Les
traitements les plus efficaces ne sont pas toujours les plus
spectaculaires.
Cet adage vaut pour les petits bobos quotidiens,
mais également pour des maladies plus graves, comme
la polyarthrite rhumatoïde juvénile.
La polyarthrite
rhumatoïde est une forme relativement
rare d'inflammation rhumatismale qui touche entre 0,5 et 1%
de la population générale.
Elle fait partie de
ces maladies dites auto-immunes comme l'asthme, le diabète
juvénile ou la sclérose en plaque.
A chaque fois,
le système immunitaire se trompe de
cible. Ici, il s'attaque au manchon des articulations appelé synovial.
L'inflammation se traduit par un gonflement, un dégagement
de chaleur, des douleurs et surtout un délabrement
du cartilage et de l'os.
Dans les cas les plus graves, l'ensemble
des articulations se déforme pour atteindre des stades complètement
invalidants. Cette maladie très pénible ne
connaît pas véritablement de traitement. Une
série de médicaments permettent seulement d'en
contrôler les symptômes ou d'en freiner l'évolution.
On recourt dans certains cas à la chirurgie pour réparer
des articulations détruites.
Les femmes et les enfants
d'abord
Les victimes de cette maladie
sont principalement des femmes entre 40 et 50 ans. Mais il
arrive aussi qu'elle se déclare
beaucoup plus tôt dans l'existence, parfois même à partir
de 6 ans! On parle alors d'arthrite
rhumatoïde juvénile.
Cette
maladie est un vrai drame. On tente généralement
de prévenir la déformation du squelette par
la pose d'orthèses. Sans beaucoup de succès,
il faut bien le reconnaître. Le médecin orthopédiste
assiste alors, impuissant, à la perte d'autonomie
de ses petits patients jusqu'à des stades où ceux
ci ne peuvent même plus tenir un crayon pour écrire
ou pour dessiner.
Une étude rassurante
C'est dans ce contexte déprimant qu'un professeur
américain a eu l'idée a priori surprenante
de mettre ces enfants au sport. Nadine Fisher a sélectionné 11
petits malades entre 6 et 13 ans et a établi un programme
de rééducation sportive pour 6 d'entre eux,
tandis que les 5 autres poursuivaient leur mode de vie habituel.
Tenant compte des possibilités limitées de
chacun, elle leur a concocté un petit programme
de musculation sur une période de deux mois. Ensuite,
elle a comparé l'état de santé des deux
groupes d'enfants à travers une batterie de tests.
Le résultat a dépassé toutes les espérances.
Chez
les enfants entraînés, la force du quadriceps
avait augmenté en moyenne de 48%! Celle du biceps
de 99%! Non seulement, l'autonomie
générale
de ces enfants s'en trouvait améliorée, mais
les douleurs avaient diminué de moitié, ce
qui avait permis une baisse de la consommation de médicaments de l'ordre de 25%. Tout cela a été confirmé par
les dosages biologiques, notamment une baisse des cytokines
qui révèle une meilleure
réponse immunitaire.
L'expérience constitue une avancée considérable
dans la prise en charge de la maladie. Mais au delà,
il faut s'interroger sur l'attitude du milieu médical
et de l'entourage du malade qui, en cas de faiblesse, consiste
presque systématiquement à lui épargner
les contraintes. Or, on s'aperçoit qu'une protection
excessive ne fait bien souvent qu'accentuer la faiblesse.
Pas seulement en orthopédie!