Bonjour,
les amis de Opladis. Nous sommes Chanel, le boxer, et Câline,
le cavalier king Charles, mascottes de Memogrames.
Le doc
Liétar, on connaît : c’est un chouette gars, même quand il
fait des piqûres ! Suivez donc ses conseils ! Ils valent de
l’or ...
Opladis : Bonjour Docteur. Nous sommes en novembre, mais déjà certains cherchent les idées de cadeaux pour le Noël prochain. Parmi certains grands-parents, la tentation est parfois grande de céder à la demande de leurs petits-enfants et de leur offrir pour Noël un animal domestique. Est-ce un choix raisonnable ?
Docteur Liétar : Avant tout, bonjour à toutes et à tous ! Le cadeau étant le petit animal, c’est une très bonne idée, pour autant que les conditions soient réunies pour un épanouissement constant de la bête. Il faut savoir à qui on l’offre : le destinataire va devoir s’occuper de cet animal tout au long de la vie de celui-ci. De toute façon, un animal, ce n’est pas un cadeau à offrir dans une boîte avec un nœud coloré par-dessus. Si l’on veut offrir un animal, mieux vaut décider qu’on paie et d’aller le choisir en compagnie du futur maître. De cette façon, l’animal sera choisi en fonction des goûts de celui dont il sera le compagnon : on peut avoir une attirance, au sein d’une même race, voire d’une même nichée, pour un animal plutôt qu’un autre. Le lien peut se créer dès le départ, comme l’incompatibilité peut se marquer dès les premiers jours. L’animal doit être choisi par celui qui va partager sa vie, pour le bien-être tant de l’animal que de son maître. Sinon, il n’y aura jamais de connivence et de bonne entente et ni le maître ni l’animal ne seront heureux.
Opladis : Donc, si je vous entends bien, Docteur, on n’offre pas ce genre de compagnon par surprise et, sachant qu’un petit chiot doit rester près de sa maman les six premières semaines de son existence, c’est maintenant que les grands-parents qui voudraient faire un tel cadeau à leurs petits-enfants doivent emmener ces derniers vers le chenil pour faire le choix ?
Docteur Liétar : Effectivement, c’est la bonne idée. Déjà le savoir, déjà avoir choisi avec les petits-enfants… Mais ne sautons pas un étape très importante : il faut d’abord demander aux parents si vous pouvez offrir un animal à leurs enfants. Cela évitera à l’animal, après quelques semaines, quand il aura bouffé les chaussons de papa et déchiré la dernière robe de maman ou saccagé le living, de se retrouver à la fourrière ou autres lieu similaire, avec un discours du genre «cette sale bête, ça pisse partout, ça démolit et les voisins se plaignent, etc. Encore un cadeau empoisonné de la belle-mère…» C’est alors le drame, l’animal est abandonné et se retrouve dans une cage, les enfants sont en pleur. Il faut donc bien réfléchir aux enjeux, aux contraintes, aux obligations et avoir le feu vert des parents avant de proposer un tel cadeau aux petits-enfants ! Et, si vous n’êtes pas propriétaire d’une maison individuelle, mais locataire ou propriétaire dans un immeuble à appartements, vérifiez d’abord que le bail de location et/ou le R.O.I. de la copropriété n’interdit pas la possession d’animaux domestiques.
Opladis : Imaginons donc que l’enfant soit demandeur, que ses parents aient bien conscience des difficultés que représente l’arrivée dans la famille d’un petit animal, qui est encore un bébé. Quels sont les conseils que l’on peut donner quant à la race à choisir ou au sexe de l’animal, compte tenu des enfants ?
Docteur Liétar : Le choix de la race doit d’abord dépendre des disponibilités que l’on a : si on vit dans un appartement où l’espace est compté, il ne faut pas choisir un Saint-Bernard, mais si vous disposez d’une villa à la campagne, rien ne vous empêche d’offrir un dogue allemand à votre petit-fils : s’il a deux hectares de terrain pour courrir, l’animal sera heureux et calme avec les gens puisqu’il pourra se défouler en extérieur.
Opladis : N’y a-t-il pas des races à préférer ou à éviter, notamment quand les enfants sont en bas âge ?
