Nous
voici en février. Il fait encore frisquet mais certains pensent
déjà avec ferveur au printemps, compulsent les catalogues
et choisissent les plantes dont ils orneront prochainement
leurs jardins.
Certains même envisagent d’aménager des nichoirs et autres habitats non pas pour nos compagnons domestiques, mais les habitants de nos jardins... [ 3/2/2004 ]
Docteur Liétar : Certainement, c’est le moment d’y penser. Puisque la météo n’est pas encore clémente, il y a énormément de choses que vous pouvez tranquillement faire devant un bon feu de bois, en passant des soirées agréables et utiles pour la suite : c’est le moment idéal pour préparer tout ce qui est nichoirs et abreuvoirs, que vous comptez disposer dans votre jardin ou dans la nature environnante à partir du renouveau de la bonne saison, pour essayer d’attirer chez vous des oiseaux, des petits animaux, pour donner une certaine vie à votre environnement extérieur.
Cette période-ci convient très bien pour commencer à construire vous-même, à aménager vos petits perchoirs, vos nichoirs en fonction des espèces qui se trouvent dans votre environnement, des espèces que vous voulez attirer.
Lors de vos travaux de bricolage, n’oubliez pas de tenir compte des espèces à accueillir. Par exemple, pour les nichoirs que vous destinez aux oiseaux habituellement présents sur votre propriété ou dans son voisinage, le trou d’entrée doit avoir un certain diamètre, en fonction de la taille de l’oiseau qu’on veut attirer. Si les trous sont trop grands, les petits oiseaux n’y viendront pas parce qu’ils savent très bien que les grands oiseaux viendront chercher leurs œufs et leurs jeunes. De même, si vous ne mettez que des nichoirs avec des petits trous pour mésanges, vous ne risquez pas de voir venir nicher de grandes variétés d’oiseaux parce qu’ils ne sauront pas pénétrer dans les nichoirs.
Toujours penser que vos nichoirs doivent pouvoir, si on veut les entretenir et les garder, être démontés et ouverts de façon à pouvoir les nettoyer d’une saison à l’autre ou même au courant de la même saison, si jamais il devait y avoir une hécatombe ou une catastrophe quelconque dans le nichoir en question.
Enfin, il faut non seulement penser au nichoir en lui-même, mais aussi et surtout à la place où l’on va le mettre, de façon à le construire et à le fixer convenablement. Ayez notamment à l’esprit l’orientation que devra avoir le nichoir, une fois fixé : tenez compte des points cardinaux et des conditions de vents pour orienter l’abri. Si l’ouverture est mal située, il n’y a aucun animal qui va aller se nicher dedans parce que son confort n’y sera pas du tout assuré.
D’autre part, il faut voir la conception et l’environnement du support de façon à ce que le nichoir ne soit pas simplement une réserve d’œufs et de petits oisillons pour tous les prédateurs qui peuvent s’y intéresser. A la limite, prévoyez un grillage ou des retombants de façon à interdire l’accès, notamment aux chats.
Maintenant, il y a d’autres prédateurs. Si vous mettez des niches de faisans ou des niches de perdreaux à même le sol, faites quand même attention si vous habitez une région où prolifèrent furets, fouines et belettes. Sachez que même les hérissons sont très voraces au niveau des œufs, voire des poussins.
Donc, toujours bien prévoir non seulement des nids, mais aussi la protection du nid et de l’environnement direct. L’environnement doit être respecté mais l’accessibilité des prédateurs doit être très réduite. Une des choses à ne pas oublier lorsqu’on fabrique des nids, c’est qu’il y a des prédateurs qui viennent par le dessus. Je pense principalement aux pies, aux corneilles et même à certaines mouettes ou goélands qui viennent à l’intérieur des terres, qui repèrent les nids et qui descendent manger les œufs et les petits poussins. C’est pour cela qu’il est important de mettre une toiture ou une protection de façon à ce que l’accessibilité vue par le ciel soit cachée. C’est notamment pour cela que les pies construisent des nids en boule dans les arbres avec une couverture au-dessus, parce qu’elles sont la proie des rapaces nocturnes. De la sorte, ils se protègent par le dessus parce qu’ils ont très bien compris que l’ennemi vient par le haut.
Opladis : Quand
vous nous parlez d’aménager des nids pour faisans, cela suppose d’habiter la campagne et d’avoir une propriété de
quelques ares ?
Docteur Liétar : Pas nécessairement quelques ares. Les gens peuvent avoir par exemple quelques faisans d’ornement dans un jardin, qui ne doit pas nécessairement être énorme. La plupart des collectionneurs qui ont quelques faisans les laissent en liberté dans leur jardin, mais en volière. Même en volière, le nid doit être adéquat. Souvent, ces volières sont ornementées de petits sapins et autres plantations. On doit prendre en compte ces plantations pour servir en partie de camouflage aux nids, ne fût-ce que pour la tranquillité des oiseaux qui couvent. Cela les protège du va-et-vient des gens, des chiens, du mouvement en général.
Opladis : Bien évidemment, il faut investir dans des matériaux naturels. Il n’est pas question d’aménager
de nichoirs en PVC.
Docteur Liétar : C’est vrai que la fibre, le polyester, … ne font pas tellement nature. Si l’on veut que ce soit relativement naturel et esthétique, c’est quand même beaucoup plus beau un nid en paille ou en bois, que de voir un nid en plastique couleur « vache Milka » ou autre pour la décoration de votre jardin. Ce n’est
pas vraiment naturel.
Opladis : Mais , à la rigueur, cela ne gène pas obligatoirement l’oiseau ?
Docteur Liétar : Pas nécessairement, parce que l’oiseau est très modulable. Il s’adapte très bien à toutes les conditions de vie, ce qui détourne par exemple mal de boîtes aux lettres de leur mission première, parce que certains oiseaux vont systématiquement dans ces boîtes aux lettres qui ressemblent, pour eux, suffisamment à un nid, malgré les rouges, les bleus, les jaunes. Ainsi, les facteurs se trouvent confrontés à des boîtes aux lettres finalement scotchées, avec interdiction d’y déposer le courrier.
Opladis :Voilà qui est dit pour ce qui concerne les oiseaux. Des personnes prennent aussi pitié des chats sauvages et autres chats errants et aménagent des abris à leur intention, en plus de les nourrir. Est-ce recommandable comme attitude ?
Docteur Liétar : Je le déconseille, étant donné la surpopulation de chats sauvages et de chats sans propriétaire qui provoquent pas mal de dégâts vu leur surnombre. Maintenant, si les gens veulent vraiment le faire, il faut penser à aménager un petit cabanon, avec, à portée, la possibilité de mettre un abreuvoir et une assiette avec de la nourriture. Insistons toutefois que c’est fortement déconseillé avec des chats strictement à l’état sauvage.
Opladis : Merci docteur. Rendez-vous le mois prochain pour une nouvelle rubrique Ani-Senior. Et un conseil à nos lecteurs désireux de construire des nichoirs : tapez le mot « nichoir » dans un moteur de recherche, vous constaterez que les sites vous prodiguant des conseils utiles pour un tel projet sont vraiment nombreux.
Rubrique conçue et réalisée par notre partenaire Memogrames, concessionnaire
belge des Mémoiries, avec la collaboration du Docteur Yves LIETAR,
vétérinaire à Anderlecht.