La
technologie médicale au service de nos animaux
domestiques
Aujourd'hui,
les animaux peuvent bénéficier de technologies que l'on applique
habituellement aux hommes.
Les cliniques vétérinaires disposent
de machineries dignes d'un hôpital universitaire... [ 29/3/2004
]
Opladis : Bonjour Docteur. Des voisins me signalaient, voici quelques jours, que leur animal avait bénéficié de technologies que l'on applique habituellement aux hommes, une échographie en l'occurrence, et que la clinique vétérinaire où l'animal avait été soigné disposait de machineries dignes d'un hôpital universitaire. Qu'en est-il?
Docteur Liétar : Il est exact que la médecine vétérinaire est parallèle à la médecine humaine. Beaucoup de technologies que l'on utilise en médecine humaine à l'heure actuelle ont d'abord été testées sur des animaux, afin d’évaluer les éventuels effets secondaires de ces nouveaux appareils sur les patients. Donc, par principe de précaution, nous avons d'abord testé sur des animaux avant de pouvoir diffuser ces appareils au service des humains.
Evidemment, la mise au point de nouveaux appareils est très onéreuse. Les hôpitaux humains ayant de meilleurs moyens financiers que les hôpitaux vétérinaires, les nouvelles technologies sont utilisées prioritairement dans la médecine humaine. Dans un second temps, la médecine vétérinaire en dispose aussi, soit en récupérant des appareils de première génération qui sont déclassés dans les hôpitaux humains, soit en achetant du matériel neuf devenu désormais plus démocratique, vu l'évolution de la technologie de l'informatique et des techniques modernes. Les prix sont tombés en quelques années.
Je ne sais pas si vous vous rappelez le prix que vous avez payé votre première télévision couleur et ce qu'on vous offre maintenant pour beaucoup moins et pour beaucoup plus performant. Il en est de même avec tout le matériel médical, ce qui permet un peu de démocratiser, pour les petites cliniques vétérinaires privées, du matériel performant à prix abordable.
N’oublions pas cette différence fondamentale avec la médecine humaine : c'est que les animaux ne sont pas couverts par la mutuelle. Donc, ce sont les propriétaires qui doivent rentabiliser l'investissement de la clinique vétérinaire. Sans pour autant devoir débourser des sommes inabordables.
Opladis : Dès lors il vaut mieux ne pas recourir aux services d'une telle clinique pour des examens de ce genre sans d'abord l'avis de son vétérinaire traitant.
Docteur Liétar : Là, je suis tout à fait d'accord avec vous. Il n’est pas question de soumettre l’animal à des examens coûteux tous les huit ou quinze jours. Ici, pas de mutuelle pour financer les malades imaginaires ! Donc, étant donné le prix que cela coûtera au propriétaire, il faut recourir à ces appareils uniquement sur cas justifiés. En général, ces cliniques-là travaillent en référé : le vétérinaire pose un diagnostic courant normal et puis propose : «Pour avoir plus de sécurité dans le traitement qu'on va proposer, on ferait bien tel ou tel examen"… Il envoie à ce moment-là à l'examen – sur une demande spécifique – chez une personne qui est équipée pour réaliser l'examen nécessaire à l'évolution du traitement du chien ou du chat.
Opladis : Dans quelle pathologie recourt-on à ce genre d'examens complémentaires?
Docteur Liétar : Comme en médecine humaine, il y a un large éventail, de la simple radiographie pour une fracture jusqu’à un ampli de brillance s'il y a suspicion de fêlure.
Quand l’animal pourrait avoir avalé un corps étranger, on fait une radioscopie, on voit à travers l'animal si l'objet est présent ou s'il était imaginaire. On recourt au scanner parce qu'un chien présente d’étranges crises d'épilepsie : on saura ainsi si la bête développe une tumeur du cerveau ou s’il s’agit de simples crises d'épilepsie. La recherche de métastases devient fréquente.
Certains propriétaires demandent des échographies parce qu'ils veulent vraiment être sûrs du nombre de chiots que va mettre bas leur chienne.
Les situations sont donc multiples.
Opladis : Il s'agit là essentiellement de diagnostics. Au niveau de la chirurgie vétérinaire, bénéficiez-vous déjà des retombées des avancées technologiques que l'on voit dans les salles d'hôpitaux?
Docteur Liétar : Oui, certainement. Notamment, nous utilisons couramment les lasers en chirurgie. C'est devenu d’un usage courant à l'heure actuelle en médecine vétérinaire.
Opladis : Donc à ce rythme, l'espérance de vie de nos compagnons domestiques risque de s'améliorer parallèlement à la nôtre?
Docteur Liétar : Il est un fait certain que toute cette technologie va prolonger et améliorer l'espérance de vie de nos animaux. Maintenant, il faut encore et toujours voir aussi comment nous les traitons, comment nous les élevons. Ce n'est pas parce que nous pouvons leur garantir les meilleures conditions de soins de santé, grâce aux progrès technologiques nombreux, que certains maîtres ne vont pas, malgré tout, raccourcir l’espérance de vie de leurs animaux domestiques en leur donnant à manger des aliments inappropriés ou des quantités inadéquates. L’hygiène de vie participe à l’espérance de vie, chez l’homme comme chez l’animal.
Opladis : Voilà déjà un sujet pour une de nos prochaines rencontres !
Docteur Liétar :Oui, certainement. Pas de problème, nous en reparlerons prochainement !
Opladis : Eh bien, je vous remercie Docteur. Rendez-vous le mois prochain….
Docteur Liétar : Merci aussi. A bientôt, sur Opladis !
Rubrique conçue et réalisée par notre partenaire Memogrames, concessionnaire
belge des Mémoiries, avec la collaboration du Docteur Yves LIETAR,
vétérinaire à Anderlecht.