Des
ambulances animalières pour sauver la vie de
nos animaux
... domestiques en cas d'accident. Comme chaque mois, nous retrouvons le Docteur Yves Liétar, vétérinaire à Anderlecht.
En ce mois de mars, le hasard du trafic automobile nous a fourni le sujet de notre entretien : les ambulances animalières... [ 15/3/2004 ]
Opladis : Bonjour Docteur Liétar. En venant à votre cabinet de consultation pour notre traditionnelle rencontre, j'ai été doublé par une ambulance un peu particulière. C'était apparemment une ambulance animalière.
Quel est le statut de ce genre de véhicule et dans quelles circonstances de tels véhicules sont-ils requis?
Docteur Liétar : Tout d’abord, Bonjour à tous.
Les ambulances animalières, comme le dit bien leur nom, sont tout d’abord des ambulances, soit des véhicules destinés principalement au transport urgent des accidentés, soit de la route, soit accidentés domestiques.
Nos chiens et chats peuvent très bien tomber d'un balcon ou d'une fenêtre, se faire renverser par une voiture ou encore se faire agresser par un autre animal et nécessiter des soins urgents.
Les vétérinaires n'étant pas toujours nécessairement sur place, il existe ces services d'ambulance qui, lorsqu'ils sont appelés, transfèrent l'animal accidenté, si nécessaire, chez le vétérinaire traitant habituel s'il est joignable à ce moment-là ou, si le cas est vraiment grave, chez le vétérinaire le plus proche de l'endroit où a eu lieu l'accident, au moins pour donner les premiers soins.
Généralement ces ambulances sont requises soit par des privés pour secourir leur propre animal, soit par des services de police ou de pompiers, en cas d'animaux trouvés accidentés sur la voie publique et signalés par des riverains ou encore par l’automobiliste qui a accidenté l'animal.
Opladis : Imaginons donc : je freine à mort pour éviter un chien qui traverse brusquement la chaussée, mais malheureusement je le renverse. J’appelle moi-même une ambulance animalière ou je laisse ce soin à la police que je préviens de l’accident ?
Docteur Liétar : En principe, vous pouvez avoir le réflexe d'appeler vous-même une ambulance, mais à partir du moment où vous faites ce geste-là, c'est vous qui vous engagez au suivi des frais inhérents à cette intervention. Si vous êtes bien assuré, il est possible d’obtenir de votre compagnie qu’elle prenne en charge les frais en question. Mais mieux vaut respecter la règle générale : lors d’un accident avec blessures sur la voie publique, ce sont les services de police qui doivent être prévenus en premier lieu, y compris lorsque le blessé est un animal. Dans la mesure où existent des accords de coopération entre les communes et les services ambulanciers, les forces de l’ordre sauront quelle ambulance animalière va être habilitée pour secourir l'animal blessé.
Dans ce cas-là, les frais incombent à la commune. Et si la police identifie le propriétaire, ces frais lui seront répercutés. Si le propriétaire de l'animal n'est pas retrouvé, cela relève alors des contrats liant les sociétés ambulancières et les services communaux.
Opladis : Et un animal renversé est-il couvert par les assurances « RC automobile » ?
Docteur Liétar : Rappelons d’abord qu'un chien sur la voie publique ne peut pas se trouver sans laisse. Si le chien s’est échappé accidentellement, les assurances interviendront peut-être. Par contre, si l’animal a l'habitude de courir à la rue sans laisse et que cette habitude est établie par des témoignages, la responsabilité du propriétaire sera intégralement engagée.
Opladis : Encore une précision à propos de ces ambulances animalières : s’agit-il d’initiatives privées ou est-ce que les sociétés protectrices développent spécifiquement ces services? Et quelle est la réglementation à ce sujet ?
Docteur Liétar : Nous avons les deux types d'ambulances. Certaines sociétés protectrices ont leurs propres véhicules d’intervention. D'autres ambulances appartiennent à des sociétés privées, lesquelles, parfois, disposent malgré tout d’un refuge leur permettant d’héberger temporairement les animaux récoltés sur la voie publique.
Bien évidemment, une réglementation fixe des conditions précises pour qu’un véhicule puisse être utilisé en qualité d’ambulance animalière, avec emploi de gyrophares et de sirènes : il n’est pas question que n’importe qui affiche le mot « ambulance » sur son véhicule et brûle ensuite les feux grâce à son gyrophare ! Les ambulances animalières sont tout simplement soumises aux mêmes conditions que les ambulances à usage humain, à quelques tolérances près.
Opladis : Si je vous entends bien, ces véhicules ont le même statut que d'autres véhicules prioritaires et donc, lorsqu'on a une telle ambulance derrière soi, il convient de lui laisser le passage dès lors qu'elle fait usage de sa sirène et de ses gyrophares?
Docteur Liétar : Exactement, d'autant plus que la plupart de ces ambulances sont soumises à des homologations tellement strictes qu’en cas de gros drame, de grosse catastrophe, ils pourraient être réquisitionnés par les services de l'ordre, pour le transport de blessés humains.
Opladis :A bon entendeur, salut! Ne pas laisser le passage à une ambulance, même animalière, est une faute grave. Nous vous remercions, Docteur Liétar, et vous fixons rendez-vous sur Websenior en avril prochain.
Docteur Liétar : Bien évidemment. A bientôt.
Rubrique conçue et réalisée par notre partenaire Memogrames, concessionnaire
belge des Mémoiries, avec la collaboration du Docteur Yves LIETAR,
vétérinaire à Anderlecht.