Le
mois de juin est souvent propice à l’acquisition d’un animal
de compagnie. Les nichées sont nombreuses et l’offre
est grande. Et puis les bons résultats scolaires des enfants
inclinent certains parents ou grands-parents à céder à l’aspiration
de leur progéniture : posséder un chien ou un chat ... [ 16/6/2004
]
Docteur Liétar : Bonjour à tous. Effectivement, beaucoup de gens vont adopter ou acheter un chien ou un chat en cette période du mois de juin, parce qu'il fait bon, que les vacances approchent, parce que c'est la période où l’on va vous en proposer à gauche, à droite, parce que c'est le moment où les naissances sont nombreuses.
Et c'est surtout le moment où les gens qui ont eu des nichées, préparant eux-mêmes leurs vacances, se disent : "Aïe, aïe ! Je ne peux pas rester avec trois, quatre chiots sur les bras… Oh zut, j'ai encore cinq bouviers à caser et je ne sais pas partir avec eux en vacances. Ils seront trop grands quand je vais revenir pour savoir encore les vendre ou les donner.
Alors, faites attention, s'il vous prend l’idée d'accepter un de ces petits cadeaux empoisonnés, que vous vous engagez pour toute la vie de l'animal. Et, de plus, si vous-même vous avez des projets de vacances dans les semaines ou mois qui suivent, pensez à ce que l'animal soit en ordre, soit pour pouvoir être mis en pension soit pour pouvoir être emmené avec vous.
De même, si le mois de juin est une très bonne période pour accueillir un beau chiot ou un mignon châton, n'oubliez pas que c'est aussi la saison où, comme il fait très bon, on ne ferme pas les fenêtres, on ne ferme pas les portes. Donc, si vous possédez un jardin, commencez, avant d’introduire un animal dans votre cercle de vie, par contrôler si vos clôtures ne présentent aucune faiblesse, si les portes de jardin sont munies d'un verrou ou d'un cadenas de façon à pouvoir éviter des escapades intempestives souvent à l’origine d’accidents malheureux et regrettables, généralement fatals pour l’animal et aux conséquences parfois imprévisibles.
Opladis :Par ailleurs, les vacances approchent. Il y a déjà certaines dispositions à prendre si notre compagnon part avec nous cet été. De même, s'il ne nous accompagne pas et qu'il va en pension.
Docteur Liétar : Effectivement. Que votre animal vous accompagne en vacances ou qu’il séjourne en pension, il doit toujours être protégé. Donc, il doit être utilement vacciné.
Chez le chien, on veillera à ce que l’animal soit vacciné contre la maladie de Carré, l’hépatite, la parovirose, la piroplasmose. Si vous allez au sud du sillon Sambre et Meuse, l’animal doit être vacciné contre la rage. Si vous sortez de Belgique, le vaccin contre la rage est toujours requis. Et si l'animal n'a jamais été vacciné contre la rage, il faut prévoir le vaccin au plus tard un mois avant la date du départ. En effet, légalement, un premier vaccin antirabique n'est réputé valable qu’après un délai d’un mois.
Pour un chat, on envisagera le plus couramment les vaccins contre le typhus, le choriza et le glucose.
Maintenant, si vous placez vos animaux domestiques dans une pension, sachez que certains établissements exigent des vaccins complémentaires, aussi bien pour le chat que pour le chien. Renseignez-vous préalablement auprès de la pension où vous comptez placer votre animal, quant à leurs exigences en la matière, ainsi que les garanties qu'ils fournissent en contrepartie de leurs prétentions.
Opladis : Nous parlions de séjours à l'étranger. Y a-t-il un âge minimum pour passer les frontières avec de très jeunes animaux ?
Docteur Liétar : Il n’y a pas vraiment un âge minimum. N'empêche que certains pays mettent des limites de peur d'importations frauduleuses d'animaux. Et puis, l’obligation d’avoir vacciné l’animal contre la rage depuis un mois au moins implique une logique arithmétique : le chiot ne peut avoir été vacciné dans le ventre de sa mère ! Cela ne va pas paraître plausible non plus.
