Dans les pays comme la Chine, la Thaïlande ou le Sri
Lanka, près de la moitié des médicaments
vendus sur le marché sont des faux ! Un problème
qui s’amplifie et à propos duquel l’Institut
de Médecine Tropicale d’Anvers tire la sonnette
d’alarme, tout en incitant nos compatriotes en partance à prévoir
leurs médicaments dans leurs bagages.
Une étude évaluant la qualité des
médicaments utilisés contre la malaria
en Asie du Sud Est, effectuée par différents
centres de médecine tropicale européens
et américains et Médecins Sans Frontières
viennent d’être publiée dans la revue
de réputation « Tropical Medecine and International
Health ».
On y conclut à une augmentation importante de
faux médicaments ou molécules depuis les
années 2000.
En effet, pour traiter la malaria, on utilise un mélange
de molécules fort coûteux, ce qui fait des
copies un commerce fort lucratif…
Une première étude, datant des années
1999 -2000 avait révélé que 38%
des médicaments achetés dans le commerce « officiel » au
Vietnam, au Cambodge, au Laos et en Thaïlande, étaient
des faux, des placebos.
L’étude qui vient d’être publiée,
concernant des médicaments achetés dans
plus de 300 pharmacies en Thaïlande, Vietnam, Cambodge
et Myanmar, conclut à une proportion de 53% de
faux médicaments ! Soit 15% de plus qu’il
y a quelques années.
De plus, il était quasiment impossible de distinguer
les faux emballages des vrais.
Les conclusions des chercheurs
sont de deux ordres :
D’une part, ils attirent l’attention sur
les résultats probablement faussés des études
d’efficacité des traitements, puisqu’on étudie
l’effet de faux médicaments ! et sur les
conséquences à moyen terme sur la santé publique
dans ces pays.
D’autre part, ils tendent à élargir
le problème des faux médicaments à toutes
les classes de médicaments coûteux, soulevant
les risques importants pour les patients traités.
Et ailleurs ?
Le Professeur Van Damme, de l’Institut de Médecine
Tropicale d’Anvers, pointe également du
doigt la Chine et l’Inde, où d’après
lui, la moitié des médicaments seraient
de qualité douteuse et l’Afrique où les
médicaments anti-malaria sont également
très fréquemment faux.
Il dénonce cette nouvelle activité mafieuse,
centrée en Chine, consistant à falsifier
les médicaments coûteux.
Les USA ne sont pas épargnés, du fait de
l’absence de couverture sociale ( de mutuelles)
obligatoire. De nombreuses personnes recherchent, via
Internet, des médicaments « bon marché » et
se voient livrer via le Mexique ou le Canada, des placebos
bien imités.
Que faire ?
L’Europe est, jusqu’à présent, épargnée
par le phénomène mais, pour les personnes
qui voyagent, les consignes sont claires : emmener ses
médicaments avec soi plutôt que les acheter
sur place ! Et, dans tous les cas, éviter soigneusement
les circuits parallèles, moins chers, pour se
fournir en médicaments.