Opladis
:Pendant la période des vacances, les gens partent sous
d’autres horizons, certains emmènent leurs animaux de compagnie
avec eux, d’autres les confient à des parents, des amis ou des
voisins, ou encore à des pensions spécialisées.
A cette occasion, quels conseils donneriez-vous ?
Docteur
Liétar : Si on les place en pension, il faut, de toute façon,
veiller à ce que l’animal soit en ordre de vaccination, car,
dans les pensions, les refuges et autres hébergements, passent
énormément d’animaux de provenance différente et dont la bonne
santé n’est pas toujours garantie. Donc, il faut se prémunir
du risque d’infection par contamination d’un tiers. Idéalement,
la vaccination ne doit pas se faire la veille du départ, mais
au moins une dizaine de jours avant, afin que les vaccins soient
opérants, bien actifs au moment où l’on va mettre le chien en
cage, car cet événement à lui seul représente déjà un stress,
donc un affaiblissement qui peut être profitable à la mauvaise
bactérie ou au virus qui se trouve dans l’environnement.
Opladis
: Et pour parer le stress que vous évoquez, quels conseils
donner ? Doit-on accompagner le chien de sa couette habituelle,
de ses jouets favoris ?
Docteur Liétar : Il est bon de laisser un objet appartenant
soit au maître, soit au chien, dans la cage, pour qu’il ait
un point de repère. Mais tout cela est très théorique : le premier
jour, le deuxième jour, il cherchera refuge auprès de cet objet,
puis, ensuite, il n’aura plus qu’un seul souci : aboyer en même
temps que les autres et autres activités similaires.
Opladis
: Et la solution consistant à placer son chien chez un parent,
un voisin ou un ami ?
Docteur Liétar : Pour placer son animal chez un voisin
ou un ami, il faut choisir une personne que l’animal connaît
déjà. Il faut s’assurer que le lieu d’accueil est bien clôturé
et que les portes ne restent pas régulièrement ouvertes, notamment
quand les enfants entrent et sortent, car l’animal est capable
de se sauver pour essayer de retrouver sa maison. C’est le risque
majeur quand on place l’animal chez quelqu’un. L’alternative,
c’est de laisser l’animal à la maison et que quelqu’un de la
famille ou des amis passe une à deux fois à votre domicile,
pour donner à boire et à manger, s’occuper du chien et jouer
avec lui. Il reste ainsi sur son territoire et aura moins tendance
à vouloir s’enfuir.
Opladis
: Il ne va pas s’ennuyer ?
Docteur Liétar : Un peu au début. Mais si la personne
chargée de veiller sur lui vient le matin pour le nourrir et
lui donner à boire, lui allumer la radio ou la télé (de façon
à ce qu’il ait un bruit de fond), puis revient le soir pour
tout ranger, éteindre radio, TV et lumière, afin qu’il fasse
noir et que le chien prenne du repos, tout ira bien.
Opladis
: Certaines associations de Seniors proposent une présence
à votre domicile, en votre absence, notamment pour s’occuper
des animaux domestiques. Est-ce une solution acceptable pour
l’animal ?Va-t-il tolérer la présence d’un étranger sur son
territoire en l’absence de ses maîtres?
Docteur
Liétar : Il faut voir de quel animal il s’agit. Avec un
berger malinois, qui est un chien de garde, ce ne sera pas évident.
Avec de petites races comme les Yorkshire, c’est sans difficulté.
Avec les chats, pas de problème non plus. Et avec des perroquets,
il conviendra de ne pas mettre ses doigts à portée de bec. Donc,
une bonne solution qui pose peu de problèmes, sauf avec des
chiens de garde. Il faut voir notamment si le chien permettra
à cet occupant de rentrer à la maison, par exemple, après avoir
faire les courses. En effet, tant que la personne est présente,
il n’y a pas, généralement, de problèmes. Si elle sort, puis
revient, il faudra voir si le chien est accueillant ou non.
Le mieux, c’est de prévoir cette présence bien à l’avance et
d’inviter cette personne plusieurs fois à la maison avant son
séjour. Elle sera ainsi beaucoup mieux acceptée.
Opladis
: Enfin, dernière alternative, le chien ou le chat prend
ses vacances avec ses maîtres et part au soleil…
Docteur Liétar : Premier conseil : ne pas le nourrir
avant de prendre la route pour éviter de devoir nettoyer vos
sièges durant le trajet, dans l’éventualité où votre animal
souffrirait du mal d’auto. Si c’est un chien habituellement
nerveux en voiture, on peut lui administrer un tranquillisant
pour qu’il soit moins stressé. Autre précaution: quand on gare
le véhicule à l’ombre, on tient compte non seulement de l’ombre
où l’on arrive, mais de son évolution. Il ne faudrait pas retrouver
la voiture en plein soleil deux heures plus tard ! Indispensable
: toujours avoir avec soi un écueil et un bidon d’eau pour pouvoir
donner régulièrement à boire au chien.
Opladis
: C’est nécessaire pour le maître aussi.
