Né à Corroy-le-Grand en 1926, le bourgmestre de
Wavre est assurément un senior de la politique.
Entrepreneur de travaux de bâtiments de 1956 à
1981, c’est après avoir remis son entreprise qu’il
se lance
en politique.
Echevin et sénateur à partir de 1981, il devient
bourgmestre de Wavre en 1983.
Il a été, par ailleurs, Ministre de la Région
wallonne de 1985 à 1988, en charge du budget, des finances
et des travaux subsidiés, puis député wallon
de 1989 à 1997. Opladis
: Monsieur le Bourgmestre, lorsque l’on parle de Wavre,
tant en Belgique qu’à l’étranger,
on pense d'abord à Walibi, car le nom de ce parc d’attractions
(qui en a changé depuis mais le reprendra prochainement)
vient de la contraction de Wavre, Limal et Bierges, les 3 communes
qui ont été fusionnées en 1977. Wavre,
c’est aussi la première grande ville wallonne rencontrée
en allant de Bruxelles à Namur par l’autoroute
E411. C’est encore la capitale de la jeune et dynamique
province du Brabant wallon, depuis sa séparation d'avec
le Brabant flamand. Mais encore…
Plusieurs sondages récents témoignent que Wavre
est la ville la plus dynamique et la plus commerçante
du Brabant Wallon. Cette vocation remonte à plusieurs
siècles. Par exemple, le marché du mercredi existe
depuis plus de 500 ans sans interruption. Il continue de drainer
beaucoup de monde, principalement des habitants des villages
environnants.
Wavre, c’est aussi beaucoup d’écoles. Nous
avons plus de 10.000 élèves, ce qui crée
chaque jour de nombreux embouteillages. Nous venons de réaliser
une étude de mobilité et avons constaté
qu’entre 3.000 et 4.000 voitures entrent tous les matins
en ville pour amener des enfants, puis en sortent pour revenir
l’après-midi. Ceci ne facilite pas la circulation.
Nous avons aussi créé, il y a une quinzaine d’années,
un parc industriel florissant puisque plus de 150 entreprises
s'y sont installées fournissant quelque 5.000 emplois.
Opladis : Le premier parc n’était-il
pas situé sur l’axe Wavre-Ottignies, en vis-à-vis
de Walibi ? …
Le parc sud existait avant la fusion, mais c’est un
petit parc de 17 hectares. Le parc nord fait plus de 150 hectares
et comporte la plus grande entreprise de Wavre et des communes
environnantes: Glaxo SmithKline qui fabrique des vaccins pour
le monde entier et occupe 30 hectares.
Opladis : Donc il est faux d’imaginer que
Wavre n'est qu'une ville « dortoir » dorée
aux portes de Bruxelles ?
Certes, beaucoup de Wavriens travaillent à Bruxelles,
Namur ou Charleroi, mais beaucoup d'autres travaillent sur
place. A un certain moment, nous avions estimé qu'entre
800 et 900 habitants travaillent dans le parc industriel.
Or, ce chiffre ne cesse de croître puisque, si les entreprises
viennent généralement s’installer chez
nous avec leur personnel, au fur et à mesure des départs,
ils sont remplacés par des gens du coin. Beaucoup de
gens aimeraient, en outre, s’installer à Wavre
mais nous arrivons doucement à saturation. Nous nous
sommes fixés le chiffre de 35.000 habitants à
ne pas dépasser. Or nous sommes déjà
32.000.
Opladis
: Ce succès entraîne-t-il un risque de spéculation
immobilière qui risquerait d'empêcher de jeunes
ménages à s’installer à Wavre ? Bien sûr ! Les loyers sont très élevés
et les bâtiments très chers. Nous ne pouvons
malheureusement rien y faire. Nous sommes une ville attractive,
notamment parce que nous jouxtons Louvain-la-Neuve qui draine
beaucoup de gens, parmi lesquels beaucoup préfèrent
habiter à Wavre.
Nous avons déjà résolu une partie du
problème en construisant trois immeubles à loyers
très bas à destination des pensionnés,
qui, eux aussi, éprouvent des difficultés à
se loger avec une petite pension.
Opladis : Donc, du logement social ciblé…
Non. Il s’agit de logements à loyers modérés.
Nous avons 400 logements sociaux proprement dit mais il n'y
a pas de véritable rotation possible: les gens ne les
quittent pas. Donc nous construisons ces logements à
loyers modérés. Nous en sommes au 4ème
bloc de 33 appartements. Ce sont principalement des appartements
à une chambre pour personnes seules ou en couple. L'existence
des logements sociaux nous a, en effet, permis d'étudier
la demande qui était forte de la part des pensionnés.
Pour les jeunes ménages, par contre, nous n’avons
pas trouvé la solution. Notamment, parce qu’un
jeune ménage évolue. Un jour, vous avez un enfant.
L’année suivante, il y en a deux, peut-être
trois… Il faudrait des appartements modulables mais
cela n’a pas encore été inventé.
Le coût des loyers et acquisitions pose un réel
problème mais c’est la loi de l’offre et
de la demande. Il n’est pas rare qu’un appartement
de 3 chambres atteigne 250.000 euros, ce qui correspond au
prix d’une maison ailleurs.
Mais les gens y voient leur intérêt: Wavre compte
six grands magasins de grandes enseignes, ce qui draine énormément
de monde. Carrefour estime à 150.000 le nombre de personnes
susceptibles de faire leurs courses chez eux. Nous avons aussi
le plus grand Brico de Belgique.
