En ce moment, on parle beaucoup de médicaments génériques,
une vaste campagne d’information sur la recherche scientifique
envahit nos tabloïdes et le gouvernement annonce régulièrement
des mesures en faveur de l’utilisation de génériques,
pour raisons économiques.
Afin de comprendre les arguments des
uns et des autres, suivons le parcours d’un médicament,
du laboratoire de recherche à la pharmacie.
La mise au point d’un nouveau médicament est un processus
long et complexe. Sur 10000 molécules trouvées, une seule
deviendra un médicament sur le marché, au bout d’une
quinzaine d’années de parcours.
la recherche
De nos jours, on ne trouve plus de nouvelles molécules par hasard,
dans un laboratoire isolé. Les chercheurs utilisent la méthode
de screening, càd une analyse automatisée du potentiel
de milliers de molécules simulées (toutes les possibilités
de structure). Une autre méthode utilisée consiste à identifier
très précisément les anomalies causant les maladies
puis, à concevoir sur ordinateur une molécule capable
de corriger cette anomalie, c’est ce qu’on appelle la modélisation.
Lorsqu’une molécule est jugée « intéressante »,
on dépose un brevet, qui va la protéger des copies (
donc des génériques) pendant à peu près
15 ans.
les études pré-cliniques
Ces études testent l’efficacité et la toxicité des
nouvelles molécules mais pas encore sur l’homme. On utilise
des extraits de cellules animales ou humaines ( in –vitro) ou
des animaux vivants ( in-vivo. A l’issue de cette phase, si les
r ésultats sont encourageants, on peut passer aux tests cliniques.
les études cliniques
Le médicament est ensuite testé sur des petits nombres
de volontaires sains et malades pour confirmer l’efficacité et
déterminer les doses optimales. A ce stade, on compare également
la molécule à un placebo.
Ensuite, on étudie les effets et la tolérance du produit
sur des milliers de patients. Cette dernière phase d’étude
permet de préciser le rapport bénéfice/risque
de la molécule et doit être menée selon des règles
internationales tr ès strictes.
les phases administratives
Dès la fin des études cliniques, on peut déposer
une demande d’autorisation de mise sur le marché ( AMM)
aux autorités.
Une fois l’AMM obtenue, le laboratoire décidera de mettre
effectivement le médicament sur chaque marché local ou
non, demandera dans ce cas un prix et un éventuel remboursement
par la sécurité sociale.
Ce n’est qu’à partir de ce moment que le médicament
pourra être vendu en pharmacie.
la pharmacovigilance
Des essais cliniques et une surveillance de toute réaction anormale
ou inattendue au médicament se poursuivent durant toute la vie
du médicament.
On l’a compris, un nouveau médicament est donc protégé des
copies par son brevet durant une période qui varie en fonction
de la durée de toutes les étapes de mise au point et
administratives précédent sa mise sur le marché.
Après quelques années durant lesquelles le laboratoire
va rentabiliser sa recherche, le produit deviendra « génériquable » càd
que n’importe qui ( selon les règles locales ) pourra
le produire et le vendre.