L’enquête que le Pain Advisory Board a menée à l’occasion
de la Semaine contre la Douleur révèle que trop de patients
atteints de douleurs chroniques souffrent en silence. Les
patients invoquent la solitude, l’incompréhension et l’absence
d’écoute
pour expliquer leur mutisme. 75% des personnes interrogées affirment
souffrir tous les jours et 55% depuis plus de 5 ans.
«
Nous devons lutter contre cette situation » commente Jet Van Hoek,
Présidente du PAB. « La douleur chronique est néfaste
pour l’organisme, elle mine la santé mentale du patient
et atteint également son entourage. Il faut la considérer
comme une maladie qui doit être prise en charge, afin d’éviter
l’apparition de complications aussi sévères qu’inutiles. »
Pendant la Semaine contre la Douleur qui a eu lieu du 17 au 21 octobre,
le PAB a organisé une enquête nationale sur les douleurs
cachées par téléphone et Internet. Les personnes
atteintes de douleurs persistantes étaient invitées à s’exprimer
sur la fréquence et la durée de leur douleur, le type
de douleur, leur attitude ou sentiment face à la douleur, les
conséquences, etc. Le but de l’enquête était
de sensibiliser la population et de rassembler des informations permettant
une meilleure compréhension des douleurs cachées.
Ainsi, 8% des personnes interrogées ont déclaré ne
parler à personne de leur douleur et 20% ne pas en parler à son
médecin. Les raisons invoquées pour ne pas en parler
sont les suivantes :
37% se sent isolé face à la douleur (manque
d’écoute,
incompréhension…)
31% ne veut pas déranger son entourage
13%
banalise sa douleur
9% craint la réaction des autres
9% invoque une fierté personnelle
« Ces résultats montrent que beaucoup de patients ont
peur de s’exprimer, » commente Francis Grandjean, responsable
de l’enquête. « Ils ressentent le besoin de partager
leur douleur, mais ils ont en même temps le sentiment de n’avoir
personne à qui vraiment parler. Beaucoup d’appels ont
ainsi duré plus d’une demi-heure. »
70% des personnes interrogées ont encore qualifié leur
douleur de sévère à très sévère
et 28% de modérée. 75% ont déclaré souffrir
tous les jours, 55% depuis plus de 5 ans et 38% depuis plus de 10 ans.
Les principales conséquences citées concernaient le moral
(26%), les loisirs (24%), la vie affective (19%), les relations avec
les autres (16%) et le travail (15%). En même temps, 21% des
personnes interrogées déclaraient accepter leur état.
La douleur, c’est dangereux
Lorsque la douleur s’installe et perdure au-delà de trois à six
mois, elle devient elle-même une maladie avec des mécanismes
propres (neurophysiologiques, psychologiques...) et des phénomènes
comportementaux spécifiques. Cette douleur est dévastatrice,
nocive et peut conduire à la dépression. Elle a un impact
sur la vie quotidienne, sociale, familiale et professionnelle du patient
et nécessite une approche interdisciplinaire proposée
notamment dans les cliniques de la douleur.
« La douleur qui se prolonge est inutile et a des effets nocifs
sur la santé. On sait par exemple qu'elle représente
un stress qui a pour effet de diminuer nos défenses naturelles
et donc d'augmenter le risque de complications » commente le
Dr Etienne Pellegrims. « Pourtant, les moyens d’agir contre
la douleur ont considérablement augmenté. Pour mettre
en place un traitement, la première condition est bien sûr
d’en parler, d’exprimer sa douleur et de ne pas l’accepter
comme une fatalité. »
A propos du Pain Advisory Board
Le Pain advisory Board (www.painadvisoryboard.org) est une initiative
lancée en février 2000 qui vise à rassembler des
experts représentant les différentes disciplines médicales
et paramédicales confrontées quotidiennement à la
problématique de la douleur. Tous vivent et suivent la douleur
de leurs patients avec leurs propres outils dans l'objectif d'optimaliser
l'efficacité de(s) traitement(s) et leur(s) adéquations à chaque
cas.