Opladis
Opladis
Inscrivez-vous
Mes Dossiers Mes Dossiers
 
Accueil Accueil
Société style de vie Temps libre Droits, finances Santé Guide Websenior
 
Les Plus
 
Enquêtes
 
 
 
 
Le site www.websenior.be : professionnels de la santé : maisons de repos, soins infirmiers et kinés
Exercez votre cerveau avec MindFit
Le site www.websenior.be : professionnels de la santé : maisons de repos, soins infirmiers et kinés
 
Les maisons de retraite en France
align=middle       
Animaux
    Imprimer cette page
  Offrir un animal à un(e) ainé(e) : POURQUOI PAS ?

Un cadeau aux aînésIl peut arriver qu’enfants et petits-enfants décident d’une surprise à leurs seniors, en leur offrant un compagnon. Est-ce un choix opportun ...?

Docteur Liétar : Absolument. Vous savez, je connais des médecins qui ont « prescrit » un petit compagnon pour des personnes âgées, recommandant aux familles d’offrir au plus vite un animal lorsque, par exemple, le senior se retrouve seul après le décès du conjoint. Souvent, le veuvage et la solitude qui l’accompagne sont sources de dépression : la personne veuve ne mange plus, se laisse aller, vit mal sa solitude de tous les instants et déprime. Dans ce contexte, un petit compagnon pourrait mettre une touche de vie dans leur maison, ne fût-ce que par sa présence, son mouvement et égayer un peu les journées qui paraissent désormais si ternes.

Opladis : Vous croyez qu’un animal va engendrer une telle animation dans la maison ?

Docteur Liétar : Bien sûr ! Une preuve radicale : généralement, si l’on a un petit chat ou un petit chien ou même un oiseau chez soi, on laisse généralement la radio ou la télévision allumée pour que la petite bête ait une compagnie quand on sort faire les courses. Quand on rentre, la radio ou la télévision allumée, c’est déjà une maison en vie, l’animal qui vient vous dire bonjour et c’est une présence ! Vous n’avez pas l’impression de vous ennuyer dans votre fauteuil tout le restant de votre vie parce que vous êtes désormais tout seul. Donc, du point de vue psychologique, nous avons beaucoup d’arguments qui plaident pour notre idée de cadeau.

Opladis : Mais il faudra tenir compte de l’état de santé du senior dans le choix de l’animal, je présume. Un chien n’est pas un chat et un canari n’a pas les mêmes exigences que les deux premiers.

Docteur Liétar : Evidemment, il faut prendre en considération le profil du senior, son état de santé notamment. Il est bien évident qu’à une personne souffrant de vertiges ou de maux de dos, pathologies dans lesquelles se pencher ou s’abaisser sont à proscrire, on ne va offrir un chat dont la vie se déroule essentiellement à ras du sol et pour lequel on va devoir se pencher pour changer la litière. On ne va pas multiplier les risques de perte d’équilibre ou de chute. Je proposerais plutôt d’offrir alors un canari, dont la cage posée sur une table ou un meuble sera aisément accessible à notre senior, pour lui donner à boire ou à manger. Même ce canari, c’est une présence : on doit s’en occuper ! Cela met quand même un peu de vie dans la maison : on est obligé d’ouvrir les tentures le matin, de laisser pénétrer la clarté du jour pour l’animal. Autrement, on a tendance à s’enfermer dans un cocon tout sombre. Et pour le moral, c’est déjà beaucoup.

Opladis : Si le choix se porte sur un chien, les contraintes seront certes plus importantes que pour le canari !

Docteur Liétar : Si l’on offre un chien, il faut voir l’âge de la personne et sa mobilité, de même que l’environnement dont bénéficiera l’animal. Si l’animal dispose d’une maison avec jardin, on peut encore dire que les jours où la personne est moins bien pour aller le promener, elle peut le laisser sortir tout seul dans la propriété. A partir du moment où c’est un animal qu’on doit sortir quotidiennement à la rue, parce qu’on vit en appartement et qu’on ne dispose pas de la terrasse d’un penthouse, il faut voir si quelqu’un peut suppléer le maître et sortir l’animal les jours où la personne âgée se trouvera dans l’incapacité de sortir à cause d’une bronchite, d’une grippe ou autre petit bobo fréquent à cet âge-là. Tout cela doit être pris en considération. Ne pas non plus offrir un gros chien très nerveux à une personne fragile des os, souffrant notamment d’ostéoporose, et que le chien risque de faire tomber, avec tous les dégâts majeurs que cela peut supposer.

