Malgré les
nombreuses campagnes d’information sur le don d’organes
et les progrès constants en terme de performance scientifique,
on doit toujours faire face à un manque permanent
d’organes ; c’est le cri d’alarme lancé par
l’ASBL ABDOT ( Association Belge du Don d’Organes
et de Tissus ) !
Les receveurs potentiels attendent trop longtemps, des trafics
sont révélés mais le frein principal
dans nos pays reste la réticence des familles !
Le don
d’organe est un geste de solidarité extraordinaire
qui permet de sauver des vies mais aussi de soulager ceux
qui souffrent dans l’attente d’un donneur adéquat.
Hélas, cette pratique, bien qu’acceptée
culturellement dans nos pays, n’est pas encore entrée
dans nos mœurs. Les refus émanant des familles
endeuillées sont encore très fréquents
et c’est là la source du problème.
«
Il faut bien dire que c’est une épreuve très
douloureuse, au moment le plus difficile, que d’être
confronté à cette demande du médecin
qui vient de vous annoncer la perte d’un proche. Il
faut, dans le même temps, accepter une triste réalité et
prendre du recul en prenant une décision d’espoir
: quel paradoxe ! « Explique le Dr Van Heule.
Mais savent-ils qu’un seul donneur peut sauver plusieurs
vies ? qu’un tiers des personnes en attente d’un
don succombent après avoir attendu de longs mois en
vain… ?
Manque d’information
Les craintes les plus souvent
invoquées par les proches
concernent la « mutilation » des corps des défunts.
On peut cependant certifier que, dans tous les cas, même
en cas de prélèvement de tissus osseux par
exemple, on procède à une reconstruction par
des prothèses, des moules en plâtre,…C’est
donc un corps tout à fait « reconstruit » qui
pourra être inhumé.
La seconde crainte concerne la certitude de décès.
Les lois belges prévoient, avant tout prélèvement
d’organe, que trois médecins, indépendants
de l’équipe de prélèvement, confirment
le diagnostic de mort cérébrale.
Pratiquement,
les prélèvements ne peuvent
se faire que selon certains critères. Sur les personnes
en état de mort cérébrale mais dont
le cœur bat toujours, on peut prélever tous les
organes dits « nobles » càd les reins,
le pancréas, le foie, les poumons,…Sur une personne
dont le cœur ne bat plus, on ne prélève
que des tissus : os, tendons, peau, articulations, veines
et artères, valves cardiaques,…
Eurotransplant
Eurotransplant est une institution internationale,
située à Leyden
aux Pays Bas, qui regroupe les différents centres
de transplantation et les laboratoires d’analyse de
compatibilité et centralise l’ensemble de leurs
informations. Son but est de gérer et de coordonner
l’échange donneurs/receveurs à travers
l’Europe en analysant rapidement toutes les données
de compatibilité et sélectionnant le meilleur
candidat à la greffe.
Un registre de refus
Dans chacun des huit centres de transplantation
belges, on consulte avant tout le registre national. Si une
quelconque
opposition a été signalée par le donneur
du temps de son vivant, elle sera bien entendu respectée.
Il en va de même pour toute réticence qui aurait été formulée
oralement à ses proches, au personnel soignant,…
Dans tous les cas, la famille est informée et la volonté du
défunt respectée.
Reste à espérer que l’amour
et le respect de la vie soient plus fort que la peine de
la mort…