Opladis : Sur les 32.000 habitants, quelle est
la proportion de seniors ?
A peu près 20,8%..
Opladis : Hormis ces logements à loyers
modérés dont vous venez de parler, quelles sont
les lignes de forces de la politique communale en faveur de
ces seniors ?
Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup d’organisations
pour les seniors. Il y a les parkings protégés
handicapés et quelques goûters organisés
de temps en temps, mais pas de mesures spécifiques.
Je ne crois pas que les gens en aient besoin.
Opladis : Eventuellement un tissu associatif qui
bénéficie de subsides communaux ?
Il y a bien entendu un service social à la disposition
de tout le monde. Une personne qui désire demander
sa pension peut venir solliciter ce service et on lui confectionnera
son dossier. A part cela, les 30 premiers m3 d’eau sont
gratuits pour tout le monde. Qui consomme moins de 30 m3 d’eau
? Les petits ménages et ceux qui n’ont pas de
salle de bain. Ainsi, sur 14.000 clients, 3.000 n’ont
pas de facture à payer. Les pensionnés et les
handicapés ne paient que la moitié de la redevance
TV tandis que l’autre moitié est prise en charge
par la ville. Ce sont des aides, même si ce n’est
pas énorme.
Le plus gros problème, pour nous, c’est le logement.
Chaque immeuble coûte 90 millions. Nous avons reçu
des subsides pour deux d’entre eux, mais pour les deux
autres, nous avons dû nous débrouiller.
Opladis
: Eventuellement un tissu associatif qui bénéficie
de subsides communaux ?
Il y a bien entendu un service social à la disposition
de tout le monde. Une personne qui désire demander
sa pension peut venir solliciter ce service et on lui confectionnera
son dossier. A part cela, les 30 premiers m3 d’eau sont
gratuits pour tout le monde. Qui consomme moins de 30 m3 d’eau
? Les petits ménages et ceux qui n’ont pas de
salle de bain. Ainsi, sur 14.000 clients, 3.000 n’ont
pas de facture à payer. Les pensionnés et les
handicapés ne paient que la moitié de la redevance
TV tandis que l’autre moitié est prise en charge
par la ville. Ce sont des aides, même si ce n’est
pas énorme.
Le plus gros problème, pour nous, c’est le logement.
Chaque immeuble coûte 90 millions. Nous avons reçu
des subsides pour deux d’entre eux, mais pour les deux
autres, nous avons dû nous débrouiller.
Opladis : Le tissu urbain du centre-ville a l’air
relativement récent. Les maisons datent souvent d’après-guerre.
On cherche en vain des maisons historiques de plus d’un
siècle.
Après la guerre, il y avait à peu près
8.000 habitants à Wavre. 12.000 avec Bierges et Limal.
Maintenant nous sommes à 32.000. Le parc immobilier
est donc récent. Quant au centre-ville, on y trouve
essentiellement des commerces et tous les propriétaires
rivalisent de beauté en ce qui concerne leurs installations.
Opladis : Un autre phénomène n'est-il
pas que Wavre a été à deux reprises une
ville martyr au cours de la seconde guerre mondiale.
C'est vrai, la ville a été entière détruite
en 1940 par les bombardements, puis en 1944 par les exactions
de dernière minute. Cela a contraint de reconstruire
pas mal d’immeubles et de renouveler le parc immobilier.
Opladis
: Reste que l'Hôtel de Ville est un monument un peu
particulier...
C’est un ancien couvent des Carmes chaussés.
Il a été vendu à la révolution
française à des particuliers qui en ont fait
des entrepôts. Par la suite, après plusieurs
ventes intermédiaires, la Ville l'a racheté
pour y installé son Hôtel de Ville, qui a malheureusement
été détruit en 1940. Il ne restait que
les murs. Pendant plusieurs années, l’Hôtel
de Ville a donc été transféré
dans un autre bâtiment qui ne lui convenait pas, jusqu’à
ce que, au terme d’âpres discussions en Conseil
communal, la rénovation du bâtiment soit décidée.
En 1961, l’Hôtel de Ville était reconstruit
et inauguré par le Prince Albert et la Princesse Paola.
Il a donc fallu 15 ans pour tout reconstruire.
Opladis : Sur le plan touristique, on ne peut pas
dire que Wavre possède une multitude de monuments,
ni de patrimoine culturel. Son attrait principal est ce grand
parc d’attractions, mais les gens qui s'y rendent viennent
rarement au centre-ville. Pour les seniors qui nous lisent,
que leur conseilleriez-vous de venir voir et goûter
comme spécialités ?
Ils peuvent s’adresser au Syndicat d’initiatives
situé dans l’Hôtel de Ville. Il y a des
spécialités culinaires comme la tarte au Stofé
(à base de fromage blanc), un magasin de pralines artisanales
(prisé par l’entourage royal), nos églises
et la basilique de Basse-Wavre qui est un lieu de pèlerinages.
Et, bien sûr, notre marché !
Opladis : NNous vous remercions, Monsieur le Bourgmestre,
pour votre accueil et toutes les précisions apportées
à propos de la capitale du Brabant wallon. Bonne continuation.
Une
interview réalisée le 09 août 2004 par
Memogrames, pour compte de Opladis.