30
à 50% des effets indésirables des traitements
pourraient être évités.
Si le bon usage était respecté
Dans les conditions normales de vieillissement, des modifications
touchent notamment les reins et le système cardio-vasculaire
: 20 % des personnes de plus de 80 ans ont une insuffisance
rénale importante (qui ralentit l’élimination
de certains médicaments)…
En outre, les personnes âgées ont en moyenne
3 à 5 maladies, ce qui explique en partie le nombre
important de médicaments qu'elles prennent (en moyenne
4 à 6
médicaments par personne).
Enfin, l'équilibre métabolique des personnes âgées est précaire car il peut à tout moment être mis en péril par une maladie aiguë surajoutée
(par exemple une infection pulmonaire fébrile entraîne une déshydratation, elle-même à l'origine d'une diminution de l’élimination rénale
de certains médicaments).
Toute action médicamenteuse ou non médicamenteuse, apporte un bénéfice pour le malade, mais aussi un risque d’effet indésirable plus ou moins
important en raison de l’efficacité même
du traitement.
Les effets indésirables des médicaments sont, après 65 ans, 2 à 3 fois plus fréquents et plus graves, et sont à l’origine de 10 à 15%
des hospitalisations. Certains sont des effets « prévisibles » (exemple des hémorragies avec un médicament
anticoagulant); d'autres ne le sont pas (exemple : certains
accidents allergiques).
Tous les effets indésirables ne sont donc pas liés à une « erreur » et il existe des mesures de prévention. 30 à 50% des effets indésirables
des médicaments pourraient être évités par des mesures de prévention.
Celle-ci
concerne trois types d'actions tout à fait complémentaires
:
-optimiser la connaissance du médicament en développant les informations fournies par la recherche avant la commercialisation, ainsi que les informations recueillies après
la commercialisation (pharmacovigilance), mais aussi en informant les médecins et les pharmaciens pour qu'ils adaptent les résultats des études aux malades soignés
en pratique quotidienne.
- former le prescripteur aux spécificités de la thérapeutique gériatrique,
notamment pour:
adapter les objectifs et les modalités thérapeutiques
au malade pris en charge,
privilégier les médicaments dont l’efficacité est la plus validée,
évaluer dans la mesure du possible le risque d’accident par rapport
au bénéfice
attendu,
éviter les associations médicamenteuses à risque
ou les surveiller lorsqu'elles sont indispensables,
renforcer la surveillance, notamment à l’occasion d'une maladie intercurrente, d'une nouvelle prescription ou de la prescription de nouveaux médicaments.
-informer le malade et son entourage est capital pour :
éviter la consommation injustifiée de médicaments,
limiter et contrôler l’automédication,
respecter l’observance.