Les vacances sont finies ! De retour à la maison, vous pourriez
avoir ramené quelques souvenirs de voyages plutôt désagréables.
Fièvre, diarrhée, maladies sexuellement transmissibles...
Période d’insouciance, les vacances favorisent
les rencontres et augmentent ainsi le risque de MST. Outre
les adolescents et les jeunes adultes, les 35-45 ans vivant
une rupture amoureuse sont également exposés.
L’utilisation du préservatif n’est pas
ancrée dans leurs habitudes et ils craignent d’évoquer
le sujet avec leur partenaire. L’enquête KABP
2001 (knowledge, attitudes, belief and practices) menée
par l’Observatoire régional de santé d’Ile
de France, montre une baisse de l’utilisation du
préservatif chez les hommes de 18 à 24 ans.
Seulement 71 % d’entre eux disent en avoir utilisé un
dans les douze derniers mois contre 82,7 % en 1998. Pourtant,
le préservatif reste le seul moyen de protection.
Pas
toujours évident de reconnaître les MST
Fréquentes et contagieuses, les MST peuvent revêtir
différentes formes plus ou moins graves. Si la syphilis,
la gonorrhée et les chlamydiae peuvent être
guéries, les infections virales comme l’herpès,
le papillomavirus, l’hépatite B et le VIH
sont incurables à ce jour. L’absence de signes évidents
constitue un problème particulier. Dès lors,
tout symptôme génital, même bénin,
doit être pris très au sérieux qu’il
s’agisse de douleurs, de petits boutons, d’ulcération,
de brûlures urinaires ou autres.
La blennorragie se
manifeste chez l’homme, après
une incubation de 4 à 5 jours, dans la majorité des
cas par des brûlures intenses lorsque la personne
urine, d’où son surnom de "chaude-pisse".
Ces douleurs s’accompagnent également d’un écoulement
purulent jaunâtre. Chez la femme en revanche, la
maladie reste longtemps silencieuse. Chez elle, l’infection
est le plus souvent asymptomatique, tout au plus peut-on
noter une inflammation du col utérin, de la vulve
et du vagin avec des pertes jaunâtres et une légère
inflammation de l’urètre.
L’incubation de la syphilis est silencieuse et dure
de trois semaines à trois mois. Le chancre apparaît
ensuite sur les organes génitaux. Indolore, propre
et rosé, ses symptômes sont peu inquiétants.
Le chancre régresse en 4 à 6 semaines. Quarante
jours plus tard, tout l’organisme est atteint par
la septicémie : la peau, les muqueuses et le système
nerveux.
La durée d’incubation des chlamydioses est
de 8 à 15 jours. Elles sont le plus souvent asymptomatiques.
Lorsqu’ils sont visibles, les signes sont peu inquiétants
: chez la femme des pertes vaginales et des brûlures
lorsqu’elles urinent ; chez l’homme un écoulement
faible, visqueux, indolore, avec des démangeaisons,
de sensation de corps étranger dans l'urètre
ainsi que de douleurs testiculaires diffuses et de pesanteurs
périnéales.
L'herpès génital est une affection très
fréquente chez la femme. La première infection
dure 1 à 3 semaines après le contact sexuel
infectant mais elle peut se terrer pendant des années.
Elle se manifeste par des démangeaisons, des brûlures
et des picotements, notamment au passage de l'urine.
Le
Sida et l'hépatite B se transmettent lors des
rapports sexuels, non protégés, et par le
sang, mais seul un vaccin contre l'hépatite B existe.
Le Sida reste une maladie mortelle incurable à ce
jour, malgré la mise au point de traitements bloquant
la prolifération du virus.
Comment réagir
?
Au retour des vacances, se faire
dépister peut
apparaître difficile, même en cas de sérieuse
incertitude… d’abord en raison de son incrédulité face à la
maladie, ensuite à cause du sentiment de culpabilité et
d’angoisse. Mais plus le doute sera levé tôt,
plus vite vous serez soulagés ou plus tôt
le traitement pourra commencer.
Adressez-vous en premier
lieu à votre médecin
traitant habituel ou à un service spécialisé à l’hôpital.
Certaines personnes à risques devraient d’ailleurs
se faire dépister régulièrement, telles
que les personnes ayant eu plus de deux partenaires au
cours des 6 derniers mois et les adolescentes sexuellement
actives, avec un dépistage systématique de
chlamydiose une fois par an grâce à un simple
examen d’urine.