Grossesse
: les risques de la toxoplasmose et du CMV
Toutes
les femmes enceintes ou qui l’ont été le
savent : il faut éviter d’attraper la toxoplasmose
ou un cytomégalovirus durant la grossesse. Les gynécologues
testent si vous êtes immunisée, et si ce n’est
pas le cas, vous recommandent une attitude prudente.
Voyons
de quoi il s’agit et les risques encourus.
La toxoplasmose Le toxoplasme est un parasite très répandu.
Faire une toxoplasmose en dehors de la grossesse passe souvent
inaperçu.
Plus de 60% des femmes en âge de procréer ont
déjà contracté la toxoplasmose et sont
donc immunisées.
Le dépistage de l’immunité envers la
toxoplasmose fait partie des examens obligatoires lors du
diagnostic de grossesse.
Contracter une toxoplasmose pendant la grossesse peut être
la cause d’une fœtopathie (atteinte du fœtus)
et donc le dépistage est fondamental pour les femmes
enceintes non immunisées.
Il permet en cas de toxoplasmose évolutive de traiter
le plus vite possible afin d’éviter une toxoplasmose
congénitale.
Diagnostic
Le diagnostic d’immunisation ou non est fait à partir
d’une prise de sang qui va doser les anticorps « IgG ».
La présence d’anticorps « dont le laboratoire
fixe le seuil » permet de savoir s'il y a immunisation;
elle est confirmée par un deuxième prélèvement
15 jours plus tard.
Le dosage des « IgM » et « IgA » permet
en cas de doute d’apprécier si l’infection
récente ou ancienne.
Diagnostic d’infection pendant
la grossesse
biologique
Par étude du liquide amniotique à partir de
la 18 ème semaine, ce qui nécessite une amniocentèse « prélèvement
de liquide amniotique » au moins un mois après
l’infection.
echographique
Par surveillance échographique jusqu'à la
fin de la grossesse du cerveau, du foie, du liquide amniotique,
et du placenta.
Prévention
Toute femme enceinte non immunisée doit respecter
des règles hygiéno-diététiques.
Le parasite se rencontre :
Dans la viande
Dans les dejections de chat
Il est donc impératif
De se laver les mains après avoir manipulé de
la viande crue ou de la terre
De manger de la viande très cuite
De laver à grande eau tous les aliments souillés
par de la terre « fruits, salades etc. »
D'éviter le contact avec les chats et ne pas leur
donner de viande crue.
Enfin sachez que les kystes toxoplasmiques à l’origine
de la contamination :
Sont infectieux plusieurs mois à +4°
Sont détruits par la cuisson à plus de
70°
Sont détruits par la congélation industrielle à –30°
L’infection a CMV
L’infection à cytomégalovirus (CMV)
pendant la grossesse est certainement l’infection pour
laquelle la conduite à tenir est la plus controversée.
En effet il n’existe pas actuellement de médicament
curatif disponible.
La transmission de la mère vers le fœtus est
surtout importante lors d’une première infection.
Lorsque le fœtus est infecté par le CMV il est
estimé que 90% d’entre eux seront asymptomatiques
(c’est à dire sans séquelles), 10% présenteront
des séquelles neurosensorielles.
Le CMV
Il s’agit d’un virus ubiquitaire comme le virus
de l’herpès ou de la varicelle.
Il est sécrété dans la salive, les larmes,
le tube digestif, l’appareil respiratoire, les urines,
les sécrétions génitales, le lait.
La
prévention
C’est certainement l’élément le
plus important étant donné le peu de moyen
dont nous disposons pour le traitement.
Il existe des populations dites à risque :
Les personnels
soignant en particulier les crèches,
les services de réanimation, les services de greffes,
les services des immunodéprimés.
Les femmes ayant plusieurs partenaires sexuels.
Il est indispensable de respecter une hygiène stricte
;
Se laver les mains après chaque change des enfants.
Eviter le contact avec leurs larmes et leurs urines.
Eviter de partager cuillères, verres, nourriture
etc.…
La surveillance en cas d’infection
Durant la grossesse
de la mère infectée, la
surveillance devra se faire de façon étroite
par un échographiste de référence à la
recherche d’anomalies cérébrales, par
des écho-Dopplers à la recherche d’images
vasculaires, par la pratique éventuelle d’une
IRM fœtale.
Le problème de l’interruption
de grossesse.
Elle
pourra être proposée en accord avec la
famille en cas d’atteinte neurologique ou viscérale
(du foie en particulier)