Ces dernières semaines, les média ont diffusé les
résultats de quelques études concernant la
tolérance gastrique ( de l’estomac) de l’aspirine*
lorsqu’elle est utilisée à long terme,
comme fluidifiant du sang.
Les conclusions, parfois un
peu hâtives, de ces recherches ont pu entraîner
certaines personnes à arrêter leur traitement
ou à s’interroger sur la nécessité de
le continuer. Voyons les raisons pour lesquelles un tel
traitement est prescrit et les risques liés à son
arrêt.
C’est pour prévenir, éviter que
le sang ne forme des caillots dans les artères
que l’on utilise des médicaments appelés « anti-aggrégants
plaquettaires » càd des fluidifiants du
sang dont l’acide acétylsalicylique ( aspirine*)
est le plus connu.
En effet, lorsque les artères sont moins souples,
moins élastiques, épaissies – on
parle d’athérosclérose – le
risque qu’elles se bouchent ( totalement ou pas) à cause
d’un caillot sanguin est très élevé.
Si un tel bouchon se forme ou voyage dans les artères,
cela perturbera le flux sanguin et donc l’oxygénation
des tissus.
Un moins bon flux au niveau du cœur entraînera
de l’angine de poitrine ou, plus grave, une crise
cardiaque, un infarctus du myocarde.
Si c’est le cerveau qui est moins bien oxygéné à cause
d’un bouchon artériel, ce sera « l’attaque » cérébrale,
on parle d’accident vasculaire cérébral,
transitoire s’il est léger ou entraînant
l’infarctus d’une partie du cerveau, avec
toutes les conséquences que l’on peut imaginer…
Lorsque ce sont les artères des jambes qui sont
concernées, les mollets ne suivront plus ( crampes,
douleurs), les pieds ne seront plus oxygénés
suffisamment, allant parfois jusqu’à la
gangrène !
Ce processus de formation d’un bouchon dans les
artères est appelé athérothrombose,
et c’est pour l’éviter, pour le diminuer
que les médecins utilisent des médicaments
fluidifiants.
Les personnes à risque
On utilise ces produits
chez les personnes qui présentent
un risque élevé de « boucher une
artère » càd les personnes souffrant
d’hypertension, de diabète, qui ont trop
de cholestérol, chez les fumeurs,…par exemple
pour leur éviter un accident dû à l’athérothrombose
!
On les utilise aussi systématiquement chez toutes
les personnes qui ont déjà, une fois dans
leur vie, fait une thrombose ( cardiaque, cérébrale
ou autre) dans une artère. Ces personnes présentent
effectivement un énorme risque de « reboucher » une
artère.
L’effet des fluidifiants
De très nombreuses études, portant sur
200 000 patients ! Ont démontré l’efficacité des
fluidifiants sanguins dans la réduction, la prévention
des bouchons artériels. De plus, on a constaté que
lorsqu’on arrêtait le traitement anti-aggrégant,
le nombre de thromboses augmentait très vite.
C’est pour cela que toutes les recommandations
médicales préconisent l’utilisation
de tels produits, à vie, chez les personnes à risque.
C’est pour cela aussi qu’il est dangereux
d’arrêter ce traitement, surtout sans avis
médical !
Si vous ne supportez pas votre traitement, parlez-en à votre
médecin ; des alternatives existent parmi les
anti-aggrégants, des moyens d’améliorer
leur tolérance gastrique aussi.
En conclusion
Si un anti-aggrégant ( acide acétylsalicylique,
clopidogrel, ticlopidine ) est prescrit à long
terme, c’est pour éviter de graves conséquences
de l’athérothrombose. Il est dangereux de
l’arrêter sans raisons médicales fondées.
*
on utilisera le mot aspirine comme terme générique,
fréquemment utilisé pour désigner
l’acide acétylsalicylique.