Enfin, de toute façon, partir en vacances avec un chiot en bas âge va poser des problèmes de mal de transport, des risques de température, des difficultés d'alimentation. C'est vraiment très déconseillé de partir avec un animal en très bas âge. Il vaut mieux alors envisager son acquisition après son retour de congé.
Opladis : Et maintenant, question inversée : lorsque l'on est en vacances, notamment dans ces nouveaux pays membres de l'Union européenne depuis le premier mai dernier, peut-on raisonnablement y acheter un chiot ? Car effectivement, la tentation peut être grande, sur un marché de Pologne, de Tchéquie ou de Hongried’acquérir un berger allemand, un boxer ou d'autres races à trois fois moins cher qu'ici et pourtant avec certificat, pedigree et carnet vétérinaire. Est-il vraiment prudent d'acheter un Dalmatien si l'on est en Croatie, par exemple?
Docteur Liétar : Encore une fois, cela dépend de qui vous le vend, de comment on vous le vend. Quand vous dites trois ou quatre fois moins cher, c'est déjà que vous vous faites arnaquer parce qu'ils sont nettement moins chers que cela, encore.
Opladis : J'ai vu des bergers allemands proposés à moins de 100 €…
Docteur Liétar : Exactement. Mais le problème est encore de voir si c'est un petit particulier qui a sa petite nichée dans le village où vous êtes en vacances et qui vous cède gentiment un de ces chiots contre menue monnaie ou si vous tombez déjà sur un des réseaux de chiens en "élevage industriel" : c’est alors de la reproduction intensive avec des chiens entretenus, des conditions d’hygiène déplorables, avec une seule perspective de profit maximum et c'est tout.
Encore une fois, on ne sait pas comparer entre le brave chien né dans une ferme du village et que le fermier vous propose en toute bonne foi avec un chiot d'un élevage intensif. Vous vous faites aussi bien arnaquer en l'achetant là-bas qu'en l'achetant ici, quand il a été importé par certains magasins peu scrupuleux. Qu'on ne s'y trompe pas.
Opladis : Donc, je dirais, vous n'excluez pas un tel achat, pour peu qu'il soit réfléchi, mais de préférence, comme on le ferait ici, en s'adressant à des éleveurs de qualité, dûment identifiables.
Docteur Liétar :De toute façon, c'est le mieux. Mais j'ai effectivement aussi rencontré à plusieurs reprises le cas de clients qui, séjournant en Espagne, pays où il y a énormément de chiens errants et malheureux, ramenaient dans leurs bagages, ce chien qui errait autour de leur résidence de vacances et qu’ils avaient nourri et chouchouté durant leur séjour. Dans ce cas, neuf fois sur dix, sans papier, sans vaccins, sans rien du tout. Seulement un coup de cœur, en se disant "Qu'est-ce qu'il va devenir après ces trois semaines ? Il n'y a plus personne qui va le nourrir."
Opladis : Comment régularise-t-on alors la situation de ces clandestins canins ?
Docteur Liétar : On leur administre les vaccins nécessaires, on leur établit des papiers. Et ils deviennent des toutous belges. Ce sont des nouveaux Belges en quelques minutes !
Opladis :Si l'on fait cette adoption ou cet achat à l'étranger, doit-on utilement visiter un de vos collègues sur place ou peut-on attendre le retour ?
Docteur Liétar : Disons que si l’on veut réaliser ce projet de façon légale, il est préférable de présenter l’animal à un vétérinaire sur place, ne fût-ce que pour recevoir le vaccin contre la rage et l’attestation qui en justifiera en cas de contrôle aux frontières.
Opladis : Parfait. Donc, si cet été sur la côté dalmate, vous êtes tenté par un dalmatien, que vous avez envie de ramener un berger des Tatras parce que vous êtes en Slovaquie ou un Afghan en souvenir de votre escapade à Kaboul, faites-le, mais avec la réflexion voulue, sans aller chez des marchands de chair fraîche, mais plutôt chez des éleveurs qu'on vous aura conseillés.
Merci Docteur. Rendez-vous en septembre.
Rubrique conçue et réalisée par notre partenaire Memogrames, concessionnaire
belge des Mémoiries, avec la collaboration du Docteur Yves LIETAR,
vétérinaire à Anderlecht.