Nous
avons déjà évoqué les dispositions à prendre avant de partir
des vacances. Après la période estivale, faut-il vérifier certaines
choses quant à la santé de nos animaux après des séjours à l’étranger
?
Docteur Liétar : J’espère d’abord que les vacances se
sont bien passées pour tout le monde, aussi bien pour les maîtres
que pour les animaux, et aussi pour les gens qui ont pris la
responsabilité de s’occuper des animaux de vacanciers et qui
ont peut-être eu des désagréments ou des surprises dus à leur
manque d’habitude de manipuler cet animal.
Opladis
: C’est donc l’heure des bilans, docteur !
Docteur Liétar : Effectivement, nous allons dresser des
bilans, comme vous dites si bien. Des bilans pour l’animal,
pour le propriétaire et pour les autres personnes qui sont intervenues
vis-à-vis de l’animal durant les vacances.
Première chose, le bilan de santé de l’animal. Il faut voir
s’il y a eu des problèmes à cause du changement de nourriture
ou du climat, ou encore en raison de négligences durant les
vacances. Je suppose que cela a été résolu sur place, soit par
un vétérinaire local, soit via un bon réflexe.
Mais il faut, dès lors, penser aux excursions d’arrière-saison
et aux vacances suivantes pour ne plus commettre les mêmes erreurs.
Lors de ces dernières vacances, vous vous êtes sûrement dit
: « Ah, j’ai oublié cela…», « Ah, si j’avais cela avec moi…
». Eh bien, il est temps de dresser l’inventaire de tous les
oublis, d’établir une petite liste pour vos prochaines vacances.
Sinon, c’est sûrement les mêmes chosesque vous allez oublier
d’emporter, une nouvelle fois,si vous n’avez pas une petite
liste de ce qui manquait l’été écoulé.
Pour
le propriétaire, le problème est de savoir si le mode de vacances
qu’il a choisi lui correspond; le camping, la caravane, l’hôtel,
la maison qu’on a loué… Il faut voir si ça correspond avec la
façon de vivre du chien et si ces vacances avec la présence
et la participation de votre animal domestique ont été valorisantes
ou si cette présence animale a été frustrante, car perturbant
le programme prévu. Les premières fois qu’on part accompagné
de son ou ses compagnons à quatre pattes, on se rend compte
si on a mal choisi ou pas tout à fait bien prévu ce qu’on voulait
faire des vacances, en fonction de l’animal. Là aussi, pensez-y
bien pour la fois prochaine !
Autre chose, si vous comptez repartir pour les fêtes de fin
d’année, les vacances de carnaval ou autres congés au cours
de l’année, à des dates de congés de plus ou moins tout le monde,
et que vous avez décrété que vous ne prendriez plus la bête
avec vous, , si vous le mettez en pension, n’oubliez pas, très
longtemps à l’avance, de réserver votre place dans l’une ou
l’autre pension pour animaux parce que, en improvisant au dernier
moment, vous risquez d’arriver devant les portes de cages fermées
parce remplies.
Les habitués ont souvent un quasi abonnement chez la personne
qui garde leur animal : donc, pour eux, c’est moins problématique.
Mais, quand vous arrivez comme nouveau client, il faut trouver
une place. Donc, prévoyez.
D’autre part, si vous l’avez mis chez un privé, un copain, une
tante, un voisin… pour les dernières vacances, voyez un peu
s’il n’a pas posé de problèmes à cette personne-là et si, pour
la prochaine fois, c’est encore ok ou, au contraire, si l’accueil
à votre retour fut… « Ah, on est content de vous voir revenir
de vacances » , « une fois puis c’est fini » , « il a bouffé
mon canari », « il a fait pipi sur mon divan, moi j’en veux
plus » ou « En plus il aboyait et les voisins m’enguelaient
parce qu’il chahutait tous les quarts d’heure. Je ne veux pas
me disputer avec mes voisins. Tu te débrouilleras pour ta bête
». dans ces cas-là, il faut penser à trouver une autre « bonne
poire » ou une autre solution pour les prochaines vacances.
Maintenant, si l’animal a été en pension, il faut voir évidemment
l’état sanitaire dans lequel l’animal est sorti de cette pension-là.
Pouvez-vous dire : « Ok, je peux dormir sur mes deux oreilles.
Le jour où je dois encore partir, je sais que là il est bien
au vu des résultats de la pension » ? ou concluez-vous que la
solution de le mettre en pension est acceptable, mais plus dans
celle-là. Dans cette hypothèse, commencez déjà à faire des recherches
pour trouver une pension qui corresponde mieux aux besoins de
votre animal ou offre un autre taux de confort que celui de
la pension déjugée à vos yeux.
Opladis
: L’été écoulé a été torride, on a vu les effets sur les
humains, comme en France. Qu’en a-t-il été de nos compagnons
?
Docteur Liétar : On a eu la même chose qu’avec les humains,
on a rencontré de gros problèmes, notamment pour les animaux
qui étaient cardiaques. Je pense aux vieux chiens et aux perroquets
qui ont quand même payé un bon tribu cette année-ci. Parfois
même, certains ne l’ont payé que quelques semaines après les
grosses chaleurs parce qu’ils avaient été lourdement éprouvés
par les fortes températures et ont payé le contre-coup. Certains
sont décédés pendant la période la plus chaude, mais, dans les
trois semaines qui ont suivi, on a encore constaté beaucoup
de problèmes au niveau cardio-respiratoire, à cause de cette
canicule.
Pour ma part, dans ma clientèle, j’ai eu plus de problèmes au
niveau des particuliers que dans les pensions et les chenils
parce que là, en général, il y a du personnel en permanence
qui tourne autour des cages toute la journée. Pour la plupart,
ils avaient pris l’initiative, pendant les fortes chaleurs,
de mouiller les sols de façon à garder une certaine fraîcheur
et un degré d’humidité et apparemment il y a eu très peu de
problèmes parce qu’ils étaient vigilants.
Opladis
: Pour les vieux chiens qui ont subi de plein fouet cet été
torride, Il n’est donc pas inutile de faire appel aux vétérinaires
pour faire une petit bilan de santé ?
Docteur
Liétar : De toute façon, un bilan après l’été, s’il y a
eu le moindre doute pendant les vacances, n’est pas du tout
inutile pour la bonne raison que, si on a constaté un début
de défaillance, il y a peut-être encore quelque chose de plus
grave à l’intérieur qu’on ne voit pas a priori, sans un petit
examen.
De toute façon, ça ne fait jamais de tort de faire un bilan
avant de partir en vacances pour risquer moins durant cette
période inhabituelle pour l’animal et au retour, en cas de doute,
même léger, de procéder un contrôle de routine.
Opladis
: La chaleur n’a-t-elle pas favorisé la prolifération de parasites
?
Docteur Liétar : Certainement, la chaleur a favorisé les parasites
mais les problèmes de parasites ne viennent pas seulement de
la chaleur. On n’a déjà pas eu d’hiver sérieux l’année d’avant.
La désinfection par le gel ne s’est donc pas effectuée. Nous
avons eu un printemps assez doux et, après, les fortes chaleurs,
ça ne les a pas trop handicapés dans leur développement, tous
ces parasites !
Opladis
: Donc, il y a donc lieu d’être vigilant sur ce front-là. Je
vous propose d’en reparler dans notre prochaine rubrique..
Docteur Liétar : Bien volontiers. Et à bientôt !
Rubrique conçue et réalisée par notre partenaire Memogrames, concessionnaire
belge des Mémoiries, avec la collaboration du Docteur Yves LIETAR,
vétérinaire à Anderlecht.