Le champion texan est dans la tourmente du dopage
suite aux révélations du quotidien sportif L’Equipe.
Marc Welsch, auteur du récent Tours de Magie, remet
les pendules à l’heure en se distançant
du débat médiatique.
L’Equipe vient de révéler qu’Armstrong
aurait utilisé de l'érythropoïétine
(EPO) pour remporter son premier Tour de France en 1999.
Le journal révèle que des analyses effectuées
tout récemment par le laboratoire national de dépistage
du dopage, situé à Châtenay-Malabry,
dans les Hauts-de-Seine, sont " indiscutables et conséquentes".
Premier constat : juridiquement, ces analyses n’ont
aucune valeur. Ni plus, ni moins que de remettre en cause
les performances de Louison Bobet sur le Tour de 1955 ou
celles de Jacques Anquetil sur le Tour de 1964, deux coureurs
français dont nous savons aujourd’hui qu’ils étaient « préparés
scientifiquement». Nous prenons, bien entendu, ces
exemples de coureurs français à dessein.
Deuxième constat : cela fait six ans que ces échantillons « B » de
Lance Armstrong sont congelés et c’est aujourd’hui
que, la vague médiatique et commerciale du Tour de
France 2005 étant retombée, ces « révélations » nous
sont servies toutes chaudes. Arrivées plus tôt,
elles auraient de nouveau plongé le cyclisme dans
la tourmente, et avec lui les instances internationales du
sport, et toute l’organisation d’un Tour de France
2005 dont on sait qu’il fut le chant du cygne de Lance
Armstrong.
De qui se moque-t-on ? Il y a plus de trois ans que les tests
d'érythropoïétine sont fiables et que
ces analyses eussent pu être effectuées. Or,
c’est après la retraite du coureur texan que
le carrousel médiatique se met en marche. Au bénéfice
de qui ? Pour vendre davantage de papier imprimé ?
Evidemment, les instances officielles sont embêtées.
Daniel Baal, ancien président de la Fédération
Française de Cyclisme et membre de l'Union Cycliste
Internationale, lance que « le mythe Armstrong n'a
plus raison d'être ».
Jean-Marie Leblanc, lui, se taisait dans un premier temps.
Puis il se déclara trahi et demanda des explications.
Sur ces entrefaites, il conversait au téléphone
durant une demi-heure avec Lance Armstrong, lequel prétend
qu’il ne lui a pas dit un mot de cette salade abondamment
vinaigrée. Question : de quoi ces deux-là ont-ils
bien pu parler ? Du sale temps ? De la beauté des
anges ?
Lance Armstrong, qui n’a jamais été fort
apprécié en France, pays où le cyclisme
national de compétition est au plus bas, avait des
propos désabusés en prétendant que c’était
la fin d’une histoire.
La sienne avant tout. Avec une
France où il devait être entouré de gardes
du corps pour se frayer un chemin au départ et aux
arrivées d’étapes. Une certitude : les
amateurs de vélo ne le reverront pas de sitôt
dans l’Hexagone. Cela tombe bien : qu’y serait-il
venu chercher ? Des verges pour se fouetter ?
Le
coureur américain se rend compte du gâchis
de cette histoire. «Cela est dégueulasse. Ce
n’est pas bon pour moi. Le problème est que
vous devez vivre avec quelque chose que l’on pourra
vous renvoyer à la figure toute votre vie.»
N’exagérons rien. La suspicion existait, notamment
après la publication du livre LA Confidential, le
livre mettant en cause sa virginité d’athlète
face à la dope.
Toutes ces révélations
récentes n’apportent finalement qu’un
peu plus d’eau au moulin des interrogations. De cette
eau qui passe sous les ponts de Paris, où coule la
Seine, et Armstrong, dont je ne sais s’il pratique
Apollinaire, a pu se dire que les jours s’en vont et
que son palmarès demeure.
Son bras de fer avec la France n’a pas de raison d’être.
Le reste est du mouron pour les petits oiseaux.