Mauvaise passe pour les banques. Au printemps dernier,
l’Union Européenne les épinglait à cause
des profits indécents tirés des cartes bancaires.
Voici maintenant que la commissaire européenne à la
Concurrence, Neelie Kroes, s'attaque au manque flagrant de
concurrence et aux prix excessifs que les banques réclament
aux particuliers.
La banque de détail, c’est ainsi que l’on
appelle les services que les banques nous rendent. Au total,
cela représente plus de 50% de l'activité bancaire
en Belgique comme en Europe occidentale.
Selon les premiers
résultats de l'enquête lancée il y a
un an, la concurrence ne fonctionne pas au mieux et les prix
facturés aux clients sont excessifs. Les activités
bancaires ont généré dans l’U.E.
quelque 250 milliards d’euros. Pas moins de 2,5% du
produit intérieur brut. Enorme !
Neelie Kroes constate que les marchés sont encore
fragmentés et demeurent très nationaux. En
outre, il existe d'importants obstacles à l'arrivée
de nouveaux entrants. Pour la commissaire, ce sont les consommateurs
qui trinquent. Ils sont même carrément floués
par ce système. Nombre d'entre eux souhaiteraient
changer de banque, mais ils en sont dissuadés par
des coûts astronomiques.
Chez nous en Belgique, 8 consommateurs sur 10 n'ont pas changé de
banque dans les 10 dernières années, alors
que 65 % ne sont pas satisfaits du service qui leur est offert.
Si d’aventure ils voulaient changer, ils seraient bernés
deux fois, par exemple en voyant le taux de leur crédit
hypothécaire augmenter.
Autre dysfonctionnement: la grande diversité des tarifs
des services bancaires d'un pays à l'autre. Bref,
c’est un peu la pagaille, mais avec un seul vainqueur
: les banques.
Tout ces griefs ne constituent toutefois qu’un premier
avertissement. Nous attendrons la fin de l’année
pour en savoir plus. C’est en effet à ce moment
ou, au plus tard, début 2007, que la Commission publiera
son rapport final. Il sera alors de sa compétence
de lancer d’éventuelles procédures d’infraction à l’égard
des banques qui se montrent trop gourmandes.