Fin octobre, ce sera Haloween,
mais les potirons sont déjà dans l’air
du temps. Deux écoles s’affrontent
: celles des concours et celle des gastronomes.
Henri Theys, président du Cercle
Horticole de Jodoigne, dans le Brabant
wallon, fait le point.
Henri Theys a un double avantage : il aime à la
fois la cuisine aux potirons et les concours – auquel
sont neveu Nicolas Dalcq participe régulièrement. «Disons
que les deux écoles ne sont pas
comparables, résume Henri Theys.
Il ne faut pas avoir le cœur bio pour
participer aux concours, très populaires
aux Etats-Unis, mais aussi en Europe. Les
engrais chimiques prédominent dans
l’obtention d’énormes
potirons et ceux-ci impropres à la
consommation.»
Il revient de la Foire de Duisburg, près
de Tervuren, où le plus gros potiron
provenait de Kasterlee, dans les Flandres.
Il pesait 484 kg. Ces énormités
soulèveront le cœur des gastronomes. « Les
Allemands, eux, mettent le potiron à toutes
les sauces, raconte Henri. Je suis allé à la
Foire de Berlin, à Lehnin plus exactement, à une
cinquantaine de kilomètres de la
capitale allemande. Le potiron y est dégusté de
l’entrée au dessert. Leur
cake est fameux, mais aussi les plats cuisinés
au wok, avec de la viande et d’autres
légumes comme la tomate. Ils préparent également
les cucurbitacées à l’aigre-doux,
avec du miel. Ce que je préfère
par-dessus tout ? Les potages ! »
L’autre école dont parle Henri
Theys est parfaitement incarnée
par… son propre neveu. Nicolas Dalcq,
22 ans, est ouvrier agricole : «La
saison a été particulièrement
mauvaise, mais depuis quelques semaines, ça
va mieux.» Nicolas a remporté le
concours de la Foire au Potirons de Noduwez,
dans le Brabant, avec une pièce
de 117 kg.
Un secret ? «De l’eau, énormément
d’eau, jusqu’à 100 litres
par jours. Heureusement que nous avons
un puits à la maison. Et puis, il
faut de l’engrais, du nitrate de
potassium.
Attention, je n’en ferai
pas de la soupe, de mon potiron, c’est
uniquement pour décorer. Ou pour
vendre, car ils sont très recherchés
pour la décoration.»
Aux Etats-Unis, celui qui pourra présenter
aux concours de spécialistes un
potiron de 1500 livres (plus ou moins 700
kg) empochera une prime de 50.000 dollars.
N’importe quoi, diront les gastronomes.