Conférence de presse du Ministre de
la Santé et des Affaires Sociale
On ne peut nier l’importance du rôle
du chien dans notre société,
qui se traduit par une augmentation constante
de la population canine estimée
aujourd’hui à 1.500.000 animaux.
Les enquêtes effectuées dans
plusieurs pays, dont la Belgique, révèlent
qu’en moyenne, 1 personne sur 100
est mordue chaque année, dans la
plupart des cas il s'agit d'enfants
En mars 2004, j’ai préparé un
plan global de prévention des morsures
canines qui vise à proposer des
solutions concrètes à cette
problématique des morsures canines,
dans le cadre strict de mes compétences
en matière de bien-être des
animaux.
A l’évidence, un tel plan
de prévention doit concerner non
seulement les agressions se produisant
sur la voie publique (souvent dirigées
vers des tiers) qui sont les plus médiatisées
mais aussi - et peut-être surtout
- celles qui sont dirigées vers
le propriétaire ou sa famille,
car elles sont les plus nombreuses. Les
mesures doivent aussi viser en priorité l’action
auprès des catégories de
personnes les plus souvent mordues, c’est-à-dire
les enfants.
A ce sujet, l’étude réalisée
en Belgique par le regretté Dr
André Kahn en 2003 révèle
que 65 % des morsures canines traitées
en milieu hospitalier résultent
d’agressions s’étant
produites au domicile (soit 2 cas sur
trois) et que 94 % ont été commises
par un animal connu de l’agressé,
bien souvent un enfant.
Un constat s’imposait d’emblée à savoir
qu’il est essentiel de mettre l’accent
sur la prévention, l’information
et l’éducation (de l’animal
mais aussi de son maître).
Ce plan
visait dès lors principalement à responsabiliser,
conscientiser et informer tous les acteurs
concernés à savoir les éleveurs
de chiens, les commerçants, les
spécialistes en dressage et bien
sûr les maîtres et leur famille.
Après réception de l’avis
du Conseil du bien-être des animaux
concernant le plan, nous avons fixé des
priorités dont la première
réalisation concrète est
la lancée d’une campagne
d’informations au moyen de cette
brochure intitulée « Un
chien, oui, des morsures non ».
On y retrouve tous les renseignements
utiles pour prévenir tout comportement
agressif normal ou suspect du chien et
comment éviter la plupart des
morsures. Une attention particulière
a été apportée aux
enfants pour lesquels il convient de
rappeler tant et plus qu’il faut
les garder sous surveillance lorsqu’ils
sont seuls avec un chien, même
le chien de famille.
Dans un premier temps,
cette brochure sera offerte à chaque nouveau
propriétaire de chiens en même
temps que le passeport d’identification
de l’animal. Ensuite, la brochure
sera également mise à disposition
des professionnels, les médecins
vétérinaires, les éleveurs,
les commerçants et les exploitants
de refuge. Elle sera également
disponible sur le site internet du SPF
Santé publique ainsi que sur mon
site www.rudydemotte.be.
Cette campagne
d’informations
est le prélude à l’arrivée
d’une nouvelle réglementation
qui visera à une plus grande responsabilisation
et un meilleur professionalisme des éleveurs
et des commerçants de chiens.
En effet, il importe avant tout d’avoir
des chiens en bonne santé, bien équilibrés
et bien éduqués. Le maître
seul ne peut garantir tous ces aspects.
Depuis
l’entrée en vigueur
de l’Arrêté royal
du 17/02/1997 (M.B. du 24/05/97) portant
les conditions d'agrément des élevages
de chiens, élevages de chats,
refuges pour animaux, pensions pour animaux
et établissements commerciaux
pour animaux, et les conditions concernant
la commercialisation des animaux, plus
de 2000 établissements ont été agréés
par les Services successivement en charge
du bien-être animal depuis lors.
Cela,
en parallèle avec l’identification
et enregistrement obligatoires pour les
chiens, s’est traduit par un progrès
considérable dans le contrôle
des conditions de commercialisation des
animaux de compagnie, une plus grande
transparence et une meilleure connaissance
des circuits dans lesquels évoluent
nos compagnons allant de l’éleveur
ou du magasin jusqu’à parfois
hélas encore trop souvent, le
refuge.
Au bout de ces quelques années
d’application de cette législation,
il s’est avéré utile
cependant de la revoir, notamment en
tenant compte des réalités
de terrain que rencontrent tant les inspecteurs
chargés de la contrôler,
que les professionnels du secteur ; et
cela avec le souci toujours d’améliorer
le bien-être des animaux et le
respect des personnes qui veulent acquérir
un animal en toute connaissance de cause.
C’est pour cela qu’avec
l’appui d’un groupe de travail
issu du Conseil du bien-être des
animaux, l’arrêté royal
en question est actuellement revu avec
pour objectifs :
Améliorer le bien-être
des animaux
Améliorer la responsabilisation
des professionnels
Améliorer la responsabilisation
et l’information des acquéreurs
d’animaux
Rendre la législation plus
facile à appliquer et à contrôler.
On
retiendra à titre d’exemple
parmi les nouvelles mesures proposées :
L’obligation d’établir
un contrat avec un vétérinaire
agréé pour tous types d’établissements,
dont les fréquences de visites
obligatoires sont définies.
Une présence minimale doit être
assurée pendant le jour pour
les soins aux chiens et aux chats en
vue
de favoriser leur socialisation.
Les registres d’entrées
et sorties d’animaux qui devaient
déjà être tenus obligatoirement,
sont fixés de façon uniforme
dans le souci d’une meilleure visibilité et
d’un contrôle facilité.
De la même manière, un
certificat de garantie obligatoire pour
les chiens et les chats est fixé et
dont le champ est élargi à par
exemple les anomalies congénitales
qui doivent être signalées
et qui couvre plus de maladies qu’autrefois.
Dans les refuges, les chiens doivent
avoir un dossier individuel qui comprend
des renseignements sur son comportement
dans le passé, les observations
de son comportement durant le séjour
au refuge et finalement, le contrat d’adoption
avec la personne désireuse de
le prendre en charge. Tous les renseignements
utiles devront être communiqués
au candidat adoptant qui sera invité à examiner
avec le responsable du refuge, en se
posant une série de questions
pertinentes, quel type de chien lui
conviendrait le mieux.
Le responsable d’un établissement
commercial pour animaux ou d’un élevage
doit donner à l’acheteur
les informations pertinentes quant aux
conditions de détention des animaux
qu’il vend. Pour les chiens, des
directives écrites concernant
l’éducation des chiens sont
exigées.
Je vais soumettre ce projet d’arrêté royal
au Conseil des Ministres avant les vacances
parlementaires.