A la fois sport accompli et technique d’autodéfense,
généralement bien perçu en cette époque
d’insécurité, le jiu-jitsu peut être
pratiqué à tout âge. Il attire nombre
de baby-boomers, hommes ou femmes. Histoire de la naissance
d’un art martial et témoignages recueillis
dans un club d’Hélécine.
La légende de l’origine du jiu-jitsu est
très belle. C’est une histoire japonaise et,
comme il est fréquent dans ce pays, la neige y est
associée. Au VIe siècle, un vieux médecin
japonais méditait en se promenant dans la nature
enneigée. Parfois, sous le poids de la neige accumulée,
les grosses branches des arbres se brisaient. Les plus
fines branches, elles, plus flexibles, se débarrassaient
aisément de leur fardeau blanc. Et se relevaient
aussitôt.
Le vieil homme comprit le
pouvoir de la non-résistance. Ce jour-là serait
né le jiu-jitsu.
Différentes écoles naquirent au cours des
siècles. Aux environs du XVIIe siècle, leurs
méthodes d'attaque et de défense furent groupées
sous le vocable jiu-jitsu, art de l'autodéfense.
En Europe, un premier club s’ouvrit à Londres
en 1899. En 1918, Gunji Koizumi, expert en jiu-jitsu et
en judo, créa le système des ceintures de
couleurs, qui sera repris en France et partout ailleurs.
La Belgique compte actuellement de nombreux clubs et fédérations.
Le club d’Hélécine, petit village voisin
de l’autoroute Liège-Bruxelles, est emblématique.
Sa convivialité, son excellente mentalité en
font l’un des points sportifs stratégiques
du village. Fort de ses 52 membres, dont 45 sont participants
sportifs actifs, il compte de tout jeunes membres et des
baby-boomers en pleine forme. Il est dirigé par
Clément et Christophe Bresse, père et fils.
Le second, ceinture noire 4e Dan, en est l’instructeur.
Clément, 62 ans, en est l’animateur responsable. « Le
jiu est le sport intergénérationnel par excellence,
dit Clément Bresse.
Nous avons ici des pratiquants
de tout âge. Hommes ou femmes, jeunes et vieux, nous
nous retrouvons à raison de dix heures par mois
sur le tatami. »
Antonia Vazquez, 44 ans, mère de deux enfants eux-mêmes
pratiquants, vient confirmer : « Les diverses techniques
que nous apprenons ici viennent souvent à point
dans la vie. Même si ça ne vous arrive qu’une
fois d’être agressée, c’est important
de pouvoir se défendre. Et, en plus, ce sport vous
maintient en bonne condition physique et vous procure un
excellent contrôle de soi. »
Marcel Mercier, la cinquantaine souriante, explique aux
plus jeunes que le temps de réaction est fondamental
et que, bien maîtrisées, les clés sont à la
fois faciles et utiles. «
Le moulin (NDLA, clé sur
le bras) ou la parade sur étranglement s’apprennent
en quelques minutes.
Mais il faut bien s’entraîner
pour avoir le réflexe spontané de les appliquer. »
Texte
et photos : Marc Welsch
Renseignements : Clément Bresse, 019/65.55.40.
Cours de Jiu-Jitsu au Complexe sportif d’Hélécine
tous les mardis et vendredi soir de 19h à 20h30.
Voir aussi, pour la Wallonie, Jiu-Jitsu-AFJ, Association
Francophone
de Jiu-Jitsu, Rue de la Citadelle 2, 7712 Herseaux. Tél:
056/34.69.54 .
Site web: http://www.afjj.be