La
consommation de cannabis est de plus en plus fréquente, et elle est
considérée par une grande partie de la population comme une pratique
relativement anodine, surtout depuis que sa consommation est légalement
permise. Pourtant, toutes les études à long terme le confirment
: les conséquences psychiques de l'utilisation des cannabinoïdes
peuvent être graves, surtout chez les jeunes.
Quelle est la consommation
moyenne des ados dans notre pays ?
A 16 ans, un garçon sur deux a fumé au moins un joint de cannabis.
A 16 ans, 41% des filles ont déjà fumé au moins un joint
de cannabis.
L'usage régulier de tabac concerne un garçon sur dix à 15
ans (11%) et un sur cinq à 16 ans (21%). Pour les filles, on passe de
14% à 15 ans à 24% à 16 ans.
A quoi ressemble le cannabis
?
A de l'herbe, également dénommée « marijuana ».
Il peut se présenter sous différentes formes : herbe, huile,
haschich (shit).
L'herbe (marijuana) : ce sont les feuilles, les tiges et les
sommités
fleuries de la plante appelée marijuana, qui sont simplement séchées.
Généralement mélangée avec du tabac, cette herbe
est ensuite roulée en cigarette (souvent de forme conique). Celle-ci
est le plus souvent appelée « joint », « stick », « pétard »… Le haschich (shit) : il s'agit d'une résine obtenue à partir
des sommités fleuries de la plante marijuana. Elle se présente
sous la forme de plaques compressées ou de barrettes, de couleurs, brune,
verte ou jaune selon les régions de production. Comme l'herbe, une fois
mélangé à du tabac, le shit se fume sous la forme d'une
cigarette, d'un « joint ». Le haschich est fréquemment coupé avec
d'autres substances plus ou moins toxiques, comme le henné, le cirage,
la paraffine…
L'huile : d'usage très peu répandu, c'est une préparation
plus concentrée en principe actif, consommée généralement
au moyen d'une pipe.
Existe-t-il un risque de dépendance avec le cannabis ?
Oui, la dépendance est surtout psychique. La consommation répétée et l'abus de cannabis entraînent
une dépendance psychique, moyenne à forte selon les personnes.
Les experts s'accordent à dire que la dépendance physique est
minime. Toutefois, la consommation régulière, qui souvent révèle
des problèmes sous-jacents, est préoccupante, particulièrement
chez les jeunes.
Même si l'on ne décrit pas de dépendance chimique, des
troubles psychiques peuvent entraîner une dépendance d'une autre
nature :
le cannabis augmente les troubles du sommeil : un jeune peut en arriver à ne
plus pouvoir dormir sans avoir pris un ou plusieurs joints ;
le frein motivationnel va entraîner une difficulté à arrêter
le cannabis, par incapacité à se motiver pour arrêter
tout simplement !
Quels sont les effets néfastes du cannabis ?
Le cannabis multiplie par 4 le risque de développer des symptômes
dépressifs et fumer du cannabis peut aggraver une dépression
déjà existante. Dans ce cas, il s'agit en fait de dépressions
sous-jacentes relativement bien supportées jusque-là et qui se
trouvent subitement fortement intensifiées. La consommation de cannabis
entraîne un trouble important de la motivation. Cet élément
peut sembler moins grave, mais il est très fréquemment présent
chez tous les fumeurs. De quoi s'agit-il ?
D'une négligence de soi (pas envie de s'habiller, de se laver…),
une distractibilité et une léthargie (pouvoir regarder par la
fenêtre pendant des heures…), un appauvrissement intellectuel (troubles
de l'attention, de la concentration, de la mémoire…). Ce manque
de motivation peut ressembler à une dépression, mais il ne peut être
amélioré par un traitement antidépresseur.
Les conséquences peuvent être dramatiques sur les projets professionnels
: un adolescent, jusque-là intéressé par une voie professionnelle,
peut s'en désintéresser totalement, et laisser passer des chances
de préparer un avenir qui lui aurait convenu parfaitement.
De fortes doses entraînent rapidement des difficultés, perturbent
la perception du temps, la perception visuelle, la mémoire immédiate
et provoquent une léthargie, ce qui peut être particulièrement
dangereux au volant ou en cas d'utilisation de certaines machines.
En cas de consommation régulière, le cannabis peut entraîner
des difficultés de concentration, des difficultés scolaires accompagnés
de risques sociaux (isolement, contacts marginaux…), et peut même
chez certaines personnes déclencher des hallucinations, un sentiment
de persécution…, ces effets pouvant se traduire par une forte
anxiété.
Il a été démontré que le cannabis peut déclencher
une grave maladie mentale, la schizophrénie, si la consommation débute
avant l'âge de 15 ans. Une étude a d'ailleurs démontré une
augmentation de 30% du risque de schizophrénie à l'âge
adulte.
De plus, chez les schizophrènes, l'usage de cannabis peut entraîner
des délires importants, intensifiant la pathologie.
L'usage de cannabis augmente le nombre de comportements à risques
potentiellement très graves, voire mortels : conduite dangereuse, abus
sexuels, non usage de préservatifs, défonce…
Selon la personne, la quantité consommée et la composition
du produit, le cannabis peut entraîner des effets physiques : palpitations,
diminution de la salivation (bouche sèche), gonflement des vaisseaux
sanguins (yeux rouges) et parfois sensation de nausée.
Lorsqu'on fume un joint, le volume de fumée inhalée est jusqu'à quatre
fois plus important qu'avec une cigarette classique de tabac. Avec des bouffées
plus profondes et un blocage plus long de la respiration, les quantités
de monoxyde de carbone et de goudron entrant dans les poumons sont considérablement
plus élevées. De plus, le goudron contenu dans le cannabis renferme
50% de plus de carcinogènes, agents susceptibles de
provoquer le cancer.
Ainsi, fumer trois joints de cannabis pur est aussi nocif pour les poumons
que fumer 20 cigarettes. Si le joint mélange cannabis et tabac,
les risques se multiplient.
Alors, l'idéal, c'est encore d'être informé et d'informer
les jeunes, mais aussi les très jeunes, bien avant l'adolescence, pour
leur faire prendre conscience que leur plus grande richesse, c'est leur cerveau,
et qu'ils ont intérêt à bien le traiter pour le garder
fonctionnel, et capable de leur apporter les plaisirs et les satisfactions
que la vie leur réserve !