement pas brassée à Hélécine,
mais elle est agréable à déguster. Je vous la recommande
vivement !
Opladis : Je vous remercie pour ce précieux conseil, ainsi que pour votre
chaleureux accueil. Bonne continuation, Monsieur le Bourgmestre.
Une
interview réalisée le 8 mars 2004 par Memogrames
sprl, pour compte de Opladis.