Problème
très fréquemment rencontré, les dyspepsies
constituent la première cause de consultation en gastro-entérologie.
De quoi s’agit-il exactement?
Définition
Les dyspepsies regroupent tous les troubles fonctionnels siégeant
dans la sphère digestive haute. Elles correspondent,
en fait, à ce que l’on nomme couramment “la
mauvaise digestion” sans qu’aucune lésion
organique ne soit décelable.
En effet, elle serait l’une des principales maladies
psychosomatiques: par ses symptômes, le malade tente
d’exprimer, d’extérioriser quelque chose
(problèmes familiaux, sociaux, professionnels,...).
Des erreurs diététiques sont parfois seules
en cause mais elles sont difficiles à corriger.
Quelles en sont les manifestations ?
L’individu demande conseil car, depuis des mois ou des
années, il a l’impression de digérer “mal”
ou “lentement”. Il se plaint de nombreux problèmes:
éructations, hoquets, brûlures à l’estomac,
sensation de gonflement après le repas, incapacité
de terminer un repas normal, ballonnement abdominal, brûlures
derrière le sternum, régurgitations de liquide
amer, nausées, vomissements,...
Ces symptômes sont sous-tendus par des troubles fonctionnels
de l’estomac (sécrétoires et moteurs).
Les douleurs dyspeptiques sont totalement différentes
des douleurs ulcéreuses, pancréatiques ou
biliaires. Elles siègent au creux sternal, mais n’ont
pas de point précis. Elles peuvent irradier partout.
Il s’agit en général d’une impression
de pesanteur épigastrique plus ou moins douloureuse,
parfois seulement gênante. Les brûlures vraies
de l’estomac sont rares. L’alimentation non
seulement ne les calme pas (contrairement aux douleurs de
l’ulcère) mais elle les provoque, obligeant
le sujet à interrompre son repas.
Tous les aliments sont mal supportés. Aucune position
ne soulage totalement le patient sauf, parfois, la position
allongée après le repas. Les douleurs n’ont
pas d’horaire précis et sont souvent continues:
l’individu ne se sent jamais vraiment bien. Cependant,
dans certains cas, elles peuvent s’atténuer
ou disparaître durant les vacances.
Une constipation est souvent associée.
Un météorisme accompagne les douleurs. Il
peut également exister isolément. Il se traduit,
d’une part, par un ballonnement épigastrique
plus ou moins gênant obligeant le sujet à desserrer
sa ceinture pendant le repas et, d’autre part, par
des éructations (aérophagie).
>>Téléchargez
l'arbre de décisionL’état nauséeux
est habituel et accompagné de bouche pâteuse,
de langue épaisse ou “chargée”,
de goût désagréable dans la bouche,
de mauvaise haleine,...
Les vomissements sont rares et surviennent juste après
le repas.
Il n’y a pas d’altération de l’état
général: pas d’amaigrissement et un
certain embonpoint peut même exister.
L’appétit est parfois diminué. En
fait, cette anorexie est instable et s’améliore
pendant les vacances. Les malades évitent de manger
non par manque d’appétit mais parce qu’ils
redoutent l’inconfort postprandial.
D’autres symptômes fonctionnels sont parfois
associés tels que palpitations, douleurs thoraciques,...
Les signes d’un déséquilibre neurovégétatif
sont souvent retrouvés:
– hypervagotoniques: anxieux, pâles, mains froides,
bradycardie;
– hypersympathicotoniques: bouffées de chaleur,
palpitations, agitation, émotivité,...