Peut-on
m`opérer sans mon consentement, mon médecin
doit-il me donner toute l`information, puis-je consulter un
autre médecin, à qui m`adresser si je ne suis
pas satisfait des soins, puis-je avoir accès à
tout mon dossier médical ?
Aujourd`hui, une loi vous permet de connaître vos
droits et de les exercer.
Si vous êtes
majeur, vous pouvez exercer vous-même vos droits
de patient. Il peut néanmoins arriver que vous
soyez incapable de les exercer, par exemple en cas de
coma, d’anesthésie, de démence....
N’attendez pas, prenez vos précautions
en désignant dès à présent
une personne pour exercer vos droits dans ces circonstances
particulières : le mandataire.
Comment faire ?
Choisissez une personne majeure
en qui vous avez confiance pour exercer vos droits en
votre nom.
Rédigez un document avec le nom du mandataire
et la date. Le mandataire et vous-même devez signer
ce document.
Précisez dans ce document ce que vous attendez
exactement du mandataire et vos attentes éventuelles.
Donnez une copie de ce document à votre médecin
traitant et à votre mandataire.
Vous pouvez, par la même
procédure, à tout moment révoquer
votre mandataire.
Si vous n'avez pas désigné de mandataire
:
dans ce cas, si vous n’êtes plus capable
d’exercer vous-même vos droits, ils seront
exercés par un représentant. Ce sera dans
l’ordre : l’époux ou le partenaire
cohabitant, un enfant majeur, un des deux parents, une
sœur ou un frère majeur.
S’il n’y a pas de représentant, ou
si aucun accord ne peut être trouvé, c’est
le professionnel de santé qui décide pour
vous. Il va dans ce cas consulter d’autres professionnels.
Conseils
désignez dès aujourd'hui votre
mandataire,
précisez clairement vos attentes.
Le professionnel doit suivre
la décision de votre mandataire ou de votre représentant...
sauf, si votre santé est menacée (par
ex. refus d’une transfusion) et s’il n’est
pas clair qu’il s’agisse de votre décision.
Dans ce cas, le professionnel doit refuser cette décision.
Vous avez
droit à des soins de qualité tenant
compte des connaissances médicales actuelles
et des moyens disponibles.
Vous avez droit au respect de votre dignité
humaine et de votre autonomie. Aucune distinction
de classe sociale, de nationalité, de situation
financière ne peut être faite.
Si un professionnel refuse de vous soigner, il doit
vous orienter vers un autre professionnel.
Vous avez
le droit de choisir librement la personne qui vous
soigne, y compris par exemple si votre médecin
vous conseille de consulter un spécialiste
ou vous oriente vers un confrère.
Vous avez le droit de prendre contact avec différents
professionnels et demander un deuxième avis
si vous le souhaitez.
L’information
concernant votre santé ne peut pas être
communiquée à des tiers sauf exceptions
prévues par la loi. Sauf avec votre accord,
seules les personnes nécessaires sont autorisées
à être présentes lors des soins,
examens ou traitement...
Le professionnel
doit vous informer, en temps utile, dans un langage
compréhensible. Vous pouvez demander à
confirmer ces informations par écrit.
Quelles informations ?
Concernant votre santé : lLe diagnostic,
l’évolution probable, les recommandations,
le traitement… Concernant une intervention
possible : le but, l’urgence, la durée,
les effets secondaires, les risques…
le coût financier, les alternatives éventuelles.
Si vous souhaitez être accompagné pour
mieux comprendre ce que dit votre médecin,
vous pouvez être assisté par une personne
de confiance (un ami, professionnel ou non). Cette
personne ne doit pas nécessairement être
le mandataire.
Vous ne souhaitez pas recevoir d’information
:
Vous en avez le droit, excepté si votre
refus peut sérieusement nuire à
votre santé ou celle d’autres personnes
(ex. maladie contagieuse).
Le professionnel peut refuser de vous donner
l’information
De manière exceptionnelle et temporaire,
le professionnel peut décider de ne pas
vous donner une information qui représente
un danger grave pour votre santé.
Dans ce cas, il doit :
1. Consulter un autre professionnel,
2. Motiver sa décision dans votre dossier,
3. Informer la personne de confiance que vous
avez éventuellement désignée.
Sans consentement
de votre part, aucune intervention ne peut être
commencée ou continuée.
Comment
donner votre consentement ?
Le consentement doit être donné, après
avoir été suffisamment informé,
verbalement et sans ambiguïté, mais
il peut être consigné par écrit
dans le dossier médical.
- Vous pouvez donner votre consentement sous certaines
conditions (ex. arrêt d’un traitement
de chimiothérapie en cas d’échec).
- Si vous refusez un traitement ou une intervention…
- Si vous retirez votre consentement...
Le professionnel doit respecter votre refus en tout
temps. Sachez que vous pouvez revenir sur votre
décision à tout moment.
Le professionnel doit vous informer des risques
liés à votre refus. Il doit vous
proposer une intervention alternative ou vous
orienter vers un autre professionnel.
