Enfin le soleil de l’été ! Munie de votre serviette
de plage, vous êtes bien décidée à ramener
de vos vacances un teint hâlé que vous envieront vos collègues
de bureau. Mais dès les premières expositions, des petits
boutons qui chatouillent apparaissent...
Véritable plaie des adeptes du bain de soleil, cette réaction
de la peau au soleil est relativement fréquente. Egalement appelée
lucite estivale bénigne (LEB), elle n’a finalement d’estival
que le nom, car elle peut survenir lors d’expositions aux rayonnements
solaires à n’importe quel moment de l’année.
Bronzage
réactif
Selon le Dr. Césarini, "on ne peut pas parler d’allergie à proprement
parler mais plutôt d’une réaction toxique locale.
Ainsi, les symptômes de la lucite estivale bénigne sont
directement proportionnels à la quantité de rayonnements
solaires reçue".
Après la deuxième ou troisième exposition, ce
problème de peau se manifeste par l’éruption de
petits boutons et taches rouges sur les parties exposées au
soleil. Epargnant généralement le visage, ces manifestations
cutanées préfèrent le décolleté,
le cou, les avant-bras, les épaules et le dessus des pieds.
La lucite estivale bénigne peut entraîner d’importantes
démangeaisons, au point de priver de sommeil certaines personnes.
D’autres verront au contraire ce phénomène disparaître
après 8 jours d’exposition, le bronzage jouant alors un
rôle protecteur.
Avec des symptômes proches de l’urticaire, elle touche
près de 10 % des adultes avec une nette préférence
pour les femmes, qui représentent 90 % des victimes. Sans danger,
elle disparaît généralement après 10 ou
15 jours, à condition de rester à l’ombre. Un délai
suffisant pour assombrir une bonne partie des vacances... Ne croyez
pas en être débarrassé par la suite, elle risque
de réapparaître à chaque exposition.
Attention aux
UVA
Quelle est la cause de cette réaction allergique ? Bien qu’encore
mystérieuse, certains dermatologues suspectent les radiations
UVA. Cette hypothèse associée à une mauvaise utilisation
des crèmes solaires pourrait paradoxalement expliquer l’augmentation
des cas de lucite estivale. En effet, la plupart des "écrans
totaux" protègent des UVB mais partiellement des UVA...
Si l’an passé, la LEB a déjà gâché vos
vacances, mieux vaut éviter de vous exposer sans prendre quelques
précautions. Outre la protection vestimentaire, une crème
contre les UVB, UVA et les infrarouges, avec un indice de protection
supérieur ou égal à 25 est fortement conseillée
( à base de Mexoryl de préférence)
Il existe également des traitements préventifs:
Pour
un tiers des patients, un traitement préventif à base
de beta-carotène et de sélénium ( gélules
) à prendre 15 jours avant le départ, qu’il convient
de compléter par une crème solaire adaptée ;
Pour un tiers des patients, un traitement à base d’antipaludéens
de synthèse ;
Pour un dernier tiers, des séances de PUVA thérapie effectuées
chez le dermatologue.
Attention, la sensibilité de la peau aux UV peut aussi être
augmentée par la prise de certains médicaments. On connaît
les effets regrettables de certains cosmétiques mais beaucoup
moins celui des médicaments dits photosensibilisants. Pour en
savoir plus, lisez la notice des médicaments que vous prenez
pendant la saison ensoleillée.