Les Français préfèrent
les maisons de repos belges
1575 Français résident dans une maison de repos
belge aux abords de la frontière franco-belge. L’inverse
n’est pas vrai : seulement 12 belges résident
dans une institution française outre-Quiévrain.
Un déséquilibre qui pose question, comme les
Mutualités libres le font remarquer.
La canicule de
2003 ne doit pas être étrangère
au phénomène. A cette époque, les
critiques se sont abattues sur la France. L’accueil
de personnes âgées souffrant de déshydratation
laissait à désirer et les services médicaux étaient
pointés du doigt – alors que dans le même
temps, sur les chaînes télé françaises
notamment, la Belgique était citée en exemple.
Bref, l’encadrement des aînés était
meilleur dans la petite Belgique que dans la grande France…
L’opinion publique française n’a pas été sourde à l’information,
semble-t-il. Le phénomène est donc nouveau
: les retraités français passent la frontière
pour venir s’installer chez nous. Ils sont 679 dans
la région de Mouscron, 241 dans celle de Tournai
et 113 à Virton. Et ils sont nombreux également
dans les institutions ouest-flamandes, comme à Courtrai
et à Furnes, où la langue flamande ne semble
pas être un problème... A tel point que, dans
certaines maisons de repos, il y a plus de Français
que de Belges.
Un financement à revoir
Soyons clair : nos voisins français ont également
un problème de listes d’attente. Près
de deux tiers des institutions qui recueillent des personnes âgées
sont dans le cas. Ce manque de lit n’est pas tout.
La qualité de l’accueil est davantage appréciée
dans nos contrées… Les grandes maisons de
retraite ne seraient pas recherchées. Or, d'après
l'Observatoire franco-belge de la santé, une maison
de repos belge compte en moyenne 46 lits contre 57 pour
une française. Autre argument qui plaide en faveur
de la Belgique : l’encadrement, tant au niveau de
la gentillesse que du nombre de blouses blanches. Cet encadrement
n’a cessé, ces dernières années,
d’évoluer et de se renforcer à tous
points de vue. Ne serait-on pas si mal en Belgique ?
Cette espèce de migration vers notre pays rencontre
néanmoins un obstacle de poids. Ainsi des directeurs
de maisons de repos se plaignent-ils de la lenteur de l’administration
française à délivrer la carte européenne
de sécurité sociale (ou le formulaire E 121,
capital pour qui se fait soigner dans un pays membre de
l'Union autre que le sien).
Enfin, dernier point, les Mutualités libres s'inquiètent
pour le financement de ces institutions, puisque depuis
le 1er janvier 2004, le montant qui leur alloué pour
la prise en charge journalière de chaque patient
est calculé en fonction du degré de dépendance
des seuls résidents belges. Ce qui signifie que
certaines maisons, en accueillant des Français dépendant
lourds, risquent gros dans la balance… Il leur faudra
désormais calculer au plus juste pour ne pas être
déficitaire.