A l’UTAN, le Centre de mémoire collective est tenu de main
de maître par Micheline Hanoset.
Elle va publier son septième
Cahier, qui est à l’impression, mais nous tend avec fierté le
Cahier n° 6, intitulé Au fil d’UTAN, 1944-2004, dont l’ambition
est d’aller « au-delà des commémorations officielles
et des chrysanthèmes décoratifs ».
Bref, de se souvenir
de la dernière guerre mondiale. Elle a eu l’excellente idée
de mêler les témoignages les plus simples à quelques
pages de « grands témoins », comme ce dialogue entre
Jorge Semprun et Elie Wiesel, deux rescapés des camps de la mort.
Ou de publier les manchettes des quotidiens de l’époque. Ou
encore le « papier » de Lucien Fuss, directeur du Soir, dont
le titre « Nous sommes libres !» exprime la joie et le soulagement
après quatre longues années noires.
Opladis : Micheline Hanoset, avez-vous beaucoup
de mal à recueillir
les témoignages des Cahiers?
Ce n’est pas aisé. D’abord parce que les personnes
hésitent à écrire ou n’osent pas se lancer dans
l’écriture. Au hasard de conversations, je recueille leurs
témoignages puis les rassemble pour qu’ils forment un tout
plus ou moins cohérent que je publie dans les Cahiers.
Opladis : Comment avez-vous procédé pour la Seconde Guerre
mondiale à Namur ?
Là, ce fut plus facile, parce que cette période interpelle
davantage. Mon appel a témoins a eu son petit succès, peut-être
parce que l’Occupation recèle encore beaucoup d’émotions
dues aux privations puis à la joie de la Libération. Evidemment,
je ne me contente pas que des témoignages. Je lis la presse, les
livres parus sur cette période. Je m’informe aussi de diverses
manières tout en tentant de constituer un Centre de documentation
par thème.
Opladis : Quel sera le contenu du prochain Cahier ?
Ce sera un Cahier gourmand. Il faut savoir que la région de Jambes était
jadis très riche en maraîchers. Il subsiste beaucoup de traces
de cette période, notamment du côté du folklore. Ainsi
je pourrai dénicher de vieilles recettes de légumes, mais
aussi des recettes pâtés ou de pâtisseries, principalement
axées sur la Chandeleur ou les fêtes de Pâques.
Opladis : Vous avez également lancé un appel pour les
30 ans de l’UTAN. Quelles sont les commémorations prévues
en juin 2006 ?
Paulin Duchesne nous a demandé, à Jean Hupé et à moi,
de mettre sur pied une exposition. Elle aura lieu au Centre des relations
extérieures, rue de Bruxelles, à Namur, et portera non
seulement sur l’UTAN de Namur, mais sur les 7 antennes régionales.
Nous tenterons de mobiliser leurs membres pour qu’ils nous livrent
des témoignages visuels des cours, conférences, excursions
et autres voyages qu’ils ont accomplis. En outre, je voudrais ressortir
pour l’occasion notre Cahier N° 6 sur l’Occupation allemande à Namur
et la Libération de la ville, mais ce sera un Cahier complété et
amélioré, car beaucoup de renseignements et de témoignages
me sont parvenus après la première publication. Bref, il
y a du pain sur la planche !