Si vous avez une volonté précise
- avertissez-en le mandataire que vous avez éventuellement
désigné et vos proches,
- demandez à ce que cette volonté
figure dans votre dossier médical.
En cas d’urgence
On tient compte en priorité de vos volontés.
S’il est impossible de connaître vos
volontés, de demander ou d’attendre
votre consentement ou celui de votre mandataire,
le médecin doit commencer tous les traitements
nécessaires.
Les obligations liées à l’information
et au consentement devront être respectées
dès que possible.
Vous
avez droit à un « dossier patient
» soigneusement tenu à jour et conservé
en lieu sûr. Il peut exister plusieurs dossiers
à votre sujet à différents
endroits (chez le médecin généraliste,
à l’hôpital, chez le kinésithérapeute,...).
Vous avez le droit de le consulter directement.
Vous pouvez également désigner une
personne pour le consulter avec vous ou à
votre place (personne de confiance, professionnel
ou non). Vous pouvez en demander copie partielle
ou totale au prix coûtant. Votre demande
doit être satisfaite dans un délai
de 15 jours.
Ce droit de consultation n'est pas absolu.
Vous ne pouvez pas consulter les données
qui concernent une autre personne, ni les notes
personnelles du professionnel. Le professionnel
peut vous refuser l’accès à
certaines données qui pourraient représenter
un danger grave pour votre santé. Dans
ce cas, seul un professionnel désigné
par vous peut consulter le dossier.
Certains documents peuvent ou doivent être
inclus dans le dossier, comme la désignation
de votre mandataire, l’identité d’une
personne de confiance, votre demande de ne pas
être informé, l’autorisation
ou le refus d’un traitement, d’autres
attentes éventuelles, etc.
En
cas de décès du patient
*enfants, petits enfants, soeurs et frères,
parents
et grand-parents
Votre
conjoint ou votre partenaire et vos parents
jusqu'au 2ème degré* ont le
droit de désigner un professionnel
pour consulter votre dossier en cas de décès.
Ils doivent pouvoir invoquer un intérêt
spécifique et vous ne devez pas vous
y être opposé.
Si vous
êtes insatisfait, en désaccord ou
en conflit avec un professionnel de soins, vous
pouvez vous adresser à un service de médiation.
La loi prévoit :
Un service de médiation pour chaque
hôpital. Ce service traite les plaintes
qui concernent les professionnels de son établissement.
Des services spécifiques de médiation
pour d’autres groupes de professionnels
travaillant en dehors de l’hôpital.
Un service de médiation fédéral.
Il traite l’ensemble des demandes et des
plaintes pour lesquelles il n’existe pas
de services spécifiques.
Tout sera mis en œuvre pour trouver une
solution positive à votre problème.
Si la médiation échoue, ce service
vous renseigne sur les autres possibilités
de recours. Vous conservez le droit d’introduire
une plainte en justice. La médiation peut
cependant vous éviter un long parcours,
pénible et coûteux en justice.
Conseil
Pour toute plainte concernant vos droits
de patient, prenez conseil auprès
d'un service de médiation.
Patient
Un patient est toute personne qui reçoit
des soins de santé, sous quelque forme que
ce soit, à sa demande ou non. La loi est
dès lors d’application lorsque les
soins sont dispensés :
à la demande d’un représentant
(par exemple par les parents d’un mineur
d’âge),
à la demande d’une tierce personne
(par exemple par un employeur dans le cadre
du contrôle d’une incapacité
de travail, dans le cadre de la conclusion d’un
contrat d’assurance vie...),
sans demande dans un cas d’urgence.
Professionnel (de soins)
La loi doit être appliquée à
tous les professionnels de soins qui sont visés
à l’Arrêté Royal n°78
relatif à l’exercice des professions
des soins de santé. Ce sont les :
médecins
dentistes
pharmaciens
sages-femmes
kinésithérapeutes
praticiens de l’art infirmier
paramédicaux (bandagiste, orthésiste
et prothésiste, diététicien,
ergothérapeute, assistant-technicien
en
pharmacie, technicien en imagerie médicale,
technicien en laboratoire médical, logopède,
orthopédiste, podologue).
La loi sera également d’application
dans le futur :
aux psychothérapeutes, sexologues,
psychologues cliniciens et orthopédagogues,
aux professionnels enregistrés de pratique
non conventionnelle.
Les droits du patient sont d’application
pour tous les professionnels, qu’ils travaillent
dans une institution ou en pratique privée.
Les hôpitaux doivent veiller à ce
que tous les professionnels qui y travaillent,
respectent les droits des patient, quel que soit
leur statut (contractuel, statutaire, indépendant…).
L’hôpital est également responsable
lorsque les professionnels ne respectent pas les
droits des patients.
De plus, chaque hôpital (ou groupe d’hôpitaux)
doit disposer d’un service permettant d’assurer
la médiation lors d’éventuelles
plaintes concernant les droits des patients.