Découvrez
l’action «DEPRESSION EN QUESTION», une initiative de la
Ligue Belge de la Dépression avec le soutien d’un Comité Scientifique.
La campagne de sensibilisation et d’information qui débute en
novembre 2004 s’articule autour de messages courts diffusés par
les radios belges, par une présence dans la presse écrite, la
création d’un site Internet.
«
La dépression en question » est bien entendu abordée à travers
des questions et réponses simples : Qui est concerné, quelles
sont les causes, à qui s’adresser, comment se soigner…
La dépression : sujet tabou, maladie non reconnue pour certains, méconnue
pour d’autres touche aujourd’hui plus de 10 % de la population
belge.
Lancement dès ce mois de novembre d’une campagne à l’initiative
de la Ligue Belge de la Dépression.
Cette action aborde la dépression par le biais d’une information
simple à travers différents médias et s’adresse
aux citoyens belges de tout âges.
Les réponses sont apportées par des spécialistes : médecins
généralistes, psychologues, psychiatres, pédopsychiatres
qui ont au préalable étudier les questions relatives à la
dépression, la manière d’aborder le sujet et de répondre
aux questions.
La Ligue Belge de la Dépression a bénéficié du
soutien du Ministre de la santé, Monsieur Ruddy Demotte, de la Pfizer
Foundation et du comité scientifique constitué de médecins
généralistes, psychiatres et pédopsychiatres
LA DEPRESSION
en 15 QUESTIONS et 15 REPONSES
Qui peut avoir une dépression ?
Tout le monde peut faire une dépression.
La dépression peut survenir à tout âge et quelle que soit
la classe sociale : cela va de l’étudiant présentant des
difficultés scolaires, à la femme en proie à des problèmes
de couple et de famille, à une personne confrontée à un
stress mal géré, …
Comment reconnaître la dépression d’un
simple coup de blues?
Le coup de blues ou déprime est un état passager de quelques
jours. Il se traduit par de la tristesse, un ras-le-bol général,
par de la contrariété ; c’est la personne qui dira «j’en
ai marre».
La dépression, c’est un état qui dure depuis au moins deux
semaines et qui se traduit surtout par un manque de goût de vivre, de
la fatigue, des troubles du sommeil, de l’appétit, de la concentration,
de la mémoire et des idées noires, voire suicidaires.
La dépression est-elle une maladie fréquente
?
Oui, sans aucun
doute.
En Belgique, près de 1,2 million de personnes courent le risque de connaître
au moins une fois la dépression au cours de leur vie. De plus, le risque
de récidive est accru chez les personnes qui ont déjà connu
la dépression une première fois.
Une maladie également fréquente chez les personnes âgées
atteintes de maladie et de solitude et chez les adolescents.
Quelles sont
les causes de la dépression?
Plusieurs facteurs peuvent
intervenir : sensibilité héréditaire,
vécus dans l’enfance (traumatismes, décès, éducation,…),
une personnalité anxieuse ou perfectionniste, des situations de stress
au travail, en famille, comme par ex. des situations de deuil, maladies, troubles
anxieux et dépendance. Au plus de facteurs seront présents chez
une personne, au plus élevé sera le risque de dépression.
Certaines plaintes physiques peuvent-elles être le signe d’une
dépression ?
Oui. Lorsqu’on est dépressif, on se sent souvent fatigué,
sans ressort, on mange et dort moins bien, on est sensible à la douleur.
De plus les personnes souffrant de certaines maladies douloureuses ou dont
leur fonctionnement est ralenti, développent plus souvent une dépression.
De plus, certains de ces signes peuvent être précurseurs d’un état
dépressif ; faites y attention.
A qui parler quand on est mal, que
rien ne va plus, quand on est déprimé?
Il
est important de penser au médecin généraliste. Celui-ci
est le médecin de proximité au sens propre comme au figuré.
Il vous recevra rapidement. Il sera choisi en fonction de sa capacité d’écoute.
Bien souvent le fait de pouvoir exprimer en toute franchise son mal-être
et d’être entendu est une étape importante vers la guérison.
Le médecin généraliste établira un diagnostic et
proposera une prise en charge adaptée et vous aiguillera vers un spécialiste
si nécessaire. Mais c’est surtout lui qui saura
vous entendre.
Peut-on soigner efficacement une dépression?
Certainement. Le traitement
de la dépression s’articule autour
de deux axes : le traitement médicamenteux et l’aide psychologique
ou psychothérapie. La combinaison des ces 2 approches est très
importante. Grâce à cela, plus de 70% des patients sont rapidement
aidés.
Mais, comme pour toute maladie, au plus tôt débute sa prise en
charge, plus grandes sont ses chances de succès.
