Des
vacances au ski, c’est le bonheur ! Mais attention chaque année
on compte 150 000 blessés sur les 8,5 millions de pratiquants de sports
d’hiver. Petite révision avant de vous lancer à l’assaut
des pistes.
Il y a 20 ans, les accidents de ski engendraient essentiellement des fractures.
Depuis, les fixations ont été améliorées pour nous
protéger de la casse. Mais tout n’est pas rose pour autant. Du
fait de l’évolution du matériel, et plus particulièrement
des chaussures, la transmission des forces de torsion a lieu au niveau du genou.
Et là, les blessures sont nombreuses.
Attention les genoux Depuis 6 ans, les chiffres du réseau épidémiologique de
Médecins de Montagne mettent en avant un constat indiscutable : les
accidents du genou sont en nette augmentation et le réglage des fixations
peut être mis en cause. Un faux mouvement ou d’un choc sont à l’origine
de ses blessures. L’intensité de la douleur, le gonflement, mais
surtout l’instabilité du genou (le genou qui se dérobe
immédiatement est un signe de mauvais pronostic) signent la gravité de
la lésion. Il peut s’agir d’une entorse bénigne,
rupture du ligament latéral interne, ou beaucoup plus fréquemment
d’une entorse grave (rupture du ligament croisé antérieur).
Sur 95 000 accidents qui surviennent en ski alpin chaque hiver, l’entorse
du genou est la pathologie la plus fréquente, puisqu’un tiers
des skieurs en sont victimes. Parmi elles, 16 000 personnes sont atteintes
de sa forme la plus grave : la rupture du ligament croisé antérieur
(LCA).
Même si vous avez un bon niveau, vous n’êtes pas à l’abri
de ces accidents. Quel que soit leur niveau, du débutant au compétiteur
en passant par le professionnel, les skieurs sont tous touchés. Et si
vous êtres une femme, attention ! La gente féminine est particulièrement
exposée : leur risque de rupture du ligament croisé antérieur
est 3,5 fois supérieur à celui de l’homme alors même
qu’elles ne sont que 35 % sur les pistes.
Les fixations accusées Il faut savoir qu’un accident sur deux est dû à un réglage
des fixations "trop serré" et que près d’une
entorse du genou sur deux est la conséquence d’une fixation mal
réglée.
Un réglage trop faible, donc "pas assez serré", peut
provoquer un déchaussement intempestif de la chaussure et donc la chute
du skieur. Un réglage trop fort, "trop serré", ne permet
pas de déchausser en cas de chute, source d’un accident sur deux.
La rupture du LCA survient lors de l’opposition brutale du corps au changement
de direction ou lors de la chute arrière. Les fixations, mêmes
les plus récentes ne présentant pas de possibilité de
déclenchement dans tous les axes, les contraintes sont reportées
au niveau du genou et… génératrices de rupture ligamentaire.
Il est donc indispensable de faire régler et ajuster à chaque
séjour ses fixations chez un professionnel selon les normes en vigueur.
Ces normes prennent en compte le sexe, le poids et la taille de la chaussure
du skieur. Pour un réglage personnalisé, il est nécessaire
de fournir au skiman votre profil de skieur. Alors ne bidonnez pas et ne surestimez
pas votre niveau…
Grâce aux nouvelles normes de réglage de fixation entrées
en vigueur depuis 2000, le nombre de ruptures du LCA a diminué de façon
significative, moins 26 % sur la saison 2000-2001.
Casque obligatoire ? Si 9,7 % des accidents sur les pistes sont dus à une collision entre
skieurs, depuis une dizaine d’années, ce risque diminue régulièrement.
Cependant les enfants de moins de 11 ans et les personnes de plus de 55 ans
restent les plus exposés. L’extrême gravité des traumatismes
crâniens, soulignée par une étude entreprise à l’hôpital
de Grenoble devrait imposer le port systématique du casque. Ces traumatismes
majeurs, souvent dramatiques, sont sources de décès ou de séquelles
importantes et handicapantes. Ne jouez pas avec le feu, obligez votre enfant à porter
un casque qui le protège véritablement en cas de chute ou de
collision. Dites-lui qu’il ressemblera à un champion !
Enfin si vous êtes snowboarder, sachez que votre sport favori engendre
1,5 fois plus de risque d’accident que le ski alpin. Pour vous, ce n’est
pas le genou qui risque de vous conduire à l’hôpital, mais
une fracture du poignet. Alors n’hésitez pas à porter les
protèges poignets qu’utilisent les amateurs de skate-board !
Bonnes vacances et bon ski en toute sécurité.