Les hommes sont forts, les femmes, plus faibles : un lieu commun ?
Sans verser dans la caricature, il existe en effet un vécu différent
de la douleur.
C’est une évidence, les hommes et les femmes appréhendent la douleur de manière différente.
Déjà, tout simplement, parce que chacun est
sensible à des maux spécifiques à son sexe : par exemple, environ 80% des femmes de moins de 35 ans se plaignent de douleurs liées à leurs règles.
L’accouchement constitue, lui aussi, bien logiquement, une douleur réservée à la gent féminine.
Les hommes, quant à eux, sont certainement les
seuls à souffrir de douleur testiculaire résultant d’un traumatisme ou d’une lésion…par exemple
Mais outre ces différences physiologiques incontestables, comment les hommes et les femmes vivent-ils la douleur ? Il existe bel et bien une différence, déterminée
en outre…
par des facteurs biologiques
On pourrait dire, pour être plus précis : par des différences hormonales et métaboliques. Des différences sexuelles biologiques qui sont perceptibles,
par exemple, avec la migraine. La prévalence de la migraine chez les jeunes filles augmente de manière spectaculaire au début de la puberté, pour diminuer
ensuite à partir de la ménopause, tout en demeurant plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. Par ailleurs, le risque de migraine est plus élevé le
jour précédant les règles. Enfin, les femmes sont davantage sujettes aux nausées, aux vomissements accompagnant les migraines que les hommes, chez qui la
migraine s’annonce plus souvent par une aura visuelle (modification de la vision précédant la migraine).
par des facteurs environnementaux (environnement professionnel, familial, etc.)
Par exemple : Le fait de déplacer, de soulever, et de pousser de lourdes charges fait plutôt partie des tâches masculines dans les secteurs de la construction ou de
l’agriculture, par exemple. Les hommes courent dès lors un plus grand risque de douleurs musculo-squelettiques et de lésions dorsales soudaines et aiguës. Les
femmes exercent bien plus souvent une activité sédentaire et répétitive. Ou qui nécessite qu’elles soient longtemps debout. Sans oublier les
taches ménagères, qui leur sont encore aujourd’hui bien trop souvent réservées ! D’où une augmentation des douleurs chroniques au niveau
du dos, du cou, et des jambes.
par des influences sociales
Nos parents, nos collèges, les médecins, etc. ainsi que les attentes que la société a des hommes et des femmes influencent également la manière
dont ceux-ci réagissent aux expériences douloureuses et les gèrent. Ainsi, les jeunes filles et les femmes se montrent plus communicatives, alors qu’on attend
généralement des hommes qu’ils fassent preuve de stoïcisme.
Les différences entre sexes se marquent donc aussi dans le domaine de la douleur.