On assiste depuis 30 ans à une baisse de la fertilité masculine.
D'après plusieurs études, les sportifs sont particulièrement
concernés par ce phénomène. Explications.
Depuis
la Seconde Guerre mondiale, on assiste à une
dégradation de la semence masculine. La concentration
moyenne de l'éjaculat est passée ainsi de
40 à 20 millions de spermatozoïdes/ml. Cela
paraît suffisant. Mais il faut savoir qu'en dessous
de 10 millions, la conception devient très difficile.
Aujourd'hui, on estime qu'un couple sur six éprouve
des difficultés à procréer contre
un sur dix auparavant.
A l'avenir, les choses pourraient
se compliquer encore. D'après les enquêtes les plus récentes,
le phénomène de raréfaction des spermatozoïdes
se poursuit au rythme affolant de 2 à 3% l'an. Pour
une fois, le sport ne protège pas de cette menace.
Il pourrait même constituer un facteur aggravant.
Point
trop n'en faut
Certaines études ont démontré que,
lors d'un programme d'insémination artificielle,
le taux de réussite baissait lorsque le donneur
avait une activité physique intense.
Plusieurs explications
ont été proposées.
On sait que les épisodes de fatigue intense perturbent
la spermatogenèse (formation des spermatozoïdes).
On a évoqué aussi un problème de température
lié à une chaleur excessive du corps à l'effort.
Le frottement des pièces de tissus synthétiques
serait également préjudiciable au bon fonctionnement
des gonades, voire l'accumulation des chocs dans des disciplines
de contact comme le football. Enfin, on a évidemment
incriminé le stress dont on sait, notamment par
des expériences sur des animaux en captivité,
qu'il est très préjudiciable à la
fertilité.
Menaces en vrac
Ces risques spécifiques liés au sport s'ajouteraient
alors à l'influence délétère,
réelle ou supposée, de très nombreux
polluants: halogènes, diols, éthers de glycol,
plomb, etc. Les Anglo-saxons parlent d'"endocrine
disruptors" ("perturbateurs de l'activité des
glandes endocrines") pour des substances qui fragiliseraient
spécifiquement les membranes des spermatozoïdes.
On
craint aussi la propagation dans l'environnement de molécules synthétiques dites "œstrogen-like" ("mimétique
des œstrogènes") qui ressemblent très
fort aux hormones sexuelles féminines.
Pour d'autres
experts, nos difficultés actuelles
seraient le résultat de bouleversements d'ordre
alimentaire avec une inflation de la consommation de produits
laitiers et des préparations à base de soja
(riche en oestrogènes) alors qu'on manque souvent
de vitamines et minéraux élémentaires.
Une étude menée à Singapour révélait
ainsi que les hommes stériles présentaient
un taux de zinc dans le sang systématiquement inférieur à la
moyenne. Là encore, on sait qu'une grande partie
des sportifs ne subviennent pas totalement à leurs
besoins en zinc. D'autres pointent le déficit en
sélénium.
Bref, les hypothèses ne manquent pas. Il reste
seulement à déterminer quelle est la bonne!