Opladis : Sachant que l’éducation d’un chiot est quand même une période problématique, n’est-il pas opportun pour un cadeau aux seniors, d’opter pour l’adoption d’un animal auprès d’un refuge.

Docteur Liétar : La réponse n’est pas facile et doit être nuancée. L’animal en refuge, pourquoi est-il là ? Si ses précédents maîtres l’ont abandonné parce qu’il mordait, déchirait ou aboyait sans cesse, il pourrait ne pas être le cadeau idéal pour le senior, mais un cadeau empoisonné. De même s’il s’agit d’un chien fugueur, toujours prêt pour l’école buissonnière. Par contre, le chien qui est là parce que son maître est décédé et que les héritiers n’ont pas pu ou pas voulu le prendre, voilà bien un compagnon que l’on pourra adopter et offrir à un senior. Cet animal retrouvera un même rythme de vie que précédemment et sera un bon compagnon. C’est la situation idéale tant pour le chien que pour le senior, mais ce profil de chien n’est pas toujours disponible quand on se présente au refuge.

Opladis :
Je présume que les responsables de refuges ont une déontologie à respecter quand on les interroge sur le passé de l’animal et par rapport aux contraintes liées à l’âge de son potentiel futur propriétaire.

Docteur Liétar :Probablement, mais le problème est ailleurs. Lorsqu’un chien a été confié au refuge parce que son maître est décédé et que les enfants ont dit au responsable : « mon beau-père est mort et nous n’en voulons pas parce que nous partons en vacances plusieurs fois par an et qu’on ne va pas se mettre à payer des pensions et de toute façon on ne veut pas ce genre de chien. Si on doit en prendre un, ce n’est pas cette race. », les choses sont limpides et l’adoption peut être envisagée. Mais beaucoup de chiens sont arrivés là sans passé connu : les gens qui abandonnent ne disent jamais que l’acquisition de cet animal est une de leurs lubies passagères, ni que le chien a accumulé les bêtises. En abandonnant, ils savent bien que si le chien n’est pas adopté rapidement, il sera piqué à moyen terme, d’autant qu’il y a encombrement dans les refuges avec l’accroissement des abandons. Et, ayant déjà mauvaise conscience, ils ne vont pas dresser un portrait accablant de la bête. Opladis : Lorsque nous envisagions le mois passé d’offrir un chiot aux enfants, votre conseil était de ne pas faire ce cadeau par surprise mais effectivement de choisir l’animal avec l’enfant. Le conseil est-il le même pour les seniors ? Conseilleriez-vous d’emmener bonne-maman, bon-papa, soit au chenil, soit au refuge pour choisir son futur compagnon ?

Docteur Liétar : De toute façon, il faut d’abord en parler à la personne concernée. Il ne s’agit pas d’arriver à l’improviste avec un chien ou avec un chat en disant : « le docteur a dit que c’est bien pour toi et j’ai même acheté deux boîtes de nourriture et un panier. C’est ton cadeau et comme cela, tu n’es plus tout seul et tu le promènes deux fois par jour, une fois le matin et une fois le soir avant d’aller dormir et puis tu l’éduques un peu, il est gentil, il sera propre.» Ce n’est pas comme cela qu’on aborde le sujet, il faut d’abord en parler avec la personne et dire qu’elle sera moins seule si elle avait un petit compagnon.

Opladis : Si l’on n’a pas opté pour le canari, un chien ou un chat ?

