directeur du département de l’action
sociale du Hainaut
« Chaque senior est le bienvenu dans
les U.T.D. du Hainaut »
Opladis : Pierre Mayence, Charleroi crée la toute
première université du 3e âge en Belgique en
1975. Vous êtes là pratiquement depuis le début
de cette extraordinaire aventure…
Je devine votre question. Oui, cela a énormément
changé. En 1977, il n’y avait qu’une cinquantaine
de personnes qui participaient à des conférences
qui étaient données deux fois par semaine. Mais dès
1981, les activités se sont multipliées car, parallèlement
aux conférences, des séminaires sont mis sur pied.
Je me souviens que les premiers étaient notamment voués à l’archéologie
industrielle ou encore aux coutumes et traditions populaires. Déjà nous
accueillions des personnalités, tel Albert Doppagne, qui était
professeur à l’Université Libre de Bruxelles.
Opladis : Ensuite
ce sont les antennes du Hainaut qui naissent… Dès 1981, l’antenne de Tournai est créée.
Les autres, La Louvière, Mons, Braine-le-Comte et Mouscron,
suivront dans la foulée. Mais le phénomène
le plus marquant, c’est le rajeunissement de la population
fréquentant l’Université du 3e âge.
En outre, de nombreuses activités de mise en condition
ou détente viennent s’ajouter à celles qui
existaient : éducation physique, randonnées pédestres,
séminaires de sophrologie, etc. Dès lors, nous
nous appellerons Université du Temps Disponible.
Opladis : Mais
la vocation première
reste, disons, intellectuelle…
Nous avons essayé de sensibiliser le public aux problèmes
de société en lui donnant des outils d’analyse
et de réflexion tout au long des séminaires que
nous avons organisés. Avec une volonté : tendre
vers l’universalité. Nous avons voulu aussi bien
toucher les professionnels que le public
de plus de 50 ans. Chaque senior est le bienvenu !
Opladis : Chacune
de vos antennes a néanmoins son
propre caractère…
A Charleroi, notre public, ce sont plutôt les classes moyennes.
De même à Mouscron, même si nous y avons un
très grand nombre d’anciens enseignants. Tournai
est sans doute plus élitiste, avec d’anciens universitaires
ou des personnes diplômées de l’enseignement
supérieur. A La Louvière, le public est très
mélangé, il comprend à peu près toutes
les classes sociales. Enfin à Braine-le-Comte, nous avons
un certain nombre de notables et un public
semi-rural.
Opladis : Comment se
fait-il que votre nom soit également
lié à la gestion des maisons de repos ?
Parce que, à Charleroi, on s’est rendu compte qu’il
y avait des abus dans la gestion des biens des personnes âgées.
Une réglementation a été mise sur pied.
C’est ainsi que, au milieu des années 90, les directeurs
de maisons de repos ont dû suivre une formation, ce qui
me semblait nécessaire, mais n’a pas été accepté par
tout le monde. Il y a eu des grincements de dents, mais à présent,
la formation est terminée et c’est très bien
ainsi.
Opladis : L’UTD est également fort ouverte
vers l’étranger. Pourquoi ?
C’est une des clés de notre politique. Depuis l’an
2000, nous avons développé des projets européens.
Ainsi avons-nous accueilli des membres allemands et anglais d’autres
universités européennes tandis que nos membres
se rendaient en Italie et en Grèce.