La prise de médicaments est-elle nécessaire
pour traiter une dépression ?
Les médicaments aident à corriger les perturbations physiologiques
responsables de toute une série de symptômes
bien connus de cette maladie.
La médication est souvent nécessaire, parfois indispensable,
mais doit toujours être associée à une écoute et
une information tant du patient déprimé que de son entourage, à titre
de soutien et de motivation.
Peut-on devenir “accro” aux antidépresseurs
au point de ne plus pouvoir s’en passer?
Non, contrairement aux somnifères et calmants qui souvent engendrent
une accoutumance et une dépendance, on ne trouvera pas ces effets avec
les antidépresseurs du fait d’une mécanisme d’action
totalement différent de ces derniers.
Les antidépresseurs, ce n’est pas une drogue.
Peut-on arrêter un traitement antidépresseur
lorsqu’on
se sent mieux?
Pour prévenir la rechute, il est important de prolonger la prise des
médicaments encore quelques mois après disparition des symptômes.
Si l’on a connu plusieurs épisodes de dépression, il sera
important de suivre le traitement médicamenteux plus longtemps, voire
dans certains cas, à vie.
Dans tous les cas, ne tentez jamais de modifier ou stopper
le traitement sans consulter l’avis du médecin.
Jeunes, adultes et personnes âgées connaissent-ils
les mêmes
dépressions ?
Les symptômes de la dépression sont différents selon l’âge.
Ainsi, chez les jeunes, la tristesse est souvent masquée par des troubles
du comportement comme des conduites à risque, la consommation de drogues,
des fugues et des comportements asociaux. Chez les personnes âgées,
il faudra par contre être attentif à l’isolement et aux
troubles de la mémoire qui cachent parfois une dépression.
Hommes et femmes connaissent-ils les mêmes dépressions
?
Jusqu’à 55 ans, les femmes sont deux fois plus touchées
par la dépression que les hommes.
Ce qui les différentie sera la façon dont la dépression
sera exprimée.
Les femmes verbalisent leurs symptômes, leur douleur ; elles se plaignent
et se confient plus facilement, alors que les hommes s’isolent et tentent
d’agir seuls en recourant à des comportements abusifs tels que
le recours à l’alcool, l’agressivité, l’irritabilité.
Les enfants peuvent-ils être dépressifs? Comment
les aider ?
Oui, la dépression est une réalité chez l’enfant.
Comment
la percevoir ?
Son mode d’expression est des plus variables : les diminutions ou augmentations
d’appétit, les pleurs pour un rien, les « bouderies »,
certaines colères ou comportements violents et bien sûr les échecs
scolaires peuvent cacher une dépression. S’installe alors une
image négative de soi, une colère sourde et souvent une certaine
maladresse accentuées par l’irritation et les réponses
agacées de l’entourage. L’enfant a honte, il a le sentiment
d’avoir perdu l’estime de l’autre et de ne plus être
digne de l’amour de ses proches. C’est le cercle vicieux de la
dépression.
Comment l’aider, comment y faire face au quotidien
?
Pour soi-même et pour l’enfant, la dépression, c’est
parfois être confronté aux côtés
troubles, cruels et injustes de la vie.
Prévenir et y faire face au quotidien, c’est donc d’abord
accepter l’idée qu’elle existe chez l’enfant et ensuite
de croire en sa capacité de l’affronter.
C’est donc être à l’écoute de son enfant, lui
parler mais surtout être intéressé à ce qu’il
fasse valoir son point de vue....autrement dit l’aider et nous aider à un
véritable échange ; ce qui implique de pouvoir dire ses éventuelles
différences d’opinion. C’est laisser à l’enfant
l’occasion de trouver « ses mots pour dire son désarroi » même
si c’est laborieux. C’est cela, consoler.
Vous pouvez aussi demander l’avis du médecin traitant ou du psychologue
de l’école.
Comment aider une personne dépressive?
La première chose à faire est de ne pas juger la personne qui
se confie à vous. Très souvent, une grande partie de la tristesse
vient d’un sentiment de culpabilité d’être dans cet état.
Il faudra donc soutenir la personne et, si le tableau perdure, l’encourager à consulter
son médecin traitant, voire même l’accompagner à la
consultation.
Les personnes dépressives cherchent-elles toujours
de l’aide
?
A peine la moitié des personnes déprimées
cherchent une aide professionnelle.
Il y a plusieurs raisons à ce comportement :
certains pensent ou on leur dit qu’ils doivent s’en sortir eux-mêmes
;
ils ont peur du regard et de l’opinion des
autres ;
ils craignent l’hospitalisation et ses coûts
;
de façon plus générale, ils ne
savent pas à qui
s’adresser