Docteur Liétar : Sauf goût contraire et dans la mesure où le senior est valide, c’est mieux d’offrir un chien qu’un chat. Avec un félin, capable de sortir seul quand bon lui semble, la personne âgée n’aura aucune motivation à sortir et aura envie de rester à l’intérieur avec son chat, ses boîtes et son panier. La même personne devra sortir un petit chien, devra sortir et va rencontrer d’autres personnes qui promènent leur chien, va parler avec ces personnes, va lier connaissance et se créer de nouvelles amitiés, uniquement à cause de l’animal qui va servir de jonction. Machinalement, on promène son chien, on voit quelqu’un d’autre promener son chien, les chiens se parlent entre eux et les maîtres se parlent aussi. Disons que cela aide aussi à garder une certaine communication avec l’extérieur pour la personne âgée, prompte à se replier sur elle-même.

Opladis : Lorsque le maître vient à être hospitalisé, quelles dispositions prendre vis-à-vis du compagnon ?


Docteur Liétar : Hospitalisé, les problèmes sont toujours les mêmes. L’hospitalisation du maître exclut qu’il prenne son animal avec lui. En vacances, on choisit l’hôtel qui l’accepte. Mais à l’hôpital, ce n’est pas possible : il y a alors trois solutions. - l’animal est accueilli momentanément dans la famille ou chez des amis ; - l’animal reste chez lui et un voisin passe s’en occuper deux à trois fois par jour (un solution acceptable si l’hospitalisation est de courte durée) ; - l’animal est placé en pension.

Opladis : En cas d’hospitalisation, rappelons d’ailleurs que, sous certaines conditions, les mutuelles peuvent participer aux coûts de pension de l’animal.

Docteur Liétar : Exactement, mais il faut encore voir quelle assurance on a prise. Ce n’est pas automatique, mais cela existe effectivement. IL vaut mieux appeler la mutuelle pour connaître les conditions imposées pour une telle participation de leur part.

Opladis : Et lorsque l’état de santé du senior nécessite un placement en maison de retraite, l’animal doit obligatoirement donné ou abandonné ?

Docteur Liétar : Le problème est pire quand la personne doit être placée dans un home ou une institution. Mais il faut se renseigner. C’est loin d’être une pratique généralisée, mais certaines maisons de retraite acceptent que leurs pensionnaires soient accompagnés de leur animal domestique. Le moral du senior confronté à ce bouleversement n’en reste alors que meilleur. Mais ce n’est pas évident à gérer, on le comprend aisément. Opladis : Donc, comme pour les enfants, un animal à offrir aux seniors, c’est oui. Nous avons vu que cela constituait même une thérapie de rupture avec la solitude. Mais on n’impose pas un animal à un senior : on le lui propose, on y réfléchit ensemble et on l’associe au choix de son nouveau compagnon en toute connaissance de cause.

Docteur Liétar : Oui, l’animal ne doit pas être perçu comme une corvée et une obligation. Quand on dit que c’est un peu le traitement de la solitude, il ne faut pas comparer cela à un traitement comme un suppositoire à administrer tous les jours. C’est une compagnie, une joie de vivre. Donc, cela doit être présenté comme un cadeau agréable et avec un excellent contact entre l’animal et la personne seule. Ce n’est pas une imposition, une corvée supplémentaire, seulement un plaisir convenu et consenti.

Opladis : Je vous remercie Docteur et vous fixe rendez-vous l’année prochaine, dès janvier. D’ici là, de bonnes fêtes !

Docteur Liétar :De bonnes fêtes aussi et mes meilleurs vœux à Opladis et à ses lecteurs ! A bientôt.

  Rubrique conçue et réalisée par notre partenaire Memogrames, concessionnaire
belge des Mémoiries, avec la collaboration du Docteur Yves LIETAR,
vétérinaire à Anderlecht
 Inscrivez-vous à la newsletter gratuite de Opladis
 Imprimer cette page
 Envoyer cette page à un(e) ami(e)
 Retour page précédente Top
     
 
Société - Régie - Presse - Contact - Partenaires - Job - webmasters - Disclaimer - Conditions d’utilisation - Vie Privée - Réglement jeux et concours - 2003-2005 ©Opladis - WEBSENIOR Sprl™ -Tous droits réservés