Docteur
Liétar : Oui, mais pas obligatoirement de l’eau! D’autre
part, ne pas oublier de s’arrêter régulièrement pour satisfaire
les besoins naturels de l’animal. Il ne peut pas se retenir
indéfiniment…
Opladis
: Disons toutes les heures, comme recommandé pour le maître
! Et en matière de formalités vétérinaires à accomplir avant
le départ, pour circuler à travers toute l’Europe ?
Docteur Liétar : Déjà franchies la Meuse et la Sambre,
il faut le vaccin contre la rage ! Ce vaccin est valable trois
ans quand on circule dans le Benelux, mais seulement un an dans
le reste de l’Europe. A l’étranger, Il faut, en plus, un certificat
de bonne santé attestant que l’animal est en bonne santé endéans
les dix jours qui précède le départ.
Opladis
: Donc, un document indépendant du certificat de vaccination
contre la rage. Ce document est-il standardisé, rédigé dans
les différentes langues de l’Union européenne ?
Docteur Liétar : Absolument. Les rubriques sont numérotées
et renvoient à un texte multilingue. Le document est donc compréhensible
quelle que soit la langue du douanier qui vous contrôle. Notez
toutefois quelques pays ayant une politique différente: c’est
l’Italie d’une part, la Grande-Bretagne, l’Irlande et les pays
scandinaves. Les autorités italiennes exigent, en plus du certificat
de vaccination contre la rage et du certificat de bonne santé,
un formulaire international de conception italienne, bien que
les données y figurant soient déjà reprises sur le certificat
européen. Quant à la Grande-Bretagne et aux pays scandinaves,
ils ont encore des politiques de quarantaine qui ont commencé
à évoluer favorablement. Il convient donc de se renseigner auprès
des ambassades respectives, de préférence un an à l’avance avant
de connaître les démarches à suivre et l’état de la législation.
Pour le reste de l’Europe, moyennant les documents déjà cités,
le passage des frontières est aisé pour nos animaux domestiques.
La seule situation qui peut interpeller les douaniers, c’est
une chienne qui attend des petits. Cela, en raison d’importations
illégales. Ils pourraient suspecter l’importation d’une future
nichée…
Opladis
: Chiens et chats sont des voyageurs habituels, mais, imaginons
que j’ai loué une maison dans le sud de la France et que je
prenne mon perroquet avec moi. Est-ce possible ?
Docteur Liétar : Absolument, moyennant le certificat
attestant qu’il est en bonne santé. S’il s’agit d’une espèce
protégée, il faudra, en plus, le document officiel attestant
que l’animal est en détention légale.
Opladis
: Et pour mon serpent préféré ?
Docteur Liétar : S’il ne s’agit pas d’une espèce protégée,
pas de problème non plus.
Opladis
: Parfait ! Tous nos compagnons peuvent donc prendre la
route !
Docteur Liétar : Oui, bien sûr, mais à la condition d’éviter
les courants d’air! C’est classique, on roule fenêtres ouvertes,
le chien passe la tête et bonjour les dégâts : grains sable
ou autres saletés peuvent lui causer des ennuis de santé. Parfois
même une trachéite!
Opladis
: Je comprends alors pourquoi mon boxer préfère l’airco…
Et si jamais mon animal se fait piquer par une guêpe, un serpent,
un scorpion… que faire ?
Docteur Liétar : Il est utile d’avoir du Fenergan avec
soi et de consulter au plus vite un de mes confrères sur place.
Opladis
: Et dans la trousse pharmaceutique de voyage, que faut-il
emporter pour le chien ou le chat?
Docteur Liétar : un bon désinfectant (teinture d’iode,
iso-bétadine…), une pommade cicatrisante, des compresses, des
pansements, des bandages, un désinfectant pour les plaies comme
le Déthol, du Fenergan pour les piqûres.
Opladis
: C’est-à-dire, pour l’essentiel, la trousse des maîtres…
Et sous certaines latitudes, doit-on craindre des puces, des
tiques qu’on ne rencontre pas chez nous ?
Docteur Liétar : Oui, les tiques notamment. Il est possible
d’équiper votre animal d’un collier à double action, contre
les puces et contre les tiques. Il existe aussi des produits
à répandre sur la peau. A acheter en pharmacie!
Opladis
: Enfin, si mon animal est fugueur et que j’ai pris la précaution
de lui faire placer un tatouage par puce électronique, ai-je
une chance que cette puce puisse être lue partout en Europe?
Docteur
Liétar : En principe oui, sauf peut-être dans les plus reculées
des montagnes balkaniques de l’ex-Yougoslavie. Si votre chien
a bien été répertorié et que vous avez reçu le formulaire jaune
vous en attestant, il est repris dans le fichier national et
donc, de facto, dans le fichier européen. C’est même consultable
via lnternet! Mais deux précautions valent mieux qu’une : ajouter
une médaille au collier, qui précise ses coordonnées, ne coûte
rien et peut faire gagner beaucoup de temps.
Opladis
: Parfait. Un grand merci, Docteur. Et à bientôt, pour une
nouvelle rubrique dès le mois de septembre.
Rubrique conçue et réalisée par notre partenaire Memogrames, concessionnaire
belge des Mémoiries, avec la collaboration du Docteur Yves LIETAR,
vétérinaire à Anderlecht.