Malgré l'augmentation de l'obésité au cours
de la dernière décennie, on constate parallèlement
une diminution de l'apport énergétique d'origine
alimentaire.
Selon les données de l'UK National Food Survey (corrigées
pour l'apport énergétique hors de la maison),
l'apport énergétique moyen par personne a diminué
de 20% entre 1970 et 1990.
Prentice et Jobb ont établi en 1995 que les données
de la National Food Survey étaient corroborées
par des études particulières sur l'apport énergétique
d'origine alimentaire.
Ils sont arrivés à la même
conclusion : le pourcentage d'énergie d'origine lipidique,
même s'il est élevé, est resté stable
au cours des 20 dernières années. Par conséquent,
l'apport énergétique et l'apport lipidique ne
peuvent à eux seuls expliquer le caractère apparemment
épidémique de l'obésité.
Dans nos sociétés d'abondance, peu de gens
ont un travail physiquement pénible et la plupart de
nos habitations sont équipés d'appareils ménagers
et ont le chauffage central. Aucun de ces changements n'est
facilement quantifiable, mais il est clair que la plupart
des adultes, minces ou obèses, mènent une vie
sédentaire.
Au Royaume Uni, deux enquêtes d'activité ont
montré que 7 hommes sur 10 et 8 femmes sur 10 n'ont
aucune activité physique (Allied Dunbar, 1992i OPCS,
1990).
Alors qu'en Ecosse dans les années 80 les enfants
avaient à peu près le même poids et la
même taille que dans les années 30, leur apport
énergétique était environ de 16% et 25%
plus faible, respectivement, chez les garçons et les
filles (Durnin, 1992), ce qui montre que les enfants dépensent
moins d'énergie, c'est à dire qu'ils ont moins
d'activité physique aujourd'hui qu'autrefois. Livingstone
a montré à l'aide de techniques modernes pour
mesurer l'énergie, que la quantité d'énergie
dépensée en activité physique diminue
avec l'âge chez les enfants et les adolescents (Livingstone
et coll., 1994).
Cela indique une tendance préoccupante vers un style
de vie plus sédentaire dans l'adolescence.
Il est notoirement difficile de mesurer l'activité
physique de manière précise et peu d'études
ont tenté de le faire. C'est pourquoi Prentice et Jobb
ont décidé d'examiner les statistiques du temps
passé à regarder la télévision
et de l'utilisation des voitures comme mesure de substitution
pour l'inactivité.
L'Anglais moyen passe actuellement 26 heures par semaine à
regarder la télévision, contre 13 heures seulement
en 1960. De plus, le nombre d'heures passées devant
la télévision est plus élevé dans
les catégories socio-économiques les plus basses,
dans lesquelles on trouve également une plus grande
fréquence de l'obésité (Prentice et Jebb,
1995).
L'activité physique n'est pas à elle seule un
moyen de guérir l'obésité; cependant
des spécialistes recommandent l'association d'un régime
et de l'exercice car celui-ci diminue la perte de masse corporelle
non adipeuse qui survient au cours du régime, ce qui
aide à maintenir le métabolisme basal; en particulier,
une activité physique de faible intensité comme
marcher d'un bon pas favorise l'oxydation des graisses; et
il est prouvé que l'oxydation des graisses diminue
chez les personnes obèses ou qui l'ont été
(Frayn et Després, 1995); ce type d'exercice est particulièrement
bénéfique pour ces personnes.
Ainsi la plupart des spécialistes recommandent maintenant
que chacun essaie d'augmenter son activité physique
quotidienne. Même l'augmentation de l'activité
physique qui provient de nombreux petits changements dans
les habitudes comme par exemple utiliser l'escalier au lieu
de l'ascenseur, aller à pied faire les courses ou faire
le tour du bureau parfois au lieu de rester assis toute la
journée, peut entraîner une différence
significative dans la dépense totale d'énergie.
Quant à ceux qui ont déjà une activité
physique, aller à bicyclette au lieu de prendre la
voiture ou prendre part à des activités dirigées
au cours des loisirs peut également les aider à
conserver un poids corporel sain.
Mis à part un rôle possible dans la prévention
de l'obésité, l'activité physique a d'autres
avantages. Elle agit sur le métabolisme et augmente
le taux de HDL-cholestérol protecteur. Elle favorise
le traitement corporel des graisses alimentaires et augmente
la capacité du corps à utilise le glucose, réduisant
ainsi le risque de diabète chez les personnes prédisposées.
Il est de plus en plus évident que le fait de conserver
un niveau convenable d'activité physique tout au long
de la vie peut faire baisser la fréquence des maladies
dites pléthoriques comme les coronaropathies et certains
cancers.