Docteur Liétar : Oui et non. On a des races plus jouettes, comme les chiens de chasse, mais avec l’inconvénient qu’ils sont les plus fugueurs aussi. IL faut peser le pour et le contre. Les chiens de garde ? Certains ont peur des chiens de garde, mais ce sont des gardiens et ils protègeront plus volontiers vos enfants en cas de danger que s’il s’agit d’un chien jouette. Il n’y a pas de races prédestinées, mais il faut faire l’éducation des enfants dans leur relation avec l’animal : ce n’est pas un jouet ! On ne transporte pas un chien en l’empoignant par une oreille, une patte ou la queue. Quand il est dans le chemin, on ne le dégage pas par un coup de pied comme s’il s’agissait d’un ballon de football, etc. Il y a donc beaucoup de notions d’éducation, de part et d’autre, pour l’animal et pour les gosses qui sont autour. C’est une très bonne chose d’élever un animal en famille, avec les enfants. Ca apprend à l’enfant, à condition que les parents aient bien eux-mêmes ces notions à l’esprit, qu’un animal est un être vivant, comme eux et qu’il faut respecter ce qui est vivant dans son environnement.
Opladis : Doit-on imaginer, lorsque le chien aura 6 à 7 mois et que l’opportunité de quelques leçons d’obéissance en centre spécialisé se fasse sentir, d’associer l’enfant – qui est le jeune maître – à ce genre d’exercice ?
Docteur Liétar : Oui, en général, c’est le maître du chien qui travaille son animal, puisque c’est un esprit d’équipe qui faut créer. Même chose d’ailleurs avec un chien de garde qu’on acquiert pour protéger Madame quand elle est seule à la maison : c’est évidemment elle qui devra accompagner le chien lors du dressage.
Ainsi, lorsque Madame aura besoin de cette protection, le chien aura bien la sensation de protéger sa maîtresse. Sinon, en cas de danger, le chien sera peut-être moins vigilant, estimant que son maître –celui à qui il a appris à obéir de manière systématique-, n’est pas en danger, puisque absent, parti au bureau. Donc, dans l’éducation et le travail d’obéissance, c’est bien le maître, y compris s’il s’agit d’un enfant, qui doit travailler son animal.
Opladis :Quelle place faut-il accorder à l’animal dans la famille ? Souvent, la tendance est de considérer cet animal comme un enfant, et donc, vis-à-vis des enfants, comme un petit frère canin. N’est-ce pas une imprudence ?
Docteur Liétar : Beaucoup de mes clients, tous âges et conditions sociales confondus, parlent de leur animal en le qualifiant de « mon petit bébé »… « c’est comme mon enfant », … Beaucoup ont englobé l’animal dans la famille comme un membre à part entière. Il reste encore des chiens de travail (chiens de gardiennage ou chiens de chasse) qui sont tenus à l’écart, avec un rôle de travail et un statut d’employé qui doit se limiter à ses fonctions, mais la majorité des animaux aujourd’hui comme des animaux de luxe, faisant partie du décor de la famille. Certains sont même admis à manger à table, ce qui est quand même quelque peu exagéré.
Opladis : Parfait Docteur. Donc, prudence, si vous décidez d’offrir un petit animal à vos petits-enfants pour Noël. N’attendez pas le soir du Réveillon pour arriver avec l’animal : ce n’est pas l’objet cadeau à offrir par surprise. D’abord, à négocier avec les parents, ensuite faire le choix avec l’enfant et peut-être, effectivement, de visiter dès à présent les chenils pour trouver le compagnon idéal de votre petite-fille ou de votre petit-fils. A ce propos, Docteur, peut-on acheter un chiot ou un chaton n’importe où ?
Docteur Liétar : Il n’est pas du tout conseillé d’acheter n’importe où et n’importe comment. Certains magasins ne sont que des revendeurs : certains sont de bons revendeurs, connaissant bien les chenils qui les approvisionnent, d’autres se contentent d’être des revendeurs proposant ce qu’ils ont sous la main. L’idéal reste donc d’acheter directement chez un petit éleveur ou même chez un privé, où le chiot a déjà acquis l’instinct de vie de famille. Cela permet de gagner du temps : le chiot a déjà vécu avec des gens et est donc sociabilisé.
Opladis : Donc, un animal comme cadeau à Noël, c’est oui, à la condition que cela soit parfaitement négocié et réfléchi avec tous les acteurs qui participeront à l’accueil de ce petit compagnon
Docteur Liétar : Absolument, ce n’est pas un bouquet de fleurs. Les fleurs, même si elles ne plaisent pas au départ, on sait qu’elles faneront dans les huit à quinze jours. Mais un animal, c’est pour longtemps et l’adoption doit donc se faire dans l’harmonie, dans l’intérêt des personnes comme de la bête.
Opladis : Merci Docteur, et rendez-vous en décembre !
Rubrique conçue et réalisée par notre partenaire Memogrames, concessionnaire
belge des Mémoiries, avec la collaboration du Docteur Yves LIETAR,
vétérinaire à Anderlecht.