C’est un incident qui s’est produit
au Japon il y a quelques années qui a éveillé l’alerte
: après diffusion à la télévision
d’un épisode de Pokemon, près de 700
personnes avaient été hospitalisées
pour convulsions épileptiques. Parmi elles, principalement
des enfants, 75% n’avaient jamais auparavant présenté de
symptômes d’épilepsie.
C’est une chose bien connue des neurologues depuis
longtemps : des éclairs lumineux en série,
des changements rapides de couleurs,… peuvent être
déclencheurs de crises d’épilepsie. Les
sujets épileptiques savent qu’ils doivent se
méfier des longues routes bordées d’arbres
ou des lumières des discothèques, par exemple.
Cet incident japonais apportait aux scientifiques des éléments
nouveaux : des séquences vidéo lumineuses pouvaient
déclencher une épilepsie réflexe.
L’analyse minutieuse de cette séance de dessin
animé mise en cause a révélé la
présence de nombreuses images de couleur rouge de
faible intensité lumineuse alternant avec des stimuli
bleus intensément lumineux.
Ensuite, on a montré l’épisode incriminé des
pokemon à 25 personnes épileptiques photosensibles
et constaté avec étonnement la stimulation
de crises chez 23 d’entre-elles !
Cette constatation confirme des résultats obtenus
par des chercheurs qui analysent la sensibilité de
personnes épileptiques à un stroboscope.
On sait que le nombre de personnes sensibles augmente lorsqu’on
place un filtre rouge devant la lampe. On a également
remarqué la sensibilité à certains
motifs tels que rayures ou carreaux très contrastés.
Par contre, la réduction des contrastes de couleurs
par un filtre entraîne une diminution remarquable
des phénomènes de photosensibilité et
des convulsions réflexes.
Parallèlement à une meilleure connaissance
des phénomènes de photosensibilité épileptique,
c’est à de nouvelles directives sur les productions
vidéo que ces études ont abouti.
Actuellement, elles ne concernent que les émissions
projetées en télévision et non les
jeux ou images Internet mais il est probable que ces règles
de prudence en matière de prévention de l’épilepsie
enfantine soient élargies dans un proche avenir.
En outre, des outils de mesure du danger, développés
par les équipes de scientifiques, sont aujourd’hui
disponibles et proposés à l’industrie
de l’audio-visuel.