La
mésothérapie est une technique de soins répandue
dans les milieux sportifs.
Nombreux sont les athlètes
qui ne jurent que par elle.
Est-ce mérité?
La mésothérapie naît en 1952 dans le cerveau
du Docteur Michel Pistor, modeste médecin de campagne
français qui voulait freiner la surconsommation médicamenteuse
de ses patients. Il imagine alors une technique
qui consiste à injecter
divers produits sous la peau par le biais d'une multitude de
petites piqûres.
Cinquante ans plus tard, l'argument clé de la méthode
reste identique: le dépôt local d'une faible quantité de
médicament permet de traiter le patient "loco dolenti" (à l'endroit
même de la douleur) et donc de réduire globalement
la dépendance pharmacologique.
Entre-temps, la mésothérapie a fait l'objet d'évaluations
scientifiques. Récemment, une équipe parisienne
a démontré par exemple que l'injection d'un produit
radio-opaque sur des épaules enflammées suivait
les cellules de l'inflammation sans disséminer dans
tout l'organisme. A titre de comparaison, sachez que lors d'une
infiltration intra-articulaire de cortisone, au moins la moitié de
la dose passe dans la circulation générale !
Avantages et dangers
Pour les sportifs, la méthode comporte de nombreux
avantages. Elle offre notamment une
alternative à la
prise répétée de comprimés d'anti-inflammatoires,
souvent à l'origine de problèmes digestifs.
Ce succès suscite cependant un certain nombre de réserves.
Longtemps, on a prétendu que les produits injectés
par mésothérapie ne passaient pas dans la circulation
générale. Mais, dans le cadre d'une nouvelle
expérience tout à fait intéressante,
les urines de douze athlètes traités par mésothérapie
ont été soumises à un contrôle
antidopage. Et certains ont été gratifiés
d'un résultat positif! Parmi les produits injectés
se trouvent des anesthésiques locaux, style xylocaïne,
qui ont pour effet de gommer la douleur. Or, leur utilisation
est presque systématiquement interdite dans le sport.
Cela justifie donc quelques recommandations
de prudence, comme par exemple de ne pas
programmer une séance
de mésothérapie à proximité d'une
compétition. Autre point capital: il faut éviter
de recourir à la méthode pour poursuivre l'entraînement
envers et contre tout. Cela nous renvoie une dizaine d'années
en arrière, à une époque où,
pour les entorses de cheville, on préconisait souvent
l'injection locale d'anesthésique pour permettre au
sportif de poursuivre son activité.
Aujourd'hui, on pousse des hauts cris devant cette technique
barbare. Le traitement fait effectivement
perdre toute sensibilité à l'articulation qui se trouve de facto beaucoup plus vulnérable aux
blessures de toute nature. Exit donc l'infiltration anesthésiante!
Et la mésothérapie alors? Certes, l'aiguille
est plus petite et les points d'injection plus nombreux.
Mais, si le principe est d'endormir artificiellement la douleur,
on peut s'attendre, avec le recul des années, à des
conséquences parfois gravissimes.