Préoccupés
par le fait que l`accroissement du nombre de personnes âgées
risque de poser de sérieux problèmes au niveau
des systèmes de sécurité sociale, plusieurs
pays européens envisage des réformes et des pistes
nouvelles.
Un des concepts qui revient dans beaucoup de discussions concerne
l`assurance autonomie (dépendance).
En effet, nombre de seniors ne peuvent plus assumer les tâches
de la vie quotidienne. Malheureusement, la plupart du temps,
leurs proches n'ont ni le temps ni les moyens de les prendre
en charge.
La seule solution devient alors le placement en institution
spécialisée, solution qui a parfois de lourdes
conséquences psychologiques sur la personne elle-même
et qui encourt des charges énormes pour toute la société.
En assurant un soutien financier, l'allocation autonomie
permettrait aux aînés de conserver leur
indépendance plus longtemps, et ce via des services
d'aide à domicile.
Cette assurance autonomie serait destinée aux plus
de 65 ans reconnus "dépendants". Elle ne
serait liée ni aux revenus, ni à la situation
familiale du bénéficiaire.
Quant au niveau de dépendance, il serait établi
par une équipe multidisciplinaire (médecin,
assistant social, psychologue), sur base de critères
définis au préalable (inaptitude à se
déplacer, se nourrir, s'habiller, accomplir des tâches
ménagères, vivre sans surveillance, avoir des
contacts sociaux,...).
En fin de compte, l'assurance autonomie couvrirait (partiellement)
des frais qui ne sont pas couverts par l'assurance soins de
santé.
En Belgique, le dossier a déjà fait du chemin.
Les formes d'allocation qui sont proposées s'orientent
soit vers une allocation mensuelle forfaitaire, soit vers
un système de "chèques-santé".
Concrètement, si l'on traduit ces mesures en chiffre,
cela donnerait : sur base d'un recensement, au 1er janvier
1997, de 1.650.000 personnes de 65 ans et plus, dont 188.000
dépendantes, et d'une rente forfaitaire de 16.500,
on obtient un budget global de l'ordre de 20 milliards de
francs belges.
Si le principe est acquis, il reste à préciser
les modalités de fonctionnement, en particulier le
financement. Partant du principe d'un financement intergénérationnel
(actifs/non actifs) et intragénérationnel (valides/non
valides), plusieurs voies sont actuellement examinées
: réforme d'un régime existant (ex. allocations
pour handicapés), réaffectation d'une partie
de l'impôt de crise ou bien encore liaison avec le système
des centimes additionnels et des droits de succession.
Le partenariat avec les mutualités d'une part et les
assurances privées d'autre part est également
un des points de la discussion.
Misons que le débat belge autour de la compétence
fédérale et/ou communautaire ne vienne pas entraver
trop longtemps l’application de ce système.