Opladis : Madame Van de Vyver, le CEPULB
est-il destiné à une élite
?
Certainement pas ! Ecoutez : la cotisation de base, pour
assister à un cycle complet de leçons-conférences,
soit quelque deux heures hebdomadaires durant toute une année académique,
est de 59 euros. Avouez que ce n’est pas beaucoup !
Opladis : Sauf si un ou une élève désire cumuler
leçons-conférences et cours facultaires !
Il lui faut alors, c’est vrai, débourser un droit d’inscription
de 46 euros. Pour un maximum de 120 h de cours. Ce qui ne fait
qu’un
peu plus de 100 euros par an quand on additionne les deux participations. Opladis : Vous-même, comment êtes-vous entrée
en contact avec le CEPULB ?
Petit à petit. Je suis aujourd’hui professeur émérite
de l’ULB, mais durant ma carrière de professeur de biologie
moléculaire, j’ai été amenée à accueillir
des élèves seniors à mes cours. Je trouvais cela très
bien, ce côtoiement de générations différentes.
Ensuite, avec le CEPULB, j’ai fait un voyage dans le Périgord
qui fut une réussite. Enfin, j’avais donné une conférence
sur le clonage. Tout ça m’avait plu. Quand Paulette Van Gansen,
deux ans avant que je ne parte à la retraite, m’a contactée
pour prendre sa succession à la présidence du CEPULB, j’ai
accepté.
Opladis : Qu’est-ce qui fait la force
du CEPULB ?
L’envie d’apprendre à tout âge ! Nous le savons
: ce qui intéresse les élèves seniors, c’est
d’abord d’approcher, de comprendre ou de connaître le
patrimoine culturel. Cela se fait généralement en deux temps.
Premier temps : un élève assiste à une conférence
et cela lui plaît tellement qu’il finit, second temps, par
s’inscrire à un cours facultaire. Quelque 700 membres du CEPULB
sont inscrits aux différents cours.
Opladis : Comment se passe la cohabitation entre juniors et
seniors ?
Il a fallu une période d’adaptation. Au départ, nous
avons dû mettre les points sur les « i » et freiner l’enthousiasme
de certains seniors en leur disant que les cours étaient d’abord
destinés aux juniors et que c’était un cadeau qu’on
leur faisait. Aujourd’hui, les étudiants sont dispersés
dans les auditoires. Ce qui les a amenés à dialoguer, donc à se
connaître. Il n’est pas rare qu’un junior demande les
notes d’un senior. Le climat est très convivial.
Opladis : A cause du saut d’une génération
?
Exactement ! Entre eux, c’est comme une relation entre grands-parents
et petits-enfants. Sans négliger l’aspect souvent ludique
qu’implique cette relation. C’est tout bénéfice
pour les jeunes qui me semblent plus angoissés qu’autrefois.
Il est clair que la façon dont ils se sentent constamment en examen
ne favorise pas la décontraction. Dans ce contexte, je pense que
la présence des élèves seniors est un plus pour eux.