COMMUNIQUE
DE PRESSE CONCERNANT LA PROBLEMATIQUE DU TIERS PAYANT
Le
Ministre Rudy Demotte voudrait apporter un nombre de précisions
à propos de la communication dans La Dernière
Heure concernant l’exclusion de catégories de chômeurs
de longue durée et de personnes handicapées de
l’application de la réglementation du tiers payant...
[ 30/9/2003 ]
La réglementation du tiers payant prévoit que
la part des honoraires remboursée par la mutuelle soit
directement versée au médecin, à l’infirmier
ou à l’infirmière, au kinésithérapeute
par l’organisme assureur.
Dans ce cas, le patient ne
paye que le ticket modérateur et pas l’honoraire
complet : il ne doit donc plus se rendre à la mutuelle
afin d’être remboursé.
Dans un nombre de cas, comme lors d’une hospitalisation,
cette procédure « dite du tiers payant »
est obligatoire. Dans une série d’autres situations,
cette procédure est facultative : cela dépend
du professionnel des soins de santé, qui décide
ou non de régler ses comptes directement avec la mutuelle
(de plus, le professionnel des soins de santé, doit
appliquer les tarifs légaux).
Dans d’autres situations, comme lors d’une consultation
ou d’une visite à domicile du médecin,
le tiers payant ne peut pas être appliqué. Il
existe une série d’exceptions à cette
règle, c’est précisément à
propos de ces exceptions qu’un problème a été
identifié. Une précision s’impose pour
éviter les malentendus : les exceptions à l’interdiction
de l’application ne constituent pas un droit des patients,
mais une faveur octroyée par décision du professionnel
des soins de santé. En pratique, peu l’accordent.
Dans le passé, l’exception à l’interdiction
était possible pour les familles qui entraient en ligne
de compte pour la « franchise sociale ». La franchise
sociale n’existe plus depuis 2002, remplacée
par le maximum à facturer pour toutes les familles.
(MAF) Lors de cette instauration, la distinction était
faite entre trois catégories : une catégorie
d’assurés sociaux dont il est tout à fait
clair qu’ils ne disposent que d’un petit revenu
et pour laquelle a été établi automatiquement
un maximum de 450 EUR (annuel) pour les tickets modérateurs
(le « MAF social ») ; une catégorie de
modestes revenus, pour laquelle une limite de 450 ou 650 EUR
a été instaurée et pour laquelle on vérifie
chaque année le revenu familial (« le MAF des
revenus ») et une catégorie de revenus plus élevés
(le « MAF fiscal » ).
La différence entre la deuxième et la troisième
catégorie se situe au niveau du mode de remboursement
: pour la deuxième catégorie, le remboursement
est effectué immédiatement après que
la limite de 450 ou de 650 EUR a été dépassée
( après que la mutuelle a contrôlé le
revenu familial.) Au niveau de la troisième catégorie,
le remboursement s’effectue lorsqu’on paye les
impôts, donc généralement deux ans plus
tard.
Les chefs de familles ou les personnes isolées qui
sont au chômage depuis plus de 6 mois et qui ne profitent
pas d’un traitement de faveur ainsi que les personnes
handicapées qui reçoivent une prime d’intégration
de la catégorie 3 ou 4 et pour lesquelles il n’y
a pas d’intervention sous la forme d’un revenu
de remplacement, font (en fonction de leur revenu familial)
partie de la deuxième ou de la troisième catégorie.
Auparavant ils disposaient de la franchise sociale. Ces personnes
ressortissent désormais de la deuxième catégorie
du MAF, parce que tous les ayants droits ne disposent pas,
par définition d’un bas revenu. Par conséquent,
une vérification des revenus est nécessaire
afin de définir le plafond du MAF auquel ils ont droit
et le mode de remboursement (différé) que le
système leur octroie.
Etant donné que la réglementation du tiers
payant se réfère à la franchise sociale,
celle-ci devrait être adaptée. Après concertation
au sein de l’INAMI, la décision a été
prise d’appliquer le règlement d’exception
aux ayants droit du MAF social. Cette application mécanique
a abouti à l’exclusion de plusieurs milliers
de personnes du système.
Aujourd’hui le Ministre Demotte veut revenir à
la réglementation qui était d’application
avant la modification. En effet, il considère qu’il
est inacceptable que les chômeurs de longue durée
ou les personnes handicapées qui disposent d’un
bas revenu, personnes fragilisées s’il en est,
soient contraintes d’avancer les frais complets des
honoraires, alors qu’ils ne devaient pas le faire antérieurement.
Le Ministre a demandé à l’INAMI de proposer
rapidement et en concertation avec les mutuelles une adaptation
des textes et de la réaliser, si possible, avec effet
rétroactif. Le Ministre attend ce texte d’ici
un mois.