Le
débat sur la limitation des effectifs en kinésithérapie
bat actuellement son plein.
La méthode choisie semble devoir être un concours
pour sélectionner les diplômés ayant désormais
droit au remboursement de leurs prestations par l’Inami.
Malgré la pléthore en kinésithérapie,
il ne semble pas y avoir de volonté d’instaurer
un numerus clausus à l’instar de ce qui se passe
chez les médecins. C’est ainsi que Mme Fonck
(Santé Communauté française) rappelait
tout récemment, en lieu et place de Marie-Dominique
Simonet, ministre de l’Enseignement supérieur
en Communauté française, en réponse à
une question parlementaire de Chantal Bertouille, que les
situations des deux professions ne sont pas vraiment superposables.
Il y a, à cet égard, au moins trois différences
entre la médecine et la kinésithérapie,
justifiant un traitement distinct, précisait Mme Fonck
: « La première est que la kinésithérapie
se pratique hors du système Inami à un degré
beaucoup plus élevé que la médecine.
La deuxième réside dans le nombre très
élevé d’étudiants étrangers
fréquentant nos institutions supérieures ! La
troisième consiste dans le fait que cet enseignement
est dispensé à la fois dans les universités
et dans les hautes écoles.
Formation à réorganiser
Une réunion de la commission de planification consacrée
au problème de la kinésithérapie a eu lieu
il y a une semaine environ. Au menu, le contingentement pour
2010, 2011 et 2012 ainsi que l’organisation de la sélection
des kinésithérapeutes agréés qui
demanderont l’intervention de l’assurance obligatoire
soins de santé pour leurs activités en cabinet
privé. La commission de planification, à l’issue
de cette réunion, a décidé de soumettre
le problème à des chercheurs universitaires.
Comme le formule Didier Bertinchamps, président de
l’UKFGB, « des politiques fuient, une fois de
plus, leurs responsabilités et sous-traitent le problème
à des chercheurs universitaires ».
On sait que Rudy Demotte, ministre fédéral
des Affaires sociales, souhaite limiter le nombre annuel de
nouveaux kinés agréés par l’Inami
à 450 (180 francophones et 270 Flamands). Pour ce faire
un concours devrait être organisé par le bureau
de sélection de l’administration fédérale,
le Selor.
Cette innovation devrait cependant, comme le suggère
la ministre, s’accompagner d’un questionnement
sur l’organisation un peu anarchique des études
de kinésithérapie (la formation est assurée
en Communauté française par onze établissements
supérieurs, trois universités et huit hautes
écoles).
----------------------------------- Maurice Einhorn
Le Journal du médécin (11-02-2005)
Sur les 700 étudiants actuellement inscrits en dernière
année, 218 sont Belges.Voir aussi site de l’UKFGB
(Union des kinés francophones et germanophones de Belgique)
